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Un Rapatrié d'Algérie déroule une banderole pendant la cérémonie des fnakistes de Bayonne " Honte aux accords d'Evian à cette cette cérémonie à la République et à De Gaulle ,
19 mars 1962 = crime d'état
."
 
 

Jean-Yves Barrère a attendu la fin de la cérémonie, le 19 mars 2010, au monument aux morts de Bayonne. Les anciens combattants de la guerre d'Algérie de la fnaca y célébraient la signature du cessez le feu après les accords d'Évian du 19 mars 1962.
Les haut-parleurs diffusaient « L'Algérie », de Serge Lama, au lieu et place des chants patriotiques habituels quand Jean-Yves Barrère. est apparu, au sommet des remparts.
Devant les regards incrédules, il a déployé une affiche barrée du mot « Honte » en gros caractères.
L'acte, s'inscrit dans la polémique sur la date de commémoration de la fin du conflit.

La Fnaca, organisatrice de la cérémonie bayonnaise, défend le 19 mars. Jour contesté en raison des milliers de morts survenus après le cessez-le-feu officiel. Le décret du 26 septembre 2003 voulait trouver une voie médiane et instituait le 5 décembre pour jour de recueillement.

L'auteur s'appelle Jean-Yves Barrère. Pied-noir, il a « bientôt 50 ans » et décrit « le calvaire de (sa) famille », son « exode ». Contacté hier, il a expliqué son geste : « J'ai fait ça pour que l'on se rappelle ces harkis, ces pieds-noirs, ces militaires français aussi, qui sont morts après le 19 mars 1962. La commémoration d'hier les nie. Pour moi, c'est un délit de trahison historique. La guerre d'Algérie a fait plus de morts après qu'avant les accords d'Évian. » La date légale du 5 décembre ne « plaît pas » à Jean-Yves Barrère. « Mais au moins, elle reconnaît ces morts. »
Jean-Yves Barrère a mûri son opération jusqu'à consulter son avocat, pour en mesurer les risques. Son intervention a provoqué la stupéfaction parmi le public de la cérémonie. Le président départemental des Fnakistes, Robert Graça dénonce « une image choquante », qu'il « préfère traiter par le mépris ».
Un autre ancien combattant présent Fnakiste confiait : " Vous savez, on se demandait ce qu'on faisait là. Nous voulions tous l'arrêt de la guerre."