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HALTE
A LA SEGREGATION ET A LA XENOPHOBIE !

 
       
   

Voila maintenant vingt et un ans que les premières mesures en faveur des supplétifs ont été promulguées, suivies par d’autres mesures, dont les dernières datent de 2005 . Pourtant, elles excluent de la reconnaissance nationale les supplétifs de souche européenne.
L’argumentation fallacieuse qui leur est opposée « de la communauté de destin », est toujours mise en avant. Cette affirmation tendancieuse, n’a aucun fondement social ou juridique. Je m’explique : « au combat, puisqu’il s’agit ici de compenser le préjudice subi par ces combattants supplétifs », les balles ou les obus de nos adversaires ne faisaient aucun distinguo entre les supplétifs de souche européenne ou musulmane, mutilant très souvent, ou tuant ces combattants au rabais employés avec un statut de journalier.
Qui aurait l’outrecuidance (cela a déjà été affirmé par l’administration de la part de fonctionnaires qui n’étaient même pas nés à cette période) d’évoquer que nos frères de combat musulmans se trouvaient en première ligne contrairement aux supplétifs de souche européenne. Cela laisserait croire que le commandement militaire pratiquait un racisme à l’encontre de nos frères d’armes de souche arabe ou berbère. Les supplétifs de souche européenne portaient le même uniforme, étaient dotés du même armement, et percevaient le même salaire soit un peu plus d’un euro par jour, et combattaient les terroristes rebelles à la nation en ayant une affectation au sein de leur unité sans tenir compte de leur origine, de leur race ou de leur religion.

 
 

D’autres prôneront qu’à leur arrivée en France ils étaient accueillis par leur famille. Quelle aberration, leur famille était aussi en Algérie ou rapatriée, et leur seul choix possible était « La valise ou le cercueil »
Mieux à leur arrivée en France, ils n’ont même pas eu le droit d’être recrutés en qualité d’ouvrier forestier, ils n’ont pas été hébergés dans ces hameaux forestiers baptisés camp de transit, mais parqués dans des écoles ou des locaux administratifs par chambrée de 30 avec bien souvent un seul point d’eau et quelques WC, mais surtout avec l’obligation de vider les lieux le 25 septembre de l’année 1962. Ce que Monsieur DIEFFENBACHER Député de Marmande appelle une communauté de destin plus favorable. Ils ont été abandonnés et livrés à la vindicte populaire qui les insultait ou leur crachait dessus (merci le parti communiste) en les traitant de sales colonialistes. Certains frères de combat n’ont pas eu la force de résister et se sont suicidés. C’est oublier un peu vite que chaque supplétif qui tombait au combat, c’était la vie d’un jeune métropolitain qu’il épargnait. C’est ce que le rapporteur de la commission d’aide aux supplétifs dénonce comme une communauté de destin plus favorable.
On leur reproche d’être né français en Algérie contrairement à leurs frères de combat de souche musulmane. Quel mensonge, quelle aberration ! Pour pouvoir s’engager dans les formations supplétives la condition de nationalité française était « sine qua non » sans distinction de statut de citoyenneté droit commun ou droit local, subtilité que la Constitution française du 4 octobre 1958 avait supprimée.
En 1962, une Ordonnance anticonstitutionnelle est promulguée (62-825 du 21 juillet 1962) et le Chef de l’État et son Gouvernement, bafouent et violent cette même constitution en exigeant de nos frères de combat la recognition de la nationalité française, comme s’ils ne l’avaient jamais eue. De qui se moque-t-on ?
C’est un bel exemple de communautarisme pratiqué par l’Etat en séparant les expulsés des deux communautés d’Algérie. Existerait-il juridiquement deux catégories de citoyens français rapatriés ? Le terme de rapatrié est un terme impropre, car l’État ne s’est pas acquitté de ses obligations que lui imposait la responsabilité prise en signant les accords d’Evian avec un parti politique terroriste et ne représentant qu’une faible minorité de la population d’Algérie.
L’État qui se voudrait être le chantre des Droits de l’homme a, au mépris de toutes ses lois offert à la vindicte du FLN, la population d’Algérie sans distinction de race ou de religion mais surtout ses serviteurs supplétifs 150.000 morts après le 19 mars 1962.
En fait que nous reproche- t’on ? Bien que notre identique statut soit reconnu, on nous prive de la reconnaissance nationale au seul motif que nous sommes nés français de souche européenne.
Tous les Gouvernements successifs ont prouvé, par là, que le sang d’un supplétif de souche européenne n’avait pas la même valeur que celui d’un supplétif de souche musulmane.
Toutes lois prétendent vouloir réparer une injustice envers ceux qui aurait séjourné dans des camps ou les hameaux forestiers. Mais « quid » alors pour ceux qui ne se sont pas installés en France et sont domiciliés dans les pays de la communauté européenne ? Quel est le lien patriotique avec la France ?
L’excellent rapport du Général Maurice FAIVRE mentionne qu’environ 20 000 supplétifs de souche arabo berbère ne sont jamais passés par ces sinistres camps de transit, ce qui ne les a pas empêchés de prétendre et percevoir l’indemnisation et l’Allocation de Reconnaissance. Il est inutile d’illustrer cette magistrale leçon de ségrégation, d’ostracisme et de xénophobie, mise en place et instaurée par un pays qui prétend être le pays des Droits de l’Homme. Si la situation de nos frères de combat supplétifs de souche européenne n’était pas dramatique socialement et juridiquement j’en rirais aux éclats.
Quelle conclusion ? Elle est pitoyable ! Les supplétifs de souche européenne n’ont pas droit à la reconnaissance, leur sang versé n’a aucune valeur comparativement à leurs frères de combat de souche arabo berbère, ils n’ont désormais plus qu’un droit, celui de mourir dans l’indifférence la plus totale, c’est comme si on leur reprochait d’être venus s’échouer dans une Patrie qu’ils avaient toujours cru être la leur et qu’ils ont défendu, comme leurs pères l’ont fait au cours de toutes les guerres que la métropole avait déclarées. (1870, 1914, 1939)
Peuple de France, les parents et grands-parents de ces combattants supplétifs au rabais, ont tout abandonné pour venir défendre ta liberté et ta prospérité avec le succès que tu connais, mais que l’on tait. Ils ont défendu les départements français d’Algérie, devenus français bien avant le comté de Nice ou de Savoie, ils ont défendu l’intégrité territoriale et la culture française en Algérie.
Pour notre République cela représente la pire des infamies. Quand est ce que ce beau pays qu’est la France, reconnaîtra son erreur et la réparera ? Il est grand temps, car les rangs de ces supplétifs de souche européenne, que l’on peut quantifier actuellement à moins de 500 soient reconnus et indemnisés alors qu’ils s’éteignent les uns après les autres la rage au cœur d’avoir été trahis et abandonnés par ce pays qu’ils aimaient et croyaient à la réciprocité.
Christian MIGLIACCIO Président de l’U.N.L.A.S.

Président Union Nationale Laïque des Anciens Supplétifs
Contact : unlas@laposte.net