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– Revue de presse N° 143

– 14 mai 2026 – { 2003–2026 } – 23ème année }

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/14/les–harkis–resteront–ils–les–victimes–collaterales–des–relations–toujours–tendues–entre–la–france–et–l–algerie_6689045_3232.html

« Les harkis resteront–ils les victimes collatérales des relations toujours tendues entre la France et l’Algérie ? »

Fatima Besnaci–Lancou

Fatima Besnaci–Lancou 

Historienne

L’historienne Fatima Besnaci–Lancou estime, dans une tribune au « Monde », que la récente loi algérienne criminalisant la colonisation française discrimine encore davantage les harkis en les accusant de « trahison ».

Publié hier 14 mai à 09h00, modifié hier à 09h29

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Le Parlement algérien a approuvé, le 9 mars, la version amendée de la loi votée à l’unanimité, fin décembre 2025, à l’Assemblée populaire nationale, qui criminalise la colonisation française. Le texte qualifie désormais explicitement de « trahison » la prétendue « collaboration des harkis ».

Cette formulation marque un tournant préoccupant : c’est la première fois, depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, qu’une loi désigne explicitement les harkis comme groupe. Jusqu’ici, des dispositions visant implicitement ceux dont l’engagement durant la guerre d’indépendance avait été jugé « contraire aux intérêts de la patrie » existaient, mais le terme lui–même n’avait jamais été inscrit dans un texte législatif. Cette évolution marque ainsi une rupture symbolique et politique majeure.

Pourtant, la réalité juridique et politique algérienne comportait déjà plusieurs précédents. Le 5 avril 1999, sous l’impulsion de l’association des anciens moudjahidine, une loi prévoyait que « perdent leurs droits civiques et politiques (…) les personnes dont les positions pendant la révolution de libération nationale ont été contraires aux intérêts de la patrie ».

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Une compagnie de harkis défile devant la tribune officielle lors du défilé militaire commémorant la fin de la seconde guerre mondiale, à Alger, le 8 mai 1957. JACQUES GREVIN/INTERCONTINENTALE/AFP

Plus tard, la loi organique du 12 janvier 2012 précisait que ne pouvaient être membres fondateurs d’un parti politique les personnes « nées avant juillet 1942 n’ayant pas eu une conduite contraire aux principes et idéaux de la révolution du 1er novembre 1954 ». Enfin, l’article 87 de la Constitution de 2020 impose, pour se présenter à la présidence de la République, de « justifier de la non–implication des parents du candidat (…) dans des actes hostiles à la révolution ».

Ces dispositions étaient déjà discriminantes, mais elles restaient indirectes. La nouvelle loi franchit un seuil supplémentaire en désignant explicitement les harkis. Pourquoi maintenant ? La question mérite d’être posée. Les harkis resteront–ils les victimes collatérales des relations toujours tendues entre la France et l’Algérie ?

La responsabilité du FLN

Il est également légitime de s’interroger sur les conditions d’élaboration de cette loi. Les parlementaires algériens ont–ils auditionné des historiens ? Ont–ils pris en compte les travaux de chercheurs qui, depuis des décennies, s’efforcent de restituer la complexité de cette période ? Rien ne permet de l’affirmer.

Certainement pas l’historien Mohammed Harbi, ancien dirigeant du Front de libération nationale (FLN) devenu l’un des analystes les plus rigoureux de l’histoire du mouvement. Il a cherché à transmettre cette histoire avec exigence, honnêteté et humanité. Or, ses travaux rappellent une réalité souvent occultée : la part de responsabilité du FLN dans l’enrôlement de certains paysans dans l’armée française. Dans son ouvrage, Le FLN : mirage et réalité (Syllepse, 2024), il note : « Face à l’injustice, la paysannerie se protège par tous les moyens, y compris ceux qui ne servent pas la cause nationale. Le nombre d’Algériens enrôlés parmi les harkis en est une illustration frappante. »

D’autres témoins issus de l’histoire du mouvement ont tenu des propos similaires. Dans le documentaire Une affaire algérienne, qu’a réalisé Ben Salama en 2012, l’ancien bâtonnier d’Alger, proche des nationalistes, Mabrouk Belhocine estime que le FLN porte « 50 % de responsabilité dans l’émergence du harkisme ».

Quant à Ferhat Abbas, figure majeure de la cause indépendantiste et premier président du gouvernement provisoire de la République algérienne, il écrivait dans Autopsie d’une guerre. L’aurore (Garnier, 1980) : « Les responsables [le FLN] utilisèrent la menace, la peur. Ils commirent de regrettables erreurs poussant les braves gens dans les bras de l’armée et des autorités françaises. Ce fut le cas de nombreux Algériens, devenus “harkis”. »

Simplification trompeuse

Ces analyses n’exonèrent en rien le système colonial de ses responsabilités. Mais elles rappellent une évidence historique : la guerre d’Algérie ne se réduit pas à une opposition manichéenne entre « patriotes » et « traîtres ». Cette part de responsabilité du FLN devrait inciter les dirigeants algériens actuels à aborder leurs décisions politiques à la lumière d’une histoire complexe, plutôt qu’au nom d’une lecture idéologique figée.

Car assimiler les harkis à des « collaborateurs » relève d’une simplification trompeuse. Comme le rappelait Mohammed Harbi dans une tribune publiée le 4 mars 2004 dans Le Monde, comparer les harkis aux « collabos » de la seconde guerre mondiale constitue une erreur d’appréciation historique. « Comparaison n’est pas raison », écrivait–il, soulignant que la lutte pour l’indépendance d’un pays colonisé depuis cent trente–deux ans ne peut être assimilée à une guerre entre deux Etats constitués.

Plus de soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie, il serait temps de sortir de ces simplifications. Car, derrière ces catégories politiques, se trouvent des trajectoires humaines. Beaucoup des acteurs de cette période ont disparu. Et ceux qui restent portent encore le poids d’une histoire instrumentalisée de part et d’autre de la Méditerranée.

Quelques semaines avant l’adoption définitive de la loi, le juriste algérien Tahar Khalfoune s’exprimait dans Libération, le 24 décembre 2025, lors d’un entretien croisé intitulé « Il y a un risque de confusion entre histoire et justice ». Evoquant la place des harkis dans ce texte, il précisait : « Le texte donne des gages à une petite partie de la population, qui prolonge la guerre d’indépendance dans les têtes. Mais ça ne sert ni la société algérienne ni le rapprochement nécessaire avec la société française. »

Lire le récit

Les Etats, ces « monstres froids », qu’il s’agisse de l’Etat algérien ou de l’Etat français, n’ont souvent eu que peu d’égards pour ces destins individuels. Pris dans des logiques politiques et diplomatiques opposées, ils ont trop souvent laissé les harkis devenir les otages d’une bataille mémorielle permanente.

Fatima Besnaci–Lancou, historienne, spécialiste des camps d’internement, de regroupement et de réfugiés durant la guerre d’Algérie. Elle est notamment l’autrice de Réfugiés et détenus de la guerre d’Algérie. Mémoires photographiques et historiques (L’Atelier, 2022).

https://lematindalgerie.com/tebboune–ou–le–gardien–du–musee/

Tebboune, ou le gardien du musée

Sofiane Ayache

14 mai 2026

Abdelmadjid Tebboune gouverne l’Algérie comme un gardien de musée. Il veille, surveille, époussette les vitrines et interdit qu’on touche aux œuvres. Surtout aux plus anciennes. Le pays peut s’écrouler autour de lui, pourvu que les antiquités du système restent à leur place.

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On nous avait promis une « Algérie nouvelle ». On a reçu l’ancienne, repassée au fer, parfumée à la communication officielle et emballée dans un ruban tricolore. Même architecture, mêmes réflexes, même allergie à l’air libre. Seul le slogan a changé ; la mécanique, elle, continue de tourner avec les pièces détachées du siècle dernier.

Le chef de l’État parle souvent de l’économie, comme on parle d’un parent malade qu’on n’ose pas déranger. On annonce des milliards, des usines, des records d’exportation. Puis on découvre que la prospérité tient encore dans un tuyau de gaz et quelques cours de pétrole. Quand le baril sourit, le pouvoir se prend pour un génie. Quand il grimace, on convoque le patriotisme.

Politiquement, la « nouvelle Algérie » ressemble à une salle d’attente silencieuse.

La fumisterie ! Les manifestations sont interdites, les opposants priés de se taire et les journalistes sommés d’admirer le paysage sans poser de questions. Le pouvoir appelle cela la stabilité. Dans d’autres langues, cela porte un nom moins flatteur : l’immobilisme sous surveillance.

Tebboune ne dirige pas un pays, il administre une précaution. Il entretient les reliques d’un système vermoulu. Son ambition semble tenir en une formule : que rien ne bouge. Les prébendiers et autres héritiers du système doivent continuer de jouir des privilèges. Avec ses airs de père de famille patelin, Tebboune rassure les appareils, les derniers naïfs, cajole les chiffres, distribue les promesses comme des tickets de tombola.

Le gros lot, lui, est toujours reporté à l’année prochaine.

Pendant ce temps, les jeunes continuent de faire la queue devant les consulats, valise à la main et illusion en moins. Ils votent avec leurs semelles, faute de pouvoir le faire avec enthousiasme.

Le règne de Tebboune laissera peut–être cette image : celle d’un chef de l’Etat qui aura tant voulu préserver le système qu’il aura oublié de libérer le pays de ses chaînes invisibles.

Un conservateur zélé – un ancien wali ne pouvait faire mieux – dans un musée où les Algériens, eux, rêvent simplement de sortir à l’air libre.

Sofiane Ayache

https://france3–regions.franceinfo.fr/occitanie/gard/nimes/ce–pelerinage–c–est–oran–c–est–l–algerie–entre–memoire–religion–et–tradition–les–pieds–noirs–reunis–au–sanctuaire–de–notre–dame–de–santa–cruz–3351142.html

"Ce pèlerinage, c'est Oran, c'est l'Algérie" : entre mémoire, religion et tradition, les pieds–noirs réunis au sanctuaire de Notre–Dame–de–Santa–Cruz

Fabrice Dubault

14 mai 2026

Ils veulent faire perdurer la mémoire. À Nîmes, 3 000 personnes ont défilé, ce jeudi de l'Ascension, pour le pèlerinage annuel de Notre–Dame de Santa–Cruz. Des pieds–noirs et leurs descendants pour la plupart, venus pour se rassembler et se retrouver dans le sanctuaire édifié dans le quartier du Mas de Mingue entre 1968 et 1969.

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Tous rassemblés derrière cette vierge, brandie comme un symbole. Cette statue, rapatriée d’Oran, rappelle aux pieds–noirs leur histoire.

61 ans que ce pèlerinage existe. Il a rassemblé jusqu'à 140 000 personnes dans les années 90. Josiane, arrivée en France à 7 ans, n’a pas raté une seule édition.

"Tant que je pourrais, je viendrai. Parce que c’est la tradition, c’est mon pays, c’est l'Algérie. Cela me fait penser à mon père, ma mère, toute ma famille et mes amis" confie Josiane.

"On vient exprès, tous les ans, pour retrouver tout le monde. C’est à ce moment–là qu’on retrouve toutes ces émotions" explique un pèlerin.

Ils sont 3 000 cette année, venus de la vallée du Rhône et de Provence pour la plupart.

Robin n’a pas connu l’Algérie. Ce qui ne l’empêche pas de revendiquer ses racines. C'est lui qui a réuni sa famille.

Sur nos t–shirts, il y a fils de pied–noir sur celui de mon père, petit–fils de pied–noir sur le mien et petit–petit–fils de pied–noir sur celui de mon fils. Et fier de l'être !

Robin, pied noir participant au pèlerinage de Nîmes.

"Il manque beaucoup de personnes, je pense. Il n'y a pas assez de pieds–noirs. Ça manque de jeunes pour redonner un second souffle aux cérémonies" ajoute Robin un peu déçu.

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Nîmes – environ 3.000 personnes au pèlerinage près du sanctuaire de Notre–Dame–de–Santa–Cruz – 14 mai 2026. • © FTV F. Rocher

Les pieds–noirs se retrouvent aussi autour de la cuisine qu'ils ont connue. Pas de pastis, mais de l’anisette dans les verres. Et sur le stand du boucher, la viande est épicée. Les spécialités oranaises sont un incontournable de la journée.

"Ça leur rappelle leur enfance... l'Algérie, la bonne charcuterie, les odeurs, saveurs... tous leurs bons souvenirs de jeunesse" dit Alexandra avec émotion.

C’est devant le sanctuaire de Santa–Cruz que la messe a lieu. Un édifice inspiré de son homonyme algérien, édifié à Oran en 1851.

Cette année, l’évêque d’Oran a fait le déplacement, pour continuer à perpétuer la mémoire des pieds–noirs.

https://www.midilibre.fr/2026/05/14/un–miracle–comme–a–oran–sous–la–pluie–puis–un–ciel–radieux–3–000–fideles–se–sont–reunis–au–mas–de–mingue–pour–le–61e–pelerinage–de–notre–dame–de–santa–13371430.php

Un "miracle comme à Oran" : sous la pluie puis un ciel radieux, 3 000 fidèles se sont réunis au Mas–de–Mingue pour le 61e pèlerinage de Notre–Dame de Santa–Cruz

Léa Cavanihac

14 mai 2026

Des milliers de fidèles et de familles pieds–noirs se sont retrouvés ce jeudi de l’Ascension au sanctuaire de Notre–Dame de Santa–Cruz, au Mas–de–Mingue, pour un pèlerinage chargé de mémoire. Entre recueillement, retrouvailles et une pluie soudaine suivie d’un retour spectaculaire du soleil, beaucoup y ont vu un écho au “miracle” fondateur d’Oran.

Il pleuvait à verse quelques minutes avant le départ de la procession. Puis, brusquement, le ciel s’est ouvert. Les cloches ont retenti, la statue de la Vierge est apparue et, dans la montée Mgr–Lacaste, certains murmuraient déjà : "Comme à Oran…"

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Près de 3 000 fidèles ont répondu présent. Léa Cavanihac

Au sanctuaire Notre–Dame de Santa–Cruz, les générations se mêlent toujours avec la même ferveur. Ce jeudi de l’Ascension, près de 3 000 pèlerins ont convergé vers les hauteurs du Mas–de–Mingue pour célébrer la 61e édition du pèlerinage né dans les années 1960, après l’arrivée des familles rapatriées d’Algérie.

Sous les pins, autour des buvettes ou dans le silence de la chapelle, chacun venait chercher quelque chose : un souvenir, une prière, un visage familier.

À 10 h 30, la messe présidée par l’évêque Mgr Davide Carraro a rappelé le lien intact entre Nîmes et l’ancienne cité algérienne. Mais dehors, les regards restaient tournés vers le ciel noir.

"Comme si l’histoire se répétait"

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La statue de la Vierge a été portée durant tout le pèlerinage. Léa Cavanihac

Car avant la procession de 14 h 30, une pluie battante s’est abattue sur le sanctuaire. Des pèlerins se sont réfugiés sous les auvents, d’autres ont attendu, stoïques, parapluie à la main. Puis, d’un coup, presque irréellement, les nuages se sont dissipés. Le soleil est revenu au moment précis où les cloches annonçaient la sortie de la statue de la Vierge. Impossible alors, de ne pas penser à l’histoire fondatrice de Santa–Cruz. Celle d’Oran, en 1849, frappée par le choléra et la sécheresse. Ce jour–là, après une procession vers la montagne de Murdjadjo, la pluie était finalement tombée, mettant fin à l’épidémie. Un récit transmis depuis des générations.

"J’ai entendu plein de monde en parler aujourd’hui. Ils disaient : 'C’est le miracle de la pluie, comme là–bas !'", sourit Laura, troisième génération de pied–noir. "Petite, je croyais que c’était une légende. Maintenant, je trouve surtout beau que cette mémoire continue à vivre."

"On construisait un bout d’Oran ici"

Le long de la montée, les chants mariaux accompagnaient la procession. Certains priaient en silence, quand d’autres essuyaient déjà quelques larmes. "Chez nous, le pèlerinage, c’était sacré", raconte Michèle, 74 ans. "Mes parents étaient arrivés d’Oran en 1962 avec presque rien. Quand la statue est arrivée à Nîmes, ma mère disait qu’elle retrouvait enfin un repère." Un peu plus loin, José se souvient de son père, maçon bénévole sur le chantier du sanctuaire : "Beaucoup venaient aider après le travail. Ils disaient : 'On reconstruit un bout d’Oran ici.'"

Dans les années 1980, le pèlerinage attirait près de 150 000 personnes. "Les voitures étaient garées partout", se remémore Christian. "On retrouvait toujours quelqu’un qu’on connaissait." Aujourd’hui les foules sont moins nombreuses, mais l’émotion demeure intacte. "Quand la statue avance dans la montée, il y a toujours ce moment de silence bouleversant. Moi, je revois mon père portant un cierge à Oran", souffle Henriette, 85 ans et comblée de participer à quelque chose "de plus grand que soi".

https://www.objectifgard.com/actualites/fait–du–soir–a–nimes–un–pelerinage–de–santa–cruz–sous–le–soleil–et–la–pluie–163952.php

www.objectifgard.com Baptiste Petit

FAIT DU SOIR À Nîmes, un pèlerinage de Santa–Cruz sous le soleil et la pluie

14 mai 2026

Chaque année depuis 1965, le sanctuaire Notre–Dame de Santa Cruz du Mas de Mingue rassemble des milliers de fidèles pour l'Ascension. Retour en images d'une tradition chargée d'émotion et de mémoire, portée par la communauté des Pieds–Noirs et tous ceux qui souhaitent perpétuer ce lien unique entre l'Algérie et Nîmes.

Cette année encore, entre 500 et 1 000 personnes ont répondu présent pour ce rendez–vous annuel, l'un des plus attendus de la communauté des rapatriés d'Oranie installés dans le Gard. En ce jour d'Ascension, la procession mariale a pris son élan dans les rues du quartier, portée par des chants, des bannières et la statue de Notre–Dame du Salut rapatriée d'Oran en 1965. Un cortège dense, multigénérationnel, qui dit autant sur la force de cette transmission que sur l'attachement indéfectible d'une communauté à ses racines.

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Sur places des bénévoles portaient la vierge, des croix ou des drapeaux dans le cortège.  • Baptiste Petit

Des centaines de fidèles venus de tout le Gard, et bien au–delà, pour ne pas manquer ce rendez–vous de mémoire et de foi.

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Entre 500 et 1000 pélerins présents sur place. 

Baptiste Petit

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Baptiste Petit

La statue de Notre–Dame du Salut, portée à bout de bras, comme on porte une histoire et un héritage.

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La derniere montée du parcours ou des pélerins de tout âges ont eu le courage de monter.  •

Baptiste Petit

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La Vierge portée durant tout le pèlerinage

Baptiste Petit

La bannière brodée représentant les paysages d'Oranie, témoin silencieux d'une terre que beaucoup n'ont jamais connue, mais que tous portent en eux.

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Les drapeaux devant le cortège pour ouvrir la marhce. 

Baptiste Petit

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Après la pluie le soleil est revenu • Baptiste Petit

La Vierge regagne son sanctuaire, jusqu'à l'année prochaine

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Retour de la vierge dans le sanctuaire.

Baptiste Petit

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Une fois replacée dans le sanctuaire, des chants pour célébrer la vierge continuent. 

Baptiste Petit

Soixante ans après la première procession, Santa Cruz reste bien plus qu'un pèlerinage. C'est un rendez–vous de l'âme, où les générations se croisent, où les anciens retrouvent un peu d'Oran dans les ruelles du Mas de Mingue, et où les plus jeunes découvrent, parfois pour la première fois, d'où ils viennent. Une tradition vivante, portée à bout de bras, au sens propre comme au sens figuré, et qui a encore de belles années devant elle.

https://www.midilibre.fr/2026/05/14/pierre–daum–journaliste–et–historien–est–venu–au–lycee–joseph–vallot–13370624.php

Pierre Daum, journaliste et historien, est venu au lycée Joseph–Vallot

Correspondant

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Publié le 14/05/2026 à 05:06

Le 7 mai restera une journée mémorable pour les élèves du lycée Joseph–Vallot. Pierre Daum, journaliste et historien reconnu, est venu à leur rencontre à l’occasion de trois conférences : "Mémoire et histoire de l’Algérie", "État et religion en Inde" et "Les médias".

Un invité de renom

Sandrine Renault, professeure documentaliste à l’initiative du projet, ne cachait pas son émotion. "C’est une vraie pointure qui nous fait l’honneur de venir à Lodève", souligne–t–elle. "Il a écrit de nombreux ouvrages et a été invité à la télévision pour les présenter. Journaliste de presse écrite, il collabore depuis quinze ans avec Le Monde diplomatique."

Spécialiste du passé colonial français, Pierre Daum a consacré plusieurs ouvrages à deux anciennes colonies françaises : l’Indochine, avec Immigrés de force (Actes Sud, 2009), adapté au cinéma, et l’Algérie avec Ni valise ni cercueil, consacré aux pieds–noirs restés en Algérie après l’indépendance. Dans Le Dernier Tabou, il évoque également le destin des harkis demeurés sur place après 1962.

Très pédagogue, il s’est volontiers prêté au jeu des questions–réponses, captivant les élèves tout au long de la journée.

Après une conférence consacrée à l’Inde, pays qui le passionne car "plus on cherche à le comprendre, plus il devient complexe", il a retrouvé les classes de Seconde pour échanger autour des médias et de leur rôle dans la société. Il les a présentés comme un "quatrième pouvoir", aux côtés du législatif, du judiciaire et de l’exécutif, rappelant l’importance du lien de confiance qui se construit au fil du temps entre journalistes et lecteurs.

Au terme de cette journée marathon, Pierre Daum aura su passionner son auditoire en ponctuant ses interventions d’anecdotes et de réflexions. Peut–être a–t–il même fait naître quelques vocations ou, à tout le moins, contribué à former de futurs lecteurs avertis.

Correspondante Midi Libre : 06 31 85 56 57

https://www.midilibre.fr/2026/05/14/un–hommage–rendu–aux–harkis–13370404.php

Un hommage rendu aux harkis

Correspondant

Publié le 14/05/2026 à 05:05

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Comme chaque année, ce 12 mai, l’association des harkis aveyronnais a organisé une cérémonie mémorielle à Brusque, Saint–Rome–de–Cernon (Nouzet) et La Cavalerie et fleuri les monuments à la mémoire des harkis qui ont vécu et travaillé en ces lieux.

À Nouzet, devant la stèle érigée en bordure de la départementale, en présence de Jean–Marie Schmerber, conseiller municipal représentant le maire, des porte–drapeaux de la commune et de quelques Saint–Romains et habitants du hameau, Bernard Rénéro, représentant le président de l’association des harkis, a rappelé l’origine de cette manifestation.

Il a évoqué le souvenir de ces milliers d’hommes, membres de l’armée française, qui, suite aux accords d’Évian du 19 mars 1962, se sont trouvés menacés de mort dans leur pays d’origine et rejetés par la France. Le 12 mai 1962 est pour la communauté harki, le jour de l’abandon.

Bernard Rénéro, rappelait également les conditions indignes dans lesquelles ont été accueillis en métropole ceux qui, grâce à la complicité d’officiers en désaccords avec leur hiérarchie, ont réussi à passer en France avec leurs familles et placés en camps de rétention avant d’être dirigés vers des camps de forestage comme à Nouzet et Brusque. Des blessures qui sont toujours des plaies ouvertes.

Après le dépôt de gerbes et la minute de silence, la cérémonie s’est achevée par la Marseillaise interprétée a cappella avant que la délégation harkis ne reprenne la route vers La Cavalerie pour un nouvel hommage.

https://www.ladepeche.fr/2026/05/14/harkis–la–memoire–transmise–aux–jeunes–generations–a–agen–13370633.php

Harkis : la mémoire transmise aux jeunes générations à Agen

Lot–et–Garonne Correspondant

Publié le 14/05/2026 à 05:13 , mis à jour le 15/05/2026 à 06:10

Article rédigé par Correspondant de la rédaction du Lot–et–Garonne

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Le 20 avril 2026, dans le cadre de ses projets mémoriels, l’association Mémoire Harkis du Camp de Bias (MHCB) est intervenue auprès des élèves de Terminale du lycée de Baudre à Agen, dans une classe de spécialité HGGSP (Histoire–Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques). Cette rencontre avait pour objectif de transmettre la mémoire des harkis et de sensibiliser les jeunes générations à cette page douloureuse de l’histoire française.

Au cours de cette intervention, les membres de l’association ont évoqué le parcours des familles harkies, marquées par l’abandon après la guerre d’Algérie, l’exil vers la France et le passage dans différents camps, hameaux et cités, jusqu’au camp de Bias. Ce lieu reste, pour beaucoup, le symbole d’un enfermement et d’un profond déracinement.

Le président de l’association, Michel Mekhalfi, a rappelé l’importance de ce travail de mémoire : "Nous avons le devoir de transmettre cette histoire aux jeunes générations afin qu’elle ne soit jamais oubliée."

Les échanges avec les élèves se sont révélés particulièrement riches et constructifs. Curieux et attentifs, les lycéens ont posé de nombreuses questions sur les conditions de vie dans les camps, les conséquences de l’exil et la transmission de cette mémoire familiale. Très touchés par les témoignages entendus, ils ont montré un réel intérêt pour cette histoire longtemps restée dans l’ombre.

Michel Mekhalfi a salué cet engagement : "Voir des jeunes aussi impliqués et sensibles à notre témoignage nous donne beaucoup d’espoir pour l’avenir de cette mémoire."

Cette rencontre a également suscité un projet personnel chez l’un des élèves, qui a choisi de consacrer son Grand Oral à la question des harkis. L’association MHCB accompagnera ce lycéen dans la préparation de cette épreuve.

L’association remercie la direction du lycée pour son accueil, ainsi que Monsieur David Lallau, professeur d’histoire, pour son invitation et son implication dans cette démarche mémorielle.

https://www.franceinfo.fr/culture/tv/sophie–garel–animatrice–de–radio–et–de–television–est–morte–a–l–age–de–84–ans_8004053.html

Sophie Garel, animatrice de radio et de télévision, est morte à l'âge de 84 ans

franceinfo Culture avec AFP

Voix emblématique de la radio RTL pendant plusieurs décennies, elle avait poursuivi sa carrière à la télévision, notamment aux côtés de Laurent Ruquier.

France Télévisions – Rédaction Culture

Publié le 14/05/2026 16:54

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Sophie Garel avec son vieux complice, Fabrice, en 2001. (T.F.1–PIMENTEL / SIPA)

C'était l'une des voix les plus connues de la radio des années 1970. L'animatrice Sophie Garel

est morte à l'âge de 84 ans, a annoncé jeudi 14 mai la radio RTL, sur laquelle elle avait commencé sa carrière à la fin des années 1960. Sophie Garel a présenté de nombreuses émissions avec l'animateur Fabrice sur cette station, comme "Les jeux de Fabrice et Sophie" et "Atoukado".

Née en 1942, à Oran en Algérie, Sophie Garel a fait ses premiers pas d'animatrice en 1960 à Télé Oran.

Deux ans plus tard, l'exode des Français d'Algérie l'amène à Marseille, où elle poursuit sa carrière à Télé Monte–Carlo.

En 1967, alors que Radio Luxembourg, devenue depuis peu RTL, modifie en profondeur ses programmes, Sophie Garel monte à Paris et y devient speakerine.

Mais aussi chanteuse : en 1968, elle représente le Luxembourg à l'Eurovision. Elle y interprète Nous vivrons d'amour en duo avec Chris Baldo, lui aussi animateur à Radio Luxembourg.

Tout au long des années 1970, elle officiera dans les studios de la rue Bayard avec Fabrice dans diverses émissions, avant de passer à la télévision.

À la fin de l'année 1978, elle anime sur Télé Luxembourg l'émission animalière "Entre chiens et chats"(Nouvelle fenêtre). Dans les années 1980, elle présentait également "Atoukado" sur RTL Télévision(Nouvelle fenêtre), d'abord avec Fabrice, puis avec Georges Beller. Elle a également coanimé avec Fabrice le jeu "Les affaires sont les affaires" sur Canal+, avant de devenir chroniqueuse dans plusieurs émissions animées par Laurent Ruquier comme "On a tout essayé" sur France 2, "On va s'gêner" sur Europe 1. Lorsqu'il reprend les rênes de l'émission "Les Grosses têtes" sur RTL, Sophie Garel retrouve avec lui sa station d'origine(Nouvelle fenêtre).

Dans les années 1960, Sophie Garel avait été la compagne de l'acteur et réalisateur Jean Yanne, avec qui elle avait eu un fils.

https://africtelegraph.com/blog/harkis–alger–durcit–sa–loi–memorielle–et–ravive–un–contentieux/

Harkis : Alger durcit sa loi mémorielle et ravive un contentieux

Africtelegraph

14 mai 2026

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La question des harkis ressurgit au cœur d’un différend franco–algérien que rien ne semble pouvoir apaiser durablement. La récente loi adoptée par Alger, qui érige en crime la colonisation française et ses conséquences, comporte des dispositions visant explicitement les supplétifs musulmans engagés aux côtés de l’armée française pendant la guerre d’indépendance. Pour l’historienne Fatima Besnaci–Lancou, citée par Le Monde Afrique, ce texte enfonce un peu plus une population déjà marginalisée des deux côtés de la Méditerranée. La qualification de « traîtres » réactive un stigmate transmis sur trois générations.

Une loi mémorielle algérienne aux effets discriminatoires

Le texte voté à Alger entend graver dans le marbre juridique la condamnation de la période coloniale, de 1830 à 1962. Au–delà de la portée diplomatique du geste, c’est sa déclinaison interne qui inquiète les défenseurs des harkis. En assimilant l’engagement des supplétifs à une forme de collaboration criminelle, la législation ferme un peu plus la porte à tout retour, même symbolique, des descendants vers le pays d’origine de leurs aïeux. Les visites familiales, déjà entravées, deviennent juridiquement périlleuses.

Cette inflexion s’inscrit dans une séquence de raidissement. Depuis l’été 2024 et la reconnaissance par Paris du plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, les relations entre les deux capitales se sont sévèrement détériorées. Rappel d’ambassadeur, restrictions consulaires, polémiques répétées : le terrain mémoriel sert désormais de variable d’ajustement à un contentieux plus large, où l’histoire devient l’arme d’une diplomatie d’attrition.

Une communauté harkie toujours en quête de reconnaissance

Du côté français, la trajectoire des harkis demeure marquée par un long déni. Désarmés en 1962, abandonnés sur place pour beaucoup, massacrés par milliers après le cessez–le–feu, les survivants transférés en métropole furent parqués dans des camps de transit puis des hameaux de forestage. Bias, Rivesaltes, Saint–Maurice–l’Ardoise : ces toponymes restent associés à des décennies d’assignation à résidence sociale. La loi du 23 février 2022 a reconnu la responsabilité de l’État dans cet abandon et prévu une réparation financière, jugée tardive et insuffisante par les principales associations.

L’historienne rappelle que cette population, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes en incluant les descendants, se trouve aujourd’hui dans une position singulière. Niée comme française à part entière par une partie de la mémoire nationale, désignée comme traîtresse par l’État algérien, elle subit une double exclusion. Le durcissement législatif d’Alger vient solidifier cette muraille symbolique au moment précis où Paris tentait, par petites touches, de réintégrer cette histoire dans le récit républicain.

Un contentieux mémoriel devenu levier diplomatique

L’instrumentalisation politique de la mémoire n’est pas nouvelle dans la relation franco–algérienne. Le rapport remis en janvier 2021 par l’historien Benjamin Stora avait esquissé une méthode de travail commune, articulée autour de gestes croisés. Quatre ans plus tard, cette dynamique paraît à l’arrêt. La commission mixte d’historiens, installée en 2022, peine à produire des avancées concrètes, et chaque crise diplomatique fragilise un peu plus le dispositif.

Pour les harkis et leurs descendants, l’addition est lourde. Coincés entre une France qui n’a accordé qu’une reconnaissance partielle et une Algérie qui criminalise leur histoire familiale, ils restent les laissés–pour–compte d’une réconciliation impossible. La tribune publiée par Le Monde insiste sur l’urgence d’extraire ce dossier du champ purement diplomatique pour le traiter comme une question de droits humains et de dignité.

Reste que la trajectoire actuelle laisse peu d’espoir d’apaisement à court terme. Les élections présidentielles algériennes de septembre 2024 ont confirmé la centralité du discours anticolonial dans la légitimation du pouvoir en place. À Paris, les alternances politiques successives ont montré que le dossier harki dépend largement de la volonté de l’exécutif. Tant que la mémoire restera un terrain d’affrontement plutôt qu’un chantier partagé, les supplétifs de 1962 et leurs descendants continueront de payer le prix d’une histoire que personne ne veut véritablement refermer.

Selon Le Monde Afrique.

https://contrepoints.org/colonialisme–les–approximations–de–la–maison–de–lhistoire–europeenne/

Colonialisme : les approximations de la Maison de l’histoire européenne

Élodie Messéant

14 mai 2026

Du 17 avril 2026 au 14 mars 2027, la Maison de l’histoire européenne présente l’exposition temporaire Postcolonial qui entend explorer « les effets durables que la colonisation et sa fin ont eus en Europe au cours des 70 dernières années ». Elle regroupe plus de 195 objets et documents historiques sur le colonialisme du XIIème siècle à nos jours, récits personnels et œuvres d’art. Pour Constanze Itzel, la directrice du musée, l’objectif est de montrer l’importance de l’héritage colonial de l’Europe, mais aussi de « corriger les déséquilibres qui existent dans les récits sur le passé du continent ».

L’intention est parfaitement légitime : l’histoire coloniale, qui suscite tant de débats, mérite d’être étudiée. Mais à y regarder de plus près, l’exposition ne se limite pas à un travail historique : elle propose une lecture très fortement orientée du passé européen et diffuse de nombreuses approximations, par exemple au sujet des liens supposés entre capitalisme et colonialisme. Elle tombe également dans des simplifications abusives concernant l’exploitation des ressources naturelles par les régimes coloniaux. Plus grave encore, elle suggère clairement qu’il y aurait toujours un racisme structurel en Europe. Un biais idéologique qui pose question eu égard aux financements européens du musée.

Capitalisme et colonialisme

On peut lire, par exemple, que « capitalisme et colonialisme vont de pair », une affirmation illustrée par le fait que les empires néerlandais et britannique se développent par la voie d’entreprises privées, « autorisées à faire la guerre en quête de profits ». L’idée selon laquelle capitalisme et colonialisme seraient étroitement liés est, de fait, une thèse classique de la tradition marxiste, reprise notamment par Lénine dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1917). Elle repose toutefois sur la confusion entre capitalisme libéral et capitalisme de connivence : le premier est fondé sur la liberté des échanges, le second sur l’interventionnisme étatique. Or, l’impérialisme est intrinsèquement lié à une volonté politique de contrôler le commerce. Déjà en 1776, l’économiste Adam Smith s’opposait au colonialisme pour des raisons morales (violation du principe de non–agression) mais aussi économiques, le mercantilisme étant antilibéral par nature (monopole de la métropole, compagnies des Indes seules autorisées à commercer…).

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Quant à la « quête de profits », le bilan économique du colonialisme a été étudié par des historiens comme Paul Bairoch et Jacques Marseille et la réalité est beaucoup plus nuancée qu’il n’y paraît. Dans Le Tiers–Monde dans l’impasse (1971) par exemple, Paul Bairoch conclut qu’il n’y a pas eu de « réel bénéfice sur le plan macro–économique pour les divers pays possédant un empire colonial ». Pour Jacques Marseille, il est difficile de tirer un bilan économique global de la colonisation. Dans Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce (1984), il s’intéresse à l’Algérie et distingue deux périodes. Dans la première période (1880–1930), le marché colonial participait aux « branches alors motrices de la croissance », mais dans la seconde période (1930–1960), il assurait la survie artificielle « de ces branches désormais déclinantes » au détriment de « l’émergence de nouveaux secteurs ». Jacques Marseille considère que la profitabilité n’est pas évidente à déterminer puisque les exportations peuvent, dans un cas, représenter un « coût additionnel », et dans un autre, « couvrir les coûts fixes ».

Exploitation des ressources naturelles

Autre approximation : les régimes coloniaux se seraient enrichis « en exploitant les ressources humaines et naturelles de leurs colonies », comme le pétrole, l’uranium et le cuivre. C’est vrai pour le cuivre : son exploitation dans des territoires comme le Katanga sous colonisation belge (à travers l’Union minière du Haut Katanga) a généré des profits importants pour des entreprises et investisseurs européens. Ces revenus ont contribué à la richesse de groupes privés et, indirectement, des métropoles.

Pour le pétrole, une nuance importante s’impose. Dans des zones comme l’Iran ou l’Irak, les puissances européennes (notamment à travers l’Anglo–Persian Oil Company) ont bénéficié, dès le début du XXème siècle, de concessions extrêmement favorables qui ont contribué à leur puissance énergétique et industrielle.

Cependant, il s’agissait d’un contrôle indirect (concessions) plutôt que d’une exploitation coloniale classique (souveraineté et administration territoriale), et les États producteurs ont progressivement repris la main à partir des années 1950–1970. Quant à l’uranium, l’affirmation ne tient pas : l’exploitation, par exemple au Niger, commence autour des années 1970 avec des entreprises comme Areva, donc après les indépendances. Il est alors difficile de présenter cette ressource comme un moteur de l’enrichissement des empires coloniaux, puisqu’ils avaient déjà disparu.

Plusieurs historiens de l’économie ont rappelé que l’industrialisation européenne s’est d’abord appuyée sur des ressources domestiques, comme le charbon. Au début du XXème siècle, le commerce européen de la houille représentait 80 % des exportations mondiales (le Royaume–Uni en tête). Dans Mythes et paradoxes de l’histoire économique (1994), Paul Bairoch a ainsi rappelé qu’à la veille de la Grande Guerre, l’autosuffisance des pays développés était de 95 % en ce qui concerne les matières premières.

Un racisme structurel en Europe ?

Enfin, l’exposition franchit un cap supplémentaire lorsqu’elle affirme que les institutions européennes traiteraient aujourd’hui les citoyens différemment selon leur origine ou leur apparence physique. Elle évoque un racisme structurel présent dans l’éducation, l’emploi, le logement, la santé ou encore la police, directement hérité du passé colonial. On peut lire, par exemple, que le racisme serait présent à toutes les étapes de la vie sociale, « dès le plus jeune âge », avec une « ségrégation » dans l’éducation, un « écart salarial racialisé » et des inégalités structurelles dans les soins de santé, le logement, la police ou la politique. Le colonialisme et l’esclavage auraient pris d’autres formes : « Ni le colonialisme ni l’esclave n’ont simplement cessé d’exister. Ils ont au contraire engendré le travail sous contrat, le néocolonialisme et d’innombrables inégalités persistantes ».

Qu’il existe des discriminations en Europe, comme partout ailleurs, est difficilement contestable. Mais parler de « racisme structurel » suppose de démontrer que les inégalités observées résultent principalement du fonctionnement même des institutions, indépendamment d’autres variables. Commençons par le droit : les États européens contemporains reposent sur des principes d’égalité en droit, consacrés à échelle nationale et européenne. Ces principes sont assortis de mécanismes de recours effectifs. Il n’existe donc aucun obstacle juridique, ni aucune distinction, entre citoyens, fondée sur des critères racistes. Dans les faits, les inégalités qui peuvent exister entre individus en matière d’éducation, d’emploi ou de conditions de vie s’expliquent largement par des facteurs sociaux et économiques (niveau de qualification, capital culturel, dynamiques territoriales…). La thèse d’une discrimination systémique ne relève donc pas d’une approche scientifique, mais d’une approche militante. Elle est d’ailleurs admise au sein du courant postmoderne, qui se caractérise par le rejet de l’idée de vérité et d’objectivité : pour ses partisans, toute disparité est considérée comme une preuve en tant que telle, indépendamment de tout lien causal.

Une exposition financée par le contribuable européen

Au–delà des débats historiques qu’elle soulève, cette exposition pose une question plus générale : celle de l’usage de l’argent public européen pour promouvoir une certaine vision de l’histoire et de l’identité du continent. Le problème n’est évidemment pas d’étudier le colonialisme, ni de reconnaître l’histoire coloniale de l’Europe – c’est une nécessité – mais de proposer une interprétation univoque du présent. Le Parlement européen, qui finance la Maison de l’histoire européenne à hauteur de 9 millions d’euros par an, participe ainsi à la guerre culturelle contre l’Europe aux frais de tous les contribuables.

Contrepoints est une publication en ligne d'inspiration libérale fondé en 2009. Jusqu'en 2024, il est développé et administré par Liberaux.org, une association loi de 1901, créée en 2002. En 2024, Contrepoints fusionne avec la Lettre des Libertés du think tank libéral Institut de recherches économiques et fiscales (IREF)[

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Grosses têtes, chroniqueuse de Laurent Ruquier... Sophie Garel, voix emblématique de RTL, est morte

Elle était une voix de radio emblématique des années 70 et 80, et a animé des émissions aux côtés de Laurent Ruquier.

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L’animatrice Sophie Garel est morte à l’âge de 84 ans. (©UPI / AFP)

Par Léa Giandomenico Publié le 14 mai 2026 à 14h14

Sa voix rappellera sûrement des souvenirs à des auditeurs de RTL. L’animatrice de radio et de télévision Sophie Garel est morte à l’âge de 84 ans, a annoncé sa famille ce jeudi 14 mai 2026 à la radio qui l’a fait connaître.

Celle qui est née à Oran, en Algérie, y a d’abord fait ses armes en tant qu’animatrice à Télé Oran. Elle poursuivra ensuite sa carrière à Télé Monte–Carlo, à Marseille, à l’époque de l’exode des Français d’Algérie. Elle deviendra ensuite speakerine de la station Radio Luxembourg (l’ancien nom de RTL), à la fin des années 1960. De longues années durant, elle anime des émissions, notamment Les jeux de Fabrice avec Sophie.

Eurovision

Elle s’essaie aussi à la chanson, en représentant le Luxembourg au Concours Eurovision de la chanson, en 1968. Pour cette édition, qui se déroule à Londres, elle interprète Nous vivrons d’amour avec Chris Baldo, autre animateur de la station.

Ancienne chroniqueuse de Laurent Ruquier

Après sa carrière à l’antenne de la radio, elle passe devant la caméra en officiant sur Télé–Luxembourg. Elle y anime, à la fin des années 1970, l’émission animalière Entre chiens et chats, aux côtés de Monsieur Vétérinaire.

Aux côtés de l’animateur Fabrice, elle présente le jeu Les affaires sont les affaires sur Canal Plus.

Sophie Garel a aussi longtemps animé des émissions sur Europe 1 ou France 2 aux côtés de Laurent Ruquier : elle est chroniqueuse dans On a tout essayé, l’émission quotidienne de Laurent Ruquier sur France 2 mais aussi dans On va s’gêner sur Europe 1, puis dans On n’a pas tout dit. Elle fera aussi plusieurs années aux Grosses Têtes, la célèbre émission de RTL.

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Commandant Azzedine : le silence coupable d’un État face à un héros de la guerre d'indépendance – Le Matin d'Algérie

Yacine K.

14 mai 2026

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C’est un réquisitoire qui fait froid dans le dos, non pas par la violence de ses mots, mais par la cruauté de la réalité qu’il dépeint. Celui de la famille du commandant Azzedine, désemparée qui, après avoir tout donné à la patrie, se retrouve à mendier un droit fondamental auprès d’une administration sourde.

Dans l’Algérie de Tebboune on n’aime pas les héros. Après avoir emprisonné le célèbre commandant Bouregâa, instrumentalisé la télévision pour couvrir de mensonges son parcours révolutionnaire, c’est un autre héros de la wilaya IV et de la guerre de libération qui est abandonné à son grand âge.

Au cœur de ce drame : le commandant Azzedine. À 92 ans, celui que l’histoire retient comme un héros de la guerre de libération est aujourd’hui « entre la vie et la mort », victime non pas seulement de son cœur défaillant, mais d’une bureaucratie devenue inhumaine. Victime d’un régime qui abandonne les libérateurs et fanfaronne sur le passé révolutionnaire. Pathétique.

L’absurde au service de l’agonie

Le constat dressé par ses proches est sans appel. Voilà des mois que le dossier est sur les bureaux, que les alertes sont lancées, et que la réponse de l’État algérien se résume à une litanie de formules creuses. « On va voir », « on attend les documents », « le dossier est en cours ». Pendant que les technocrates polissent leurs éléments de langage, le temps médical, lui, s’écoule inexorablement.

Comment un pays peut–il traiter l’une de ses figures historiques comme un simple matricule ? « Mon père n’est pas un dossier administratif. C’est un homme malade », s’insurge sa famille. Plus grave encore, le Commandant a été « renvoyé à domicile sans solution concrète », alors même que les spécialistes sont formels : l’intervention vitale dont il a besoin « ne se pratique pas en Algérie ».

Le Ministère des Moudjahidine : la faillite morale

L’institution censée honorer et protéger ceux qui ont libéré le pays est aujourd’hui directement pointée du doigt. Le verdict familial est cinglant : « Le Ministère des Moudjahidine a failli à ses responsabilités ». En restant muré dans ce que la famille appelle « un silence incompréhensible », le ministère ne fait pas que retarder un transfert médical ; il acte un abandon symbolique et moral.

Il y a quelque chose de profondément indécent à voir ce « géant de la révolution » ainsi délaissé. Cela nous interpelle sur la démission de ceux qui dirigent le pays. La famille le précise avec une dignité remarquable : il ne s’agit ni de réclamer des privilèges, ni de demander des faveurs indues.

Il s’agit simplement du « droit d’être soigné ». Un droit qui, dans un État digne de ce nom, « ne devrait jamais être suspendu à des lenteurs administratives ».

Solidarité citoyenne contre désert institutionnel

Le contraste est saisissant, presque insupportable. D’un côté, une chaîne de solidarité humaine s’est organisée spontanément. Des internautes, des médecins, des citoyens anonymes proposent des cagnottes, des contacts, des conseils. « Ce sont les citoyens qui aident », constate amèrement la famille.

De l’autre côté du miroir, là où devrait se trouver la puissance publique, il n’y a que le vide. « Ce sont les institutions qui disparaissent derrière le silence ».

Que restera–t–il de la reconnaissance nationale si, au moment ultime, l’État se montre incapable de protéger ceux qui l’ont fondé ? L’alerte lancée aujourd’hui est un cri de détresse qui dépasse le cas individuel.

C’est le procès d’un système qui préfère la procédure à la vie.

On achève bien les héros ! L’heure pourtant n’est plus aux commissions ou aux fausses promesses de rappels téléphoniques.

Le temps presse pour ce héros. Comme pour beaucoup d’Algériens malades et abandonnés à leur sort. « Le temps administratif ne peut pas remplacer le temps médical ». Pour le Commandant Azzedine, chaque minute de silence institutionnel est une insulte de plus à son engagement passé mais aussi à la Révolution.

Sofiane Ayache

https://www.ouest–france.fr/societe/faits–divers/il–y–a–30–ans–les–martyrs–de–tibhirine–celestin–etait–un–homme–inclassable–original–bffea5a8–4e0c–11f1–88ee–769cab556f2f?token=1285e968e1638036c09e606161e3f6e53d14ff88c3bb7108e4b2c5db07d15c4ef991c0747d2e2cfdd63ca9a9962a64c1f98962

Il y a 30 ans, les martyrs de Tibhirine. « Célestin était un homme inclassable, original » |

Presse Océan

Dominique Bloy

14 mai 2026

Natif de Touvois, Célestin Raingeard est l’un des sept moines de Tibhirine, en Algérie, assassinés le 21 mai 1996. Ceux qui l’ont côtoyé en Loire–Atlantique se souviennent.

Son portrait en noir et blanc trône près de l’autel de la petite chapelle de Fréligné, un petit bijou architectural du XIIe siècle planté dans la campagne de Touvois, aux confins de la Loire–Atlantique et de la Vendée.

Sous la grande photo où il arbore un sourire rayonnant, une simple légende : « Frère Célestin Raingeard, martyr d’Algérie, Tibhirine, 1996 ».

Un hommage silencieux à l’enfant du pays assassiné puis décapité, il y a 30 ans, avec six de ses coreligionnaires du monastère Notre–Dame de l’Atlas, à Tibhirine, en Algérie alors en pleine guerre civile.

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Le père Serge Jaunet raconte ses souvenirs du frère Célestin Ringeard, moine de Tibhirine. Le frère Célestin Ringeard (1933–1996) fait partie des sept moines de Tibhirine enlevés il y a trente ans, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, puis assassinés. | PHOTO PRESSE OCÉAN–NATHALIE BOURREAU

Les premiers jours de Célestin sont intimement liés à cette chapelle du bocage. Célestin est né le 29 juillet 1933 à Touvois dans une famille très chrétienne. Quand sa mère a appris qu’elle était enceinte, son père a été diagnostiqué tuberculeux. Il est parti au sanatorium et n’a pu accompagner sa femme durant sa grossesse. On ne sait même pas s’il a pu venir pour son baptême. Il est mort le 8 septembre 1933. Tous les ans, ce jour–là à Fréligné, il y a une grande fête pour la nativité de Marie et sa mère a confié son nouveau–né à la Vierge Marie », explique le père Serge Jaunet.

À huit kilomètres de là, dans la maison paroissiale de Legé, le prêtre honoraire, natif de la commune, se souvient de Célestin, ordonné prêtre en 1960 : «Pour son premier poste, il a été surveillant pendant un an au petit séminaire de Legé dont il a lui–même été élève. À cette époque, j’ai eu l’occasion de le revoir chez des voisins. Il le retrouvera plus tard à l’abbaye de Bellefontaine (Maine–et–Loire) où Célestin fait son noviciat : À 50 ans, après avoir été prêtre des loubards dans les quartiers nord de Nantes, il est entré chez les moines de l’abbaye cistercienne de Bellefontaine. J’y ai fait trois mois de stage quand il était novice. Normalement, la règle quand on est moine cistercien, c’est le silence. Mais Célestin était très bavard. Et tout en calibrant les pommes produites à l’abbaye, on discutait de Touvois, de Legé….

« Prêtre des loubards, moine cistercien et moine à Tibhirine, toujours au plus près des gens »

À l’issue de son noviciat, Célestin se porte volontaire pour renforcer l’équipe des moines de Tibhirine, dans l’Atlas, en Algérie, où il avait servi comme infirmier durant la guerre d’indépendance et pour lequel il gardait un fort attachement. Célestin était un homme inclassable, original. Et tant mieux ! Son curriculum vitæ le dit : prêtre des loubards, moine cistercien et moine à Tibhirine, toujours au plus près des gens. » Régulièrement, le matin après le premier office de 4 h 30, il sortait du monastère pour méditer en marchant. Il écrivait également des chants religieux, rassemblés dans un recueil après sa mort.

Le père Jaunet est resté très proche de la famille de Célestin. Une ou deux fois par an, sa famille allait le voir à Tibhirine. Et c’est l’un des deux moines rescapés de l’enlèvement qui est venu leur annoncer personnellement que seule les têtes avaient été retrouvées et qu’on ne savait pas où étaient les corps », se rappelle–t–il, avant d’ajouter  :   Il y a deux semaines, j’ai enterré la belle–sœur de Célestin, la femme de son frère Jean qui vivait à Legé. C’était la dernière de la famille .

Dans son parcours ecclésiastique, le père Jaunet a également croisé deux autres martyrs de Tibhirine, Michel Fleury, natif de Sainte–Anne–sur–Brivet, et Bruno Lemarchand, originaire des Deux–Sèvres. «J’étais au séminaire avec Michel. C’était un homme extrêmement réservé, un peu rustre. Avant d’être moine, il était dans une communauté ouverte comme prêtre–ouvrier. Il travaillait à Marseille. Et je l’ai revu quand je suis venu à Aix–en–Provence. Quant à Bruno, il était hôtelier à Bellefontaine. »

« Il a toujours privilégié cette population un peu marginale »

À Orvault, le père Michel Leroy n’a pas connu les martyrs de Tibhirine. Mais il veille sur la paroisse qui leur est consacrée : la paroisse Bienheureux Célestin et Michel en Val–de–Cens. Il se souvient toutefois, quand il était vicaire à Saint–Étienne–de–Montluc, d’un témoignage recueilli en 1996, peu après la mort de Célestin. Je célébrais un mariage. Et au moment de déposer les bougies, le marié en a déposé une pour Célestin car, a–t–il expliqué, ’’il m’a sorti de la rue’’. Tous ceux qui ont rencontré Célestin se souviennent très bien de lui. Il a été ordonné en 1960 et est arrivé en 1964 à la Boissière. Il a toujours été très fraternel. En arrivant au Chêne–des–Anglais, il a découvert les baraquements, les pauvres, les chômeurs, les précaires et il a toujours privilégié cette population un peu marginale mais il a toujours été un homme priant. C’était une constante chez lui.

« Il a laissé de belles traces ici »

Mais c’est sans doute à la paroisse voisine, Sainte–Catherine du Petit–Port, à Nantes, que l’empreinte de Célestin Raingeard est la plus forte. C’est là qu’il a officié pendant des années. Ce 21 mai 2026, elle organise une soirée spéciale à sa mémoire en l’église Saint–Dominique. Nous avons parmi nos paroissiennes quelques femmes qui l’ont bien connu. Il a laissé de belles traces ici », explique Delphine Poirier, animatrice pastorale.

Dans le bulletin paroissial de mai 2026, Suzanne Grenier partage le souvenir d’une matinée de mariages dans les années 70. Elle était invitée à la première cérémonie dont les mariés étaient issus de familles jouissant d’une certaine notabilité. À l’issue de la célébration, les nombreux invités s’attardaient dans le fond de l’église, sans prêter attention aux mariés suivants, des jeunes de la Petite–Sensive, qui attendaient à la porte. Elle raconte dans le média de la paroisse :  En descendant l’escalier du presbytère, je croise le père Raingeard qui célébrait le mariage suivant. Il semblait agacé de voir la lenteur de la sortie. Un peu énervé, il me dit : ’’Est–ce qu’il reste encore beaucoup de monde dans l’église ? Il serait temps de laisser rentrer l’autre famille. Je sais bien que c’est le mariage du siècle, mais les petites gens ont le droit eux aussi d’avoir une place dans l’église !’’.

« Il s’est toujours mis au service des plus fragiles »

Certains paroissiens disent qu’on pouvait le contacter jour et nuit. Il n’hésitait pas à se déplacer chez les gens qui avaient besoin de lui, poursuit Delphine Poirier. Et quand il y a eu la séparation des prêtres de la paroisse, il a souhaité rester auprès des paroissiens, dans le quartier où il est devenu éducateur de rue. Il a également beaucoup œuvré avec l’association Vie libre pour aider les personnes alcooliques. Il s’est toujours mis au service des plus fragiles.

À Legé, le père Leray se souvient encore de l’abattement à l’annonce de la mort de Célestin et de ses compagnons. À Paris, le cardinal Lustiger avait fait monter à Notre–Dame un grand chandelier avec sept bougies allumées en permanence. Et quand on a appris le massacre, les bougies ont été éteintes. Célestin n’avait sûrement jamais imaginé une telle destinée. Même si, à la fin, avec les autres moines, il s’y préparait… »

L’info en plus

Le diocèse de Nantes rendra hommage « aux Bienheureux d’Algérie » du 11 au 18 octobre. Au programme : durant les huit jours, exposition consacrée aux martyrs de Tibhirine présentée dans la cathédrale de Nantes ; le 16, soirée culturelle avec la pièce de théâtre « Pierre et Mohamed » (lieu à préciser) ; le samedi 17, journée consacrée à la mémoire des martyrs à la paroisse Bienheureux Célestin et Michel en Val de Cens en présence du cardinal Jean–Paul Vasco, archevêque d’Alger ; le dimanche 18, messe à la cathédrale de Nantes.

Enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, une vingtaine d’hommes armés pénètrent dans le monastère de Notre–Dame de l’Atlas, près de Médéa, à une centaine de kilomètres au nord d’Alger. Ils repartent avec sept moines français surpris dans leur sommeil : les frères Christian de Chergé, 59 ans, le prieur ; Luc Dochier, 82 ans, médecin ; Christophe Lebreton, 45 ans ; Michel Fleury, 52 ans, le cuisinier ; Bruno Lemarchand, 66 ans ; Paul Favre–Miville, 57 ans ; et Célestin Raingeard, 62 ans, le chantre.

Depuis 1992, l’Algérie est plongée dans une guerre civile meurtrières, marquée par la poussée des islamistes radicaux qui lancent un ultimatum aux étrangers à quitter le pays. Le 14 décembre 1993, douze ressortissants croates sont assassinés sur un chantier proche du monastère. Malgré la menace de plus en plus forte, les moines décident de rester à Tibhirine. Ils ne sont pas inquiétés durant trois ans, jusqu’à leur enlèvement revendiqué le 18 avril 1996 dans un communiqué attribué au Groupe islamiste armé (GIA). Le 23 mai, un nouveau communiqué, également attribué au GIA, annonce leur exécution le 21 mai. Le 30 mai, les têtes des martyrs sont découvertes le long d’une route près de Médéa.

Mais pas leurs corps.

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Les obsèques sont célébrées le samedi 2 juin à la basilique Notre–Dame d’Afrique à Alger, en même temps que celles de Mgr Léon–Étienne Duval, l’ex–archevêque d’Alger mort le jour même de la découverte des têtes. Les moines sont ensuite inhumés au cimetière du monastère à Tibhirine. Et ils sont béatifiés le 8 décembre 2018 avec douze autres martyrs d’Algérie tués entre le printemps 1994 et le printemps 1996.

Les dessins du jour

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La Zoubia

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