Français d'Algérie de Saïda se souviennent de Rouen pour l'accueil des Rapatriés d'Algérie en 1962
 
       
 
     

A Rouen, Alain Cazorla est avant tout connu pour avoir été l'ancien directeur commercial du Port autonome. Aujourd'hui installé à Marseille, toujours impliqué dans le commerce international, il n'a pourtant pas coupé les ponts avec la cité qui l'a accueilli à l'été 1962, en provenance de sa ville natale, Saïda en Algérie. Samedi 19 mai 2012, il sera de retour en Normandie pour quelques jours à l'occasion d'une journée organisée par l'amicale des Saïdéens.

Pied-noir, Rapatrié, il est issu de ces familles qui ont dû fuir à l'heure de l'indépendance algérienne, « sans rien, sans argent, sans aide », rappelle-t-il, sans colère, mais pas sans nostalgie. « A l'époque, il faut le dire, nous avons été abandonnés ». Pas par tous heureusement…

 
En novembre 1972, Joseph Génolini Président de l'Amicale des Saïdéens, inaugure stèle Rapatriés. DR
 
     
   
 

80 familles accueillies


A Rouen, le maire de l'époque, Bernard Tissot, et le préfet de Seine-Maritime, Pierre Chaussade, n'oublient pas les liens qui se sont créés avec cette petite ville, à 500 kilomètres à l'ouest d'Alger. Un jumelage récent qui les incite à faire le nécessaire pour accueillir plus de 80 familles dans des logements de l'agglomération.

Alain Carzorla s'en souvient. A l'époque, il a 13 ans et demi. Pour lui, le dépaysement n'est pas vraiment total. A l'été 1960, il a fait partie d'un petit groupe d'enfants venu en colonie de vacances à Caudebec-en-Caux. « Mais ce premier hiver a été si froid. C'était terrible pour nous qui n'avions pas de vêtements adaptés… » Avec ses parents et ses deux frères, il loge sur les Hauts de Rouen, dans l'immeuble de la « Banane ».

C'est du côté de ces habitants, de ses jeunes voisins, qu'il trouve le réconfort. « Les gens nous ont observés, sans nous rejeter. Puis petit à petit, ils nous ont ouvert leur porte. Je n'oublierai jamais cet accueil, cette chaleur. Aujourd'hui, cinquante ans après, nous voulons les remercier ».

Contre toute idée de récupération politicienne ou partisane, Alain Carzorla veut simplement honorer la mémoire de ceux qui leur ont tendu la main. « L'abbé Daubeuf en particulier qui a toujours œuvré pour les plus démunis et qui a toujours été d'un grand secours ».

Il appelle donc toutes les familles saïdéennes, leurs descendants, « mais aussi tous leurs amis quelle que soit leur origine », à se retrouver le matin à 10 h, au cimetière du Monumental, près de la stèle inaugurée le 1er novembre 1972 en hommage aux rapatriés de Saïda.
Puis à 11 h en mairie, avant d'aller à Mont-Saint-Aignan pour un déjeuner et un repas le soir.
Pour se souvenir. « Et pour dire tout simplement : merci… »

Plus d'infos au 04.67.64.00.38 et 06.85.91.66.57 ou amicaledesaida@orange.fr.


 
   
       
 
Source : http://www.paris-normandie.fr/article/rouen/rouen-souvenirs-de-saida