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Fusillade de la rue d'Isly à Alger du 26 mars 1962 commémorée à Marignane le 26 mars 2011.

 
 
     
 
 

Une messe, puis un rassemblement au cimetière Saint-Nicolas puis à la stèle de l'ADIMAD du cimetière  Saint-Laurent Imbert ont eu lieu à Marignane le samedi 26 mars 2011.
Une messe à la chapelle Saint-Joseph. L'édifice était plein à craquer, le père Esposito célèbre la messe. Puis le public se dirige vers la stèle des disparus d'Outre-mer au cimetière Saint-Nicolas et enfin se retrouve près de stèle de l'ADIMAD au cimetière Saint-Laurent Imbert.
Jean François Collin étant en convalescence c'est Jean-Pierre Papadacci qui, s'adresse au public, "Chers amis, chers camarades de combat", et d' excuser le président, Jean-François Colin, en convalescence.

 
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Puis il déclare : "Nous sommes fiers que cette stèle soit un haut lieu de la mémoire de l'Algérie française", afin de désigner les "ennemis" : "Les élites bien pensantes, les experts en droit de l'Homme ne nous reconnaissent aucun droit, sauf celui de nous taire. Mais nous ne nous tairons jamais. Nous rappellerons toujours le passé".

Il évoque ensuite la fusillade de la rue d'Isly, à Alger : "Des femmes, des enfants, des hommes manifestaient pacifiquement pour dire leur volonté de rester français sur une terre où ils sont nés". "Les troupes gaullistes ont riposté au fusil et à la mitrailleuse. Le commanditaire, c'est De Gaulle et ses complices, les adorateurs du gaullisme". Il estime alors le bilan humain à "80 morts et 200 blessés. Même s'il n'y a pas de chiffres précis...

A noter que l'association des victimes du 26 mars publie, elle, une liste de 62 morts, tous des civils, sept militaires, dont deux gendarmes.

Jean-Pierre Papadacci qualifie ensuite le combat de l'Adimad de "combat pour la vérité et la justice" puis annonce : "Nous n'oublierons pas, nous ne pardonnerons pas", avant d'expliquer : "Ce qui nous fait tenir, dans ce combat long et difficile, c'est la longue file de camarades tombés pour défendre leur terre", et d'affirmer : "L'histoire nous donnera raison".

De Gaulle : "Un chef d'Etat qui livre des départements français, qui capitule, c'est un félon". En revanche, estime-t-il, "un patriote qui prend les armes pour défendre sa terre natale restera un patriote". Puis il appelle à la mobilisation contre un projet de loi "d'un groupe de parlementaires communistes du Sénat". Et de lire l'article 3 de cette proposition.

"Avec ou sans stèle, la mémoire sera là"

"C'est ça !", gronde-t-on en réaction dans l'assistance, tandis que J-Pierre Papadacci commente : "J'espère qu'ils n'arriveront pas à faire passer cette loi. Et avec ou sans stèle, la mémoire sera là. On rendra toujours hommage aux patriotes résistants pour que vive l'Algérie française". Des patriotes qui pour d'autres sont des assassins. Puis Mme Quesada et M. Fiorentino lisent la liste des victimes et concluent : "Il y a aussi 29 morts non identifiés et les victimes de Bab El-Oued".

Des gerbes sont ensuite déposées par plusieurs associations. Puis Albert Santoni chante le Miserere. Et Jean-Pierre Papadacci reprend la parole pour expliquer que " le préfet des babouches du Rhône a été condamné à payer 1500€ car il n'a pas réussi à prouver le trouble à l'ordre public. Il avait écouté le ministre de l'Intérieur, un certain M. Sarkozy ".

Des "hou" se font alors entendre dans l'assistance. La cérémonie se clôture par la bénédiction de la stèle par le père Esposito qui estime que "nous voyons des profanations de tombes, de stèles. La civilisation n'est pas enseignée comme il faut", avant de déclarer : "A la mémoire de tous les morts de la guerre d'Algérie", et que le public interprète le chant des Africains.

 

PROPOSITION DE LOI
fixant la destination du Mémorialnational de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie et relative à la mémoire des victimes de l'OAS (Organisation armée secrète)


Article 3

Sont interdits les hommages publics à l'OAS lorsqu'ils prennent la forme d'inscriptions, images, effigies, plaques, stèles ou monuments dédiés, sur le domaine public, à l'organisation ou, nominativement, à l'un ou l'autre de ses membres, vivants ou décédés.

Sont également interdites les cérémonies honorant la mémoire des membres de l'OAS lorsqu'elles se déroulent devant les monuments aux morts, à l'intérieur ou aux abords de cimetières et en d'autres lieux publics et qu'elles s'accompagnent de prises de parole tendant, soit à ériger les membres de cette organisation en martyrs et héros de l'Algérie française, soit à valoriser les actes dont ils se sont rendus coupables.

La sanction applicable à toute personne ayant participé ou prêté son concours à la réalisation d'une infraction aux dispositions du présent article est celle prévue au cinquième alinéa de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.


M. Guy FISCHER
- Mmes Nicole BORVO COHEN-SEAT (PCF), - Éliane ASSASSI (PCF), - M. François AUTAIN (PCF), - Mme Marie-France BEAUFILS (PCF), - Michel BILLOUT (PCF), - Jean-Claude DANGLOT (PCF), - Mmes Annie DAVID (PCF), - Michelle DEMESSINE (PCF), - Évelyne DIDIER (PCF), - M. Thierry FOUCAUD (PCF), - Brigitte GONTHIER-MAURIN (PCF), - Gélita HOARAU (PCF), - M. Robert HUE (PCF), - Mme Marie-Agnès LABARRE (PCF), - Gérard LE CAM (PCF), - Josiane MATHON-POINAT (PCF), - Isabelle PASQUET (PCF), - MM. Jack RALITE (PCF), - Ivan RENAR (PCF), - Mireille SCHURCH (PCF), - Odette TERRADE (PCF), - Bernard VERA (PCF), - Jean-François VOGUET (PCF).