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- Revue de presse N° 320
- 2018 - {2003- 2018 - 15ème année}
- Articles du 16 novembre

 


 

https://actu.fr/ile-de-france/eragny_95218/val-doise-eragny-sur-oise-si-long-voyage-poilu_19574124.html

Val-d’Oise. Éragny-sur-Oise : le si long voyage du poilu


Au cœur du cimetière d'Éragny (Val-d'Oise), un poilu à l'histoire singulière se dresse sur le monument aux morts. Né sous le soleil d'Algérie, il a été rapatrié en France en 1962.


Publié le 15 Nov 18 à 16:31

Un long voyage l’a mené jusqu’à ce cimetière d’une petite ville de banlieue dénommée Éragny-sur-Oise (Val-d’Oise). Depuis 1968, un poilu à l’histoire singulière se dresse fièrement sur le monument aux morts de celui qu’on appelle le nouveau cimetière d’Éragny-sur-Oise, par opposition au cimetière du village.

 

Jusqu'en 1962, le poilu du cimetière d'Éragny-sur-Oise était installé à Mondovi, en Algérie. Il fut rapatrié en France à l'indépendance.

 

Jusqu’en 1962, le poilu du cimetière d’Éragny-sur-Oise était installé à Mondovi, en Algérie. Il fut rapatrié en France à l’indépendance. (© La Gazette du Val-d’Oise)

Ce poilu « au repos », qualificatif utilisé à l’époque de la Grande Guerre pour caractériser un homme courageux et ne reculant devant aucun danger, a longtemps, depuis son piédestal, dominé le square de Mondovi, ville située à l’Ouest de l’Algérie et rebaptisée Dréan à l’indépendance, en 1962.


Lié à jamais à Albert Camus


Érigés le 22 avril 1922 pour honorer les soldats tombés pour la France pendant la Première Guerre mondiale, le poilu et son fidèle fusil Lebel de 1890 seront rapatriés en France en 1962. Le poilu de Mondovi dormira pendant quelques années au fond d’un hangar avec quelques autres de ses frères d’armes avant qu’en 1968 un ancien combattant d’Éragny-sur-Oise ne redonne un sens à sa vie en l’installant au cimetière.

Depuis, chaque année, il est le témoin de toutes les cérémonies commémoratives. Ce dimanche 11 novembre, jour du centième anniversaire de l’armistice de 1918, le poilu de Mondovi était encore en première ligne, entretenant son indéfectible lien avec Albert Camus.

Parmi la liste des Morts pour la France de 14-18 gravée sur le socle de ce poilu venu d’Algérie figure en effet le nom de Lucien Camus, qui n’est autre que le père du célèbre écrivain pied-noir né le 7 novembre 1913 à Mondovi, Algérie française.

Jérôme Cavaretta La Gazette du Val d'Oise


Contributeur

https://www.nicematin.com/politique/nicolas-sarkozy-invite-au-coeur-de-la-melee-277307

Nicolas Sarkozy invité au coeur de la bataille


PAR THIERRY PRUDHON Mis à jour le 15/11/2018 à 05:20 Publié le 15/11/2018 à 05:20

Nicolas Sarkozy à Nice, le 26 avril 2016. L'accueil des militants LR niçois avait alors laissé penser qu'il pouvait remporter la primaire de la droite…
Nicolas Sarkozy à Nice, le 26 avril 2016. L'accueil des militants LR niçois avait alors laissé penser qu'il pouvait remporter la primaire de la droite… Jean-François Ottonello

L'ex-Président sera à Nice, demain, pour inaugurer deux rues en mémoire de Charles Pasqua et Philippe Séguin. Une visite dans un contexte local à couteaux tirés chez Les Républicains


Un ancien président de la République pour baptiser deux rues. Nicolas Sarkozy est attendu demain à Nice pour inaugurer (à 11 heures) les voies Charles-Pasqua et Philippe-Séguin, de part et d'autre de l'ancienne gare du Sud réhabilitée.
Cet hommage à deux figures du gaullisme de la fin du XXe siècle prend un tour particulier dans le contexte politique actuel.

Pierre Debizet
Pierre Debizet

Lui se défend de toute velléité de retour sur le devant de la scène. « La politique, c'est fini », répète à qui veut l'entendre Nicolas Sarkozy. Mais à l'heure où Les Républicains sont toujours embourbés dans l'ornière où ils se sont fourrés en 2017, d'aucuns se remettent à penser qu'il pourrait avoir la gueule de l'emploi : celle du boss, voire du sage, que Laurent Wauquiez n'est pas, jusqu'ici, parvenu à incarner.
Nice la sarkozyste


Quel meilleur point de départ alors que la très sarkozyste Nice, et plus généralement les Alpes-Maritimes où l'ancien chef de l'Etat avait enregistré ses meilleurs scores en 2007 (68,08 % au 2e tour) comme en 2012 (64,23 %) ? En 2016 encore, venu dédicacer son livre La France pour la vie, avant la primaire de la droite, il y avait attiré des files de supporters enamourés longues comme un jour sans pain au jardin Albert-Ier.
Par-delà les supputations sur une éventuelle tentation de come-back, cette visite de Nicolas Sarkozy intervient surtout dans un climat local volcanique. Sa venue est incontestablement un joli coup pour Christian Estrosi, qui doit faire face à la menace de plus en plus pressante d'Éric Ciotti, en vue de l'élection municipale de 2020.
Mi-octobre, ce dernier lui a succédé à la tête des Républicains des Alpes-Maritimes. Sans combattre, Christian Estrosi ayant choisi de ne pas se représenter… Conscient que le noyau dur des Républicains azuréens s'inscrit sur une ligne ciottiste très à droite. Pour les postes de délégués de circonscription, où la bataille a eu lieu entre proches de Christian Estrosi et d'Éric Ciotti, ces derniers l'ont également très largement emporté. Même si plusieurs recours ont été déposés par les battus, qui jugent les résultats trop marqués pour être totalement crédibles.
Estrosi fait du « en même temps »
Quoi qu'il en soit, Christian Estrosi, très macronien pour le coup, a entrepris de garder tous ses fers au chaud. Il fait du « en même temps ». S'il clame haut et fort être au-dessus de la mêlée politicarde et n'avoir de comptes à rendre qu'aux Niçois, il n'entend pas se couper de sa famille de toujours. La venue de l'ancien chef de l'État constitue, à ce titre, une prise de guerre symbolique.
 « Nicolas Sarkozy reste la plus grande autorité morale sur l'héritage gaulliste. Il a marqué la vie politique française et il est le seul leader de ma génération dans lequel je me suis vraiment reconnu », se plaît à souligner le maire de Nice.
Lequel, en date du 7 novembre, a adressé à Éric Ciotti un courrier pour l'inviter à « l'apaisement, dans l'intérêt de la ville ».
Le député niçois fustige, quant à lui, le double jeu d'un maire qui tend la main de façon très médiatique, tout en multipliant les chicaneries envers les élus ciottistes au sein des collectivités locales azuréennes.
Double fracture
La querelle personnelle entre deux hommes qui se sont tant aidés mutuellement, dans une intimité longtemps quasi quotidienne, et se vouent désormais une haine farouche, se double d'évolutions politiques : l'un plus ou moins recentré, l'autre toujours campé sur un credo de droite sans concession.
L'incompréhension est aujourd'hui totale, épidermique.
Christian Estrosi ne comprend pas qu'Éric Ciotti puisse se mettre en travers de sa route, alors qu'il lui a mis le pied à l'étrier en l'imposant, en 2008, à la tête du Département, après l'avoir recruté au début de sa carrière comme attaché parlementaire, et qu'ils ont cheminé de conserve près de trente ans durant.
Pour sa part, Éric Ciotti, qui se fait fort d'avoir une colonne vertébrale idéologique, est insupporté par les va-et-vient tactiques de son ancien mentor, qu'il juge par ailleurs trop prompt à engager l'argent public sans parcimonie, stigmatisant l'endettement de Nice.
La rupture de 2015
En 2015, Nicolas Sarkozy avait semble-t-il déjà arbitré le conflit naissant en imposant Christian Estrosi comme candidat LR à la Région.
C'est à ce moment-là que la rupture Estrosi-Ciotti a entrepris de vraiment se consommer.
Nul doute que chaque mot, chaque mimique de l'ancien Président, seront disséqués demain. Chacun scrutera à quel degré il s'engagera, ou pas, entre deux personnalités qui lui ont été très fidèles et que tout sépare à présent.
À commencer par l'unique fauteuil de maire de Nice.


Le tweet

« La Ville de Nice, en honorant Charles Pasqua, se déshonore elle-même. Baptiser une rue à son nom revient à cautionner des actes délictueux, faire fi de la justice et banaliser la corruption. A Nice aussi, la politique nécessite d’un minimum d’éthique. #Niceo6 ^Corruption #Pasqua»

David Nakache, président niçois de Tous citoyens !, hier, 8 h 52.

Une vue dans la campagne d’Auriol (près d’Aubagne) de la bastide « la Dourronne », domicile de la famille Massié assassinée par un commando du SAC sur ordre « venu d’en haut ». Photo felix rigaud

Une vue dans la campagne d’Auriol (près d’Aubagne) de la bastide « la Dourronne », domicile de la famille Massié assassinée par un commando du SAC sur ordre « venu d’en haut ».


https://www.alg24.net/france-maintient-alerte-cholera-algerie/

La France maintient son alerte au choléra pour l'Algérie - ALG24

15 novembre 2018 (oubli)

 

https://www.alg24.net/wp-content/uploads/2018/10/chol%C3%A9ra.png

 

Algérie – Les ressortissants français en voyage en Algérie sont toujours appelés à prendre leurs précautions devant l’existence d’une épidémie du choléra.
Le ministère français des Affaires étrangères a republié aujourd’hui, mercredi 14 novembre, son appel à la vigilance quant à la propagation du choléra en Algérie.
C’est dans la rubrique « Conseil voyageurs » que la Diplomatie française a relancé cette alerte, alors que selon la version officielle algérienne, le choléra est éradiqué depuis deux mois.
En effet, pour le ministère de la santé, aucun nouveau cas de l’épidémie n’a été enregistré depuis début septembre. Cependant, la republication de cette alerte coïncide avec la décision, par le bureau d’hygiène de Tipaza, de reporter la réouverture de la source de Sidi Lekbir (à l’origine de l’épidémie), initialement prévue pour dimanche dernier.


https://www.alg24.net/wp-content/uploads/2018/11/chol%C3%A9ra3.png

 


 

https://www.liberte-algerie.com/radar/la-mission-des-heritiers-des-francais-dalgerie-en-debat-303661

CINQUIÈME COLLOQUE DU CERCLE ALGÉRIANISTE
La mission des héritiers des Français d’Algérie en débat

https://cdn.liberte-algerie.com/images/article/thumbs/d-la-mission-des-heritiers-des-francais-dalgerie-en-debat-344bf.jpg


 La mission des héritiers des Français d’Algérie, nés après l’indépendance en 1962, sera au centre des débats du cinquième colloque du cercle algérianiste du Gers qui se déroulera au théâtre de Condom les 16, 17 et 18 du mois en cours, sous le thème “Remettre l’histoire à l’endroit, la difficile mission des héritiers des Français d'Algérie”. En plus des conférences et des tables rondes, des projections de films et des festivités seront au programme de cette rencontre.


http://www.lexpressiondz.com/actualite/303926-un-trait-d-union-entre-les-deux-rives.html

ARNAUD MONTEBOURG À LA TÊTE DE L'ASSOCIATION FRANCE-ALGÉRIE


Un trait d'union entre les deux rives !


Par Mohamed TOUATI - Jeudi 15 Novembre 2018 00:00

Le nouveau président de l'Association France-Algérie en Algérie en famille en janvier 2017


Le successeur de Jean-Pierre Chevènement a affiché ses origines algériennes et les nombreux liens qui le rattachent à l'Algérie.
Les relations algéro-françaises qui n'ont jamais été un long fleuve tranquille ont besoin de passerelles pour s'inscrire dans une aire géographique qu'elles ont en partage. Assumer une histoire commune, dramatique, dont les blessures ne se sont pas cicatrisées.
Plus de 130 années de colonisation féroce ont traumatisé les mémoires. En ce sens, Arnaud Montebourg constitue une pièce maîtresse précieuse pour en atténuer les séquelles, une assurance pour l'édification d'une amitié exceptionnelle entre les peuples, algérien et français, d'une coopération de premier ordre qui doit assurer leur bien-être.

Il présente le profil tout indiqué du trait d'union qui doit constituer un pont solide entre les deux rives. Une garantie dûment estampillée pour le partage d'un devenir partagé. Le discours du nouveau président de l'Association France-Algérie est en ce sens éloquent. « Par ma famille, mais aussi par mon action en faveur de la coopération industrielle franco-algérienne quand j'étais ministre de l'Economie, des liens multiples m'attachent à l'Algérie», a déclaré d'emblée le successeur de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de la Défense et l'Intérieur de François Mitterrand, qui a émis le voeu de raffermir les liens de coopération entre la France et l'Algérie. « Au moment où les deux rives de la Méditerranée paraissent s'écarter l'une de l'autre, devant les périls du fondamentalisme au Sud, ceux de la xénophobie au Nord, nous voulons maintenir les liens de coopération entre nos deux sociétés», a déploré l'ex-ministre de l'Économie, du redressement productif et du Numérique de François Hollande. « Il y a tant à faire», a-t-il souligné comme pour indiquer que le chemin est encore long pour aboutir à des relations apaisées, mais les opportunités pour y parvenir ne manquent pas. « L'Association le poursuivra, continuera à éviter toute ingérence dans les questions politiques, que ce soit en Algérie ou en France », a assuré l'ancien candidat à la primaire citoyenne qui devait désigner le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle de 2017.
Son installation à la tête de l'AFA s'est déroulée le 13 novembre à Paris, en présence de Belkhir Belhaddad, député de Moselle, Fadila Khattabi, députée et présidente du Groupe d'amitié France-Algérie à l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Chevènement, Édith Cresson, ancien Premier ministre et d'autres personnalités., rapporte une dépêche de l'APS datée d'hier.
L'Association France-Algérie a été fondée le 20 juin 1963, à l'initiative de l'ethnologue et résistante française Germaine Tillion.Elle a réuni de nombreuses personnalités françaises qui avaient en commun la conviction profonde que l'accession de l'Algérie à l'indépendance pouvait établir entre les deux États et les deux peuples une ère nouvelle de relations faites d'estime et d'amitié. Arnaud Montebourg est appelé à en perpétuer l'esprit.



https://ripostelaique.com/reflexions-ameres-sur-larmee-francaise-lindochine-et-lalgerie.html

Réflexions amères sur l’armée française, l’Indochine et l’Algérie


Publié le 13 novembre 2018 - par Jacques Colé

https://ripostelaique.com/wp-content/uploads/2017/11/DienBienphu.jpg
En commentaire de l’article de M. Guillemain sur l’hommage à M. Hô Chi Minh

 

Je ne porte pas non plus dans mon cœur les interventions hypocrites et policées de notre Premier ministre et je doute de la sincérité de ses propos lors de sa visite au Vietnam. Mais il s’agit là d’un formalisme diplomatique auquel tous sont habitués.
En revanche, je suis assez ébahi de la conventionnalité momifiée de votre adresse à Édouard Philippe, qui renvoie à un autre temps, celui d’errements inimaginables, à une idéologie mortifère et manipulatrice et qui, pour tout dire, est articulée autour de jugements primaires, largement infondés, et totalement aporétiques.
Car, à quoi peut donc servir de se lancer une fois de plus, au sujet de la guerre d’Indochine, dans une avalanche de chiffres de l’horreur dont vous êtes parfaitement placé pour savoir qu’ils sont partiaux, à sens unique, et peuvent être débattus et échangés à l’infini. En tant que militaire, vous devriez être accoutumé à la destruction aveugle et savoir parfaitement qu’elle est inhérente à la guerre de porter en elle de tels désastres que vous camouflez derrière les hauts faits d’armes. Vous savez mieux que quiconque que, même derrière le geste héroïque de Pierre Clostermann rampent les fantômes de Dresde, de Hambourg, de Tokyo et de tant d’autres… Je ne commettrai pas la même erreur que vous en listant les chiffres qui nous sont imputables en Indochine, en l’occurrence, mais j’ajouterai que, venant de la « patrie des droits de l’Homme », ils étaient porteurs d’une infamie hypocrite plus grande encore. Et si leur litanie est parfois plus brève que celles d’autres nations, cela n’est souvent dû qu’à l’incapacité technique de « nos forces ». Il est clair cependant, je vous en donne acte, que l’odyssée des prisonniers français de Dien Bien Phu n’est pas l’acte le plus glorieux de l’armée du Vietminh. Mais pour mieux en comprendre le contexte, peut-être faut-il lire le récit du Général Giap[1] .
S’agissant des faits coloniaux, de « l’Indochine » à l’Algérie en passant par Madagascar, il est à craindre que, si l’on mettait tout à plat (ce qui est fait dans nombre de documents), il apparaîtrait que nos faits de guerre ne démontrent pas une grande humanité. Mais il est vrai que, dans nombre de cas, les victimes n’étaient pas de courageux soldats mais des populations peu aptes à se défendre, ce qui rend sans doute leur disparition plus supportable… voire justifiée, comme le stipulait le règlement de l’armée allemande. Au reste, le Général Giap qui défit « nos armées » était mû, on le sait, par la rancœur de la disparition de sa femme et de sa belle-sœur, l’une dans les geôle françaises, l’autre sous la guillotine… certaines inhumanités se payent.
De même, il est assez stupéfiant de vous voir ressasser encore cette platitude des apports de la France à ses colonies. Argument indéfiniment discutable et dépendant du point de vue adopté.
On peut d’abord remarquer la fausseté du récit sur une « empreinte française toujours bien présente » dans « l’ex-Indochine française ».
Lors d’un récent voyage à travers le Vietnam, je notai en effet dans mon carnet de route :
« Or de traces, il n’y a guère, pour ne pas dire plus du tout.
Bien sûr quelques villas bâties par des Français aisés subsistent dans les beaux quartiers. Mais leurs habitants les ont converties pour les rendre utiles à leurs activités, ouvertes sur la rue, surélevées de plusieurs étages pour y loger leur famille…
La langue française fut pendant quelques décennies la langue des puissants, des autorités, des institutions, la langue des maîtres au fond. Mais cette langue n’a pas durablement influencé le pays, et l’on chercherait vainement des jeunes gens en connaissant quelques bribes. Les musées mêmes ont omis de traduire leur descriptions dans notre langue, et s’ils les ont traduites, c’est en anglais… et la culture de notre pays ne transparaît que dans les fameuses « french fries ». Quelques rares grands hommes de France ont l’honneur d’une rue : Louis Pasteur, Alexandre Yersin, Alexandre de Rhodes… Ce ne sont ni des colons, ni des administrateurs, ni bien sûr des chefs de guerre. Le « pont Doumer » lui-même n’a pas conservé ce nom, préférant se passer de sponsors pour sa rénovation.
Les routes actuelles, diront certains, empruntent les parcours tracés par la France… Certes, mais ceux-ci reprenaient eux-mêmes les sentiers séculaires des dynasties Ly, Le ou Tran…

Le souvenir de la présence française, de la « guerre d’Indochine » même, dilué par l’Histoire, par l’obstination et la force destructrice mobilisées par les USA  s’est étiolé. Cet épisode quasi anecdotique représente moins de 100 ans dans une histoire millénaire où l’adversaire perpétuel, ainsi que le fondement culturel essentiel, fut la Chine et non l’Occident.
Dien Bien Phu, que j’ai tenu à voir et qui fit l’actualité majeure des années 50 et 60, ne retient rien de la France. Plaques commémoratives, musées et sites ne rédigent pas même leurs explications en français. Et ils ont bien raison, car les Français eux-mêmes, pressés d’oublier l’épisode, ne détournent pas leur chemin pour y venir et le lieu semble n’intéresser que des Chinois.
La colline Béatrice, haut-lieu de la « résistance héroïque de la Légion » autant que du « courage légendaire des bodois », ne mérite pas une pancarte ; il faut un GPS pour la trouver, et le chauffeur de taxi à qui nous demandons de nous y mener la confond avec le « Touristic resort » de Him Lam. »
Le paradoxe est donc que le legs essentiel de la France semble résider dans les idées des philosophes des Lumières et dans la geste de la Révolution française ; ces idées mêmes qui ont nourri les indépendantistes vietnamiens, de Nguyen An Ninh à Hô Chi Minh en passant par Vo Nguyen Giap. Nous aurions dû nous en enorgueillir, c’était un honorable présent…
On peut ensuite poser la question de la manière suivante : si la démarche de la France était une mission civilisatrice des peuples « indigènes », son but aurait alors été d’« élever » ces populations et son effet devrait aujourd’hui se mesurer en termes d’émancipation desdits peuples, en termes d’autonomie culturelle, scientifique, technique, politique, sociale. Or, le moins qu’on puisse dire est que la marche de cette émancipation ne plaide guère en faveur de notre action[2] , vers quelque ancienne colonie que l’on porte le regard, et singulièrement l’Algérie, ci-devant « département français ». Il est singulièrement aveugle, lorsqu’on mentionne les apports de la « colonisation », d’oublier qu’après plus d’un siècle d’« Algérie française », le taux d’alphabétisation de ce département atteignait en 1962 le chiffre peu glorieux de 15 % et que l’Algérie indépendante, pour créer son propre système d’éducation, dut encadrer ses classes presque exclusivement à l’aide d’enseignants coopérants[3] .
On peut bien sûr comprendre la douleur, les souffrances, l’humiliation, voire le sentiment de trahison des militaires embarqués dans les aventures coloniales. On peut aussi connaître leur courage, leur héroïsme, leur ténacité et la fraternité qui les liait. Mais rien de cela ne leur économise de se demander pour quel combat ils se sont sacrifiés, quel rôle ils y ont joué et quel est le sens de l’Histoire. Or, vous n’avez pas brillé par ces qualités intellectuelles et morales et vous vous êtes fourvoyés avec une pathétique obstination. Celui que vous traitez d’assassin, combattant de près d’un demi-siècle pour l’indépendance de son pays, est révéré car il était le sens de l’Histoire. Et comme le déclara le général Giap, Dien Bien Phu, c’était Valmy ; et VOUS auriez dû le comprendre.
La défaite d’Indochine, pas davantage que celle de l’Algérie, n’est pas, comme vous le répétez pour vous rassurer, due aux gauchistes, aux cryptomarxistes, aux politiques ou aux traîtres à la patrie. Elle est due à l’incompétence de vos chefs révérés[4] , incapables d’analyser la situation, aveuglés par leur superbe et leur condescendance à l’égard de leur ennemi. Par bonheur, l’honneur de l’armée et de ses chefs fut sauvé par la résistance désespérée de la garnison… L’issue découla de votre incompréhension de l’Histoire et, peut-on dire, de l’aveuglement stratégique[5] .
Plus tard, auriez-vous gardé à la France l’Algérie française, que feriez-vous aujourd’hui des 40 millions d’êtres qui l’habitent, alors même que ceux qui sont aujourd’hui en France vous paraissent déjà bien trop nombreux et inassimilables ?
Puis, voici l’inévitable paragraphe sur les paroles qui « salissent notre armée », paragraphe qui fleure bon son affaire Dreyfus et rappelle que, pour vous, la question n’est pas de savoir quelle est la vérité, mais de savoir si elle honore ou non votre institution. Mais il eût fallu y penser avant et c’est son honneur, précisément, qui eût dû vous guider. Les horreurs imputables au FLN, au Vietminh ou à n’importe quel adversaire n’effaceront jamais les taches que vous avez laissé souiller vos uniformes ; vous n’êtes plus dans une cour de récréation et c’est l’Histoire qui vous juge.
Puis, voici enfin le rappel de la grandeur de la guerre de 14-18, censée vous laver de tous les lamentables échecs guerriers qui ont parsemé votre Histoire récente, notre Histoire récente, et où vous avez entraîné ou laissé entraîner notre pays. Jurant en 1870 qu’il ne manquait pas un bouton de guêtre, en 14 que les mitrailleuses allemandes tiraient trop haut, en 1940 que la ligne Maginot… et à Dien Bien Phu que le Vietminh était incapable d’utiliser des canons et d’entretenir une armée.
La Grande Guerre est en effet votre principal alibi, votre grand titre de gloire. Alors que, là aussi, vous frôlâtes la catastrophe et ne l’évitâtes qu’au prix du sang de tant de soldats, obérant lourdement l’avenir du pays privé de tous ces jeunes hommes. Car, comme le dit Jules Roy, « à la guerre, les erreurs des chefs se payent du sang des soldats ».
Alors, là encore, pour sauver l’honneur d’une armée dont les chefs ont administré et géré la tuerie de plus d’un million de jeunes hommes et ont, de concert avec leurs homologues, accepté de conduire le suicide de l’Europe entière, il ne vous reste qu’à vous arc-bouter sur vos récits odieux qui, 100 ans plus tard, nous parlent encore des héroïques soldats qui ont donné leur sang pour la patrie et des grands maréchaux « artisans de la victoire ».
Les soldats, pour nombre d’entre eux, n’ont pas « donné » leur sang. On le leur a pris. Les « artisans », eux, sont morts dans leur lit.
Se souciaient-ils de la patrie, de l’Alsace-Lorraine, ceux des villages reculés des Alpes, de la Lozère, du Maroc ou du Sénégal ? Avant toute chose, ils n’avaient pas le choix.
Étaient-ils à leur place, les « maréchaux » arrachant la « victoire » à ce prix, après n’avoir rien anticipé, rien compris à ce qui attendait leurs armées, bien trop soucieux de leur propre gloire ? Étaient-ils à leur place et glorieux, ces chefs qui ne prirent en compte l’hécatombe qu’ils dirigeaient que lorsqu’ils réalisèrent que le « réservoir d’hommes » dont ils disposaient serait bientôt épuisé ?…
Il est d’ailleurs confondant de voir dans quel pétrin vous vous trouvez, en glorifiant les maréchaux, lorsque paraît le nom de Philippe Pétain, le plus glorieux, le plus populaire d’entre eux, le « vainqueur de Verdun » (y en eut-il un ?). Où donc ranger cet homme-là, ici artisan de la victoire, là traître à la patrie, condamné à mort mais non exécuté, sauvé par une justice ayant plus de mansuétude pour un chef responsable des pires heures de la nation et de sa faillite morale[6] que pour le malheureux poilu assoupi pendant son tour de garde. Ennuyeux, n’est-ce pas ?[7]
Alors, vous pouvez bien agonir le Premier ministre salissant votre armée, mais reconnaissez au moins à ce gouvernement d’avoir devancé vos vœux en interdisant à nouveau, sinistre ridicule, la chanson de Craonne. Celle qui dit la parole des soldats et leur désespoir, mais qui a le grand tort de le dire car c’est vous qui entendez encore, 100 ans plus tard, parler à leur place dans une tentative odieuse de perpétuer vos mythes.
Alors que reste-t-il aujourd’hui comme mission à cette grande Armée ? Vous avez la pathétique candeur de reconnaître que c’est dans le maintien de l’ordre qu’elle trouvera son rôle. Cela signifie-t-il que c’est dans les banlieues où, pensez-vous, résident les séditieux qui menacent l’ordre de vos maîtres, que vous saurez retrouver les réflexes acquis jadis dans le département d’Algérie ?
Quoi qu’il en soit, votre incise redonne vie au célèbre et malencontreux discours de madame Alliot-Marie, avouant elle aussi qu’au fond, les « forces de l’ordre »[8] sont avant tout destinées à perpétuer le pouvoir des classes dirigeantes. Et votre formule est d’ailleurs surprenante, qui accepte d’emblée ce rôle supplétif et oublie la collusion éternelle de vos chefs avec ledit pouvoir…
Jacques Colé
[1] Comme le déclara plus tard un chef  FLN : « Donnez-nous vos avions de guerre, nous vous laisserons nos couffins piégés. »
[2] Exception faite précisément du Vietnam, qui s’est élevé du rang d’un « peuple de coolies » à celui d’une nation dynamique dans le cadre même que vous vous obstinez à criminaliser.
[3] Pour le taux d’alphabétisation de l’Algérie en 1962, voir https://www.persee.fr/doc/camed_0395-9317_1972_num_4_1_1678, page 64. Voir aussi : http://www.blida-aps.dz/spip.php?page=imprimer&id_article=3219
[4] D’ailleurs conduits devant une commission d’enquête qui chargea le second responsable, sans conséquence…
[5] Le chef du corps expéditionnaire, semble-t-il, mit longtemps à comprendre, ou à admettre, que la perte de Dien-Bien Phu signait, aux yeux de tous les peuples et gouvernements de la planète, la défaite de l’armée française en Indochine… Il est vrai que le général Westmoreland commit, quelques années plus tard, la même erreur d’analyse.
[6] Je ne parle pas ici de l’armistice. Mais de l’ignominie d’avoir accepté de livrer à l’ennemi, qui venait d’envahir notre pays, des citoyens français, pour cause de race, d’opinions politiques ou, ironie cruelle, de faits de résistance…
[7] Et là encore, vous pouvez reconnaître à M. Emmanuel Macron d’avoir tenté de remonter l’homme sur son piédestal.
[8] Auxquelles l’on vous joint volontiers dans les cas graves.


http://www.lexpressiondz.com/autres/contributions/303917-une-croustillante-histoire.html

LE CHEVAL DANS LA DIPLOMATIE


Une croustillante histoire

Par Jean-Louis Gouraud - Jeudi 15 Novembre 2018 00:00

Si le fait d'offrir un cheval a été souvent un moyen diplomatique assez efficace, une bonne façon de se concilier les bonnes grâces d'un concurrent, ou de se réconcilier avec un adversaire, il est arrivé au moins une fois que cela déclenche au contraire une véritable crise politique.

Lorsque le président Mao Tsé-toung, soucieux de réchauffer les relations - jusqu'ici glaciales - entre son pays, la Chine, et les États-Unis, offrit au président américain Richard Nixon, venu lui rendre visite (c'était en 1972), un couple de ces gros oursons qui ressemblent à des peluches portant des lunettes de soleil, on se mit à parler d'une « diplomatie du panda ».

Deux siècles auparavant, se pratiquait en Chine une autre façon de témoigner sa bonne volonté et son désir de nouer de bonnes relations: en offrant non pas des nounours, mais des chevaux. Le musée Guimet, à Paris, possède un splendide rouleau panoramique dû à un peintre de cour montrant ainsi l'empereur Quianlong, sous le règne duquel la Chine connut son apogée (c'était au XVIIIe siècle), recevant trois magnifiques chevaux des mains d'ambassadeurs kirghizes ou kazakhs venus faire allégeance. Ainsi, lorsque le président Macron, croyant sans doute bien faire, offrit récemment (en janvier de cette année) au président Xi Jinping un cheval, certaines mauvaises langues - dont la mienne - se demandèrent si le président français avait ainsi voulu marquer son allégeance au président chinois. Sans doute pas, mais à cette ambiguïté s'ajouta dans cette affaire une maladresse: le cheval offert, prélevé sur les effectifs de la Garde républicaine (qui est d'environ quatre cents chevaux) en effet, était un hongre! Or, entre souverains et hommes de cheval, on le sait bien, on ne s'offre que des chevaux entiers.

Donner un cheval qui ne peut pas reproduire, équivaut à refiler une pendule qui ne marque pas l'heure: c'est presque une insulte. Heureusement, il semblerait que le président chinois se soit montré malgré tout très satisfait du cadeau, ce qui tendrait à prouver qu'en Chine aussi, les bons usages se perdent.

Dans le cas d'Emmanuel Macron, on avait eu déjà la preuve de son manque d'éducation en la matière lorsque, à peine élu, il avait réservé sa première visite en dehors de France au corps expéditionnaire envoyé au nord du Mali pour tenter d'en éradiquer la menace islamiste.

Apprenant cette visite, le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta - dit IBK - était venu à la rencontre du président français, qui avait fait poser son avion non pas à Bamako, la capitale, mais à Gao, la principale ville du nord. Pour honorer son hôte, le président malien non seulement fit l'effort de le rejoindre à Gao, mais lui proposa un bel étalon gris de race locale. Ce que Macron - je ne sais pas en quels termes exactement - refusa. Gentiment, j'espère !

Autrefois, ce genre d'affront aurait provoqué une rupture des relations diplomatiques. Cette histoire me rappelle un peu celle du cheval offert au milieu du XVIIIe siècle par le bey de Tunis, Hussein Ben Ali, au roi de France, Louis XV. Une histoire bien connue, puisqu'elle a été merveilleusement racontée (et enjolivée) par deux grands écrivains populaires : Eugène Sue en 1846 et Maurice Druon en 1957.

L'animal, appelé Scham, n'avait pas eu l'heur de plaire à Louis XV, qui avait ordonné d'en débarrasser ses écuries. La pauvre bête se retrouva alors sur le pavé parisien à tirer une carriole, jusqu'à ce qu'un Anglais, de passage à Paris, discerne un formidable potentiel dans la misérable haridelle qu'était devenu ce cheval.

Pour une poignée d'avoine, il l'achète, l'amène à Londres où, après mille péripéties, le bestiau se retrouve dans le haras d'un aristocrate passionné de courses, Lord Godolphin. L'endroit est prestigieux, mais Scham y est relégué au simple rôle de souffleur.

On disait, à l'époque, agaceur, ou boute-en-train. Un job assez frustrant : il s'agit pour le cheval d'aller renifler l'arrière-train d'une jument afin de déterminer si la dame est disposée, ou non, à recevoir l'hommage d'un étalon.

Si c'est non, la femelle proteste vigoureusement en décochant à celui qui la renifle quelques belles ruades. Si c'est oui, on ramène le malheureux souffleur à l'écurie, pour laisser la place à un étalon de prix, auquel on ne voulait pas faire prendre le risque d'un coup de pied malencontreux.

Un jour, il faut le comprendre, Sham finit par se révolter. Rompant ses liens, il alla honorer une belle alezane qui passait par là.

De cette union imprévue naquit onze mois plus tard un poulain extrêmement rapide à la course. Du coup, si je puis m'exprimer ainsi, le propriétaire débaptisa Scham pour lui donner son propre nom, Godolphin, et devint le principal reproducteur de son élevage, ainsi que l'un des fondateurs d'une race appelée à un bel avenir, que les Britanniques ont le culot d'appeler le « pur-sang anglais ».

Souffleur: ce fut le triste sort réservé deux siècles plus tard à un autre cheval venu d'Afrique du Nord.

Nous sommes en 1975, l'Algérie a conquis son indépendance depuis une douzaine d'années lorsqu'enfin le président de l'ancienne métropole s'y rend en visite officielle. C'est un événement, que le président algérien de l'époque, Houari Boumediene, veut marquer d'un geste solennel.

Bien que simple fantassin et n'ayant jamais mis ses fesses sur un cheval, il connaît la haute valeur symbolique qu'on accorde, dans le Monde arabe, au don d'un cheval : c'est un geste de confiance et d'amitié.

Il ordonne donc de trouver dans ce qui reste d'un cheptel largement décimé par la guerre et par l'épidémie de peste équine qui frappa le pays dans les années 1966-1967, un bel étalon à offrir au président Giscard d'Estaing.

 

 

 

On en trouve un, dénommé Ouassal, un barbe pur, typique de sa race, gris, 1 m 54 au garrot, âgé de 6 ans. Plus embarrassé que honoré par cet encombrant cadeau, le président français en confie la garde aux Haras nationaux, qui ne savent trop qu'en faire, la race n'étant plus reconnue en France depuis 1962, c'est-à-dire la fin de la guerre d'Algérie et la dissolution des derniers régiments de spahis.

Alors on le relégua, le malheureux, au rôle un peu humiliant de simple renifleur... jusqu'à ce que, quinze ans plus tard, et donc en 1989 ou 1990, la race soit à nouveau reconnue (et je me flatte d'y être pour quelque chose!) en France.

Voilà alors le brave Ouassal, qui n'est plus tout à fait jeune - il a un peu plus de vingt ans -, mais est encore vigoureux, autorisé enfin à saillir des juments en toute légitimité. A sa troisième saillie, le 1er janvier 1991, son coeur s'arrête brutalement.
Mort d'émotion, sans doute. Loin d'être oubliée, cette triste histoire a connu ces dernières semaines un rebondissement inattendu. Dans un ouvrage intitulé « Le soleil ne se lève plus à l'est » (Plon, 2018), Bernard Bajolet, l'ancien patron de la Dgse - les services français secrets - raconte ses souvenirs de diplomate.

 

Il a de quoi raconter, en effet, ayant été en poste, avant de diriger le Renseignement extérieur, à Sarajevo, Ammam, Alger, Bagdad et Kaboul. Evoquant son premier poste en Algérie, comme simple attaché d'ambassade, il raconte que (je cite) « c'était fâché que j'avais quitté l'Algérie de ce premier séjour en 1978». Fâché pourquoi ? Parce qu'on ne l'avait pas autorisé à emmener avec lui un cheval dont il s'était entiché, « un superbe étalon barbe à la robe blanche et aux crins argentés», appelé Qalbi, ce qui en arabe, précise-t-il, signifie Mon coeur: «Les autorités refusèrent, raconte-t-il, de m'accorder le permis d'exportation en dépit de multiples démarches, sous le prétexte que ce cheval appartenait à une race protégée.»

Ces explications ont aussitôt déclenché dans la presse algérienne une vague de protestations d'autant plus véhémentes que Bernard Bajolet, dans d'autres passages de son livre, n'est pas tendre pour le régime algérien: «S'il semble avoir laissé son coeur en Algérie, écrit non sans ironie la journaliste Ghania Oukazi dans Le Quotidien d'Oran, en enjambant l'histoire, Bernard Bajolet a dû même y laisser sa mémoire!».

 

L'ancien patron des services secrets français semble oublier en effet qu'à l'époque des faits, c'est la France, et non l'Algérie, qui avait nié l'existence du barbe en tant que race d'élevage.

Comment reprocher dans ces conditions aux Algériens d'avoir pris, en limitant les exportations, des mesures de sauvegarde de la race? Interviewé par le journaliste, le docteur Benaïssa, que tout le monde connaît ici pour avoir été l'un des fondateurs - et le secrétaire général - de l'Omcb (Organisation mondiale du cheval barbe), a rappelé cette chronologie, qui aurait dû amener Bajolet à un peu plus de modération dans ses propos.

Une espèce de fatalité pèse ainsi sur les relations entre la France et l'Algérie à propos des chevaux.

Après l'affaire Ouassal, il y eut, en 2003, l'affaire Mebrouk, un cheval offert par le lointain successeur de Boumediene, Abdelaziz Bouteflika, au lointain successeur de Giscard, Jacques Chirac: pour des raisons qui m'échappent, cet étalon fut jugé par les zootechniciens français auxquels il fut confié, indigne de représenter la race barbe pure, et fut déclassé en «arabe-barbe».

DR archives jumenterie de Tiaret RPweb

Puis il y eut l'affaire Kheir: ce beau barbe, né comme Ouassal à Tiaret, alors âgé de 4 ans, fut offert à Nicolas Sarkozy. Hélas, à peine arrivé en France (en mars 2008), le pauvre animal - qui devait devenir le reproducteur de référence des Haras français - est atteint par l'épidémie d'artérite virale qui sévit alors... et doit être castré!

Sous le règne du président Hollande, nouvelle malchance: en 2012, le président Bouteflika offre à son nouvel homologue français cette fois non pas un cheval, mais deux chevaux. Un mâle et une femelle: un cadeau exceptionnel!

S'il est en effet de tradition d'offrir des étalons, il est rarissime d'offrir des poulinières, sauf à vouloir honorer tout particulièrement le récipiendaire qui se trouve ainsi en mesure de perpétrer une lignée. Hélas, la forte charge symbolique dut échapper au président Hollande, les deux animaux étant séparés dès leur arrivée en France, le mâle confié au Haras du Pin, où d'ailleurs on ne pratique plus de saillies, et la femelle à la jumenterie de Pompadour, où d'ailleurs l'État a cessé de faire naître des poulains.

L'échange de chevaux s'est toujours mieux passé entre la France et le Maroc. Mais je ne m'étendrai pas sur le sujet, qui doit être abordé par les orateurs suivants (*).
L'autre grand pourvoyeur de chevaux diplomates aux dirigeants français fut l'Empire ottoman, et son principal bénéficiaire l'empereur Napoléon 1er.

Le Janissaire, Le Soliman, Le Bacha, Le Bajazet lui ont été offerts en 1808 par le sultan Mahmoud II, inquiet que le résultat de la rencontre à Tilsit, l'année précédente, entre Napoléon et le tsar Alexandre 1er, ne lui soit défavorable. Il suivait en cela l'exemple de son cousin et prédécesseur Selim III, qui avait offert à Bonaparte, au début du règne de ce dernier, un cheval si extraordinaire,

Le Vizir, que Napoléon ne voulut jamais s'en séparer, pas même lorsqu'il dût partir en exil à l'île d'Elbe! La légende raconte que lorsqu'il vit partir ce bel étalon gris pour la France, Selim s'adressa à lui en ces termes:  «Va, mon cher Vizir! Va pour Mahomet, et va pour ton sultan! Va, et deviens le plus illustre cheval de Napoléon.» Son voeu fut exaucé.

Si le fait d'offrir un cheval a été souvent un moyen diplomatique assez efficace, une bonne façon de se concilier les bonnes grâces d'un concurrent, ou de se réconcilier avec un adversaire, il est arrivé au moins une fois que cela déclenche au contraire une véritable crise politique. Ce fut le cas, par exemple, lorsque François Mitterrand reçut, en 1993, un superbe cheval akhal teke du président d'une républiquette gazière d'Asie centrale, le Turkménistan.

 

Au lieu de faire comme tous ses prédécesseurs - à savoir remettre l'animal à l'administration des Haras nationaux -, Mitterrand commit l'erreur de chercher à cacher ce qu'il allait en faire: l'offrir secrètement à sa fille, Mazarine, passionnée d'équitation.

Pourquoi secrètement ? C'est qu'à l'époque, l'existence même de la petite Mazarine, fille illégitime du président, était un secret d'État bien gardé. Trop curieux sans doute, certains passionnés de chevaux - catégorie à laquelle j'avoue appartenir - finirent par découvrir que le bel étalon (d'ailleurs un peu caractériel) était logé dans une discrète résidence des environs de Paris, où la fille clandestine du président venait souvent passer ses week-ends.

La révélation de cette double vie d'un homme usant d'un double langage et s'affranchissant allègrement de la séparation des affaires publiques, des affaires privées provoqua un scandale qui, c'est certain, gâcha ses dernières années de règne. On le voit: offrir un cheval n'est jamais un geste anodin.

(*): J'évoquerai tout de même l'arrivée à Versailles le 16 février 1699 d'un lot de chevaux offerts par le sultan du Maroc, Moulay Ismaïl, à Louis XIV. Et l'heureuse surprise de Pierre Loti, lors de son voyage au Maroc, au printemps 1889, d'y voir la descendance de «trois juments normandes offertes par le gouvernement français à Moulay Hassan» vers 1885.

 


 

 

Matthieu Orphelin spécialité trahison politique & environnement fayot de Nicolas Hulot dégueulasse de la LREM l’opposant des Gilets Jaunes «  il faut faire payer les Français »


 

Attention article disparu depuis

https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5242508/arles-mas-thibert-une-stele-pour-se-souvenir-du-camp-harki.html

    mercredi 14/11/2018 à 17h22

Arles : une stèle en mémoire du camp harki de Mas-Thibert

Par O.Le.

La municipalité d'Arles vient de céder à titre gracieux, 3000m² de terrain à l'Association des rapatriés d'Algérie du Pays d'Arles (Arapa). Deux parcelles (2000m² et 1000m²) situées au lieu-dit du Mazet, chemin des Bruns à l'emplacement de l'ancien camp des harkis de 3 hectares situé à Mas-Thibert. "Ici, 105 familles ont vécu de 1964 à 1985", explique Kader Guelfout, président de l'association.

 

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Commémoration du « cinquantième anniversaire de l'installation définitive du bachaga Saïd Boualam et ses harkis », ancienne cité du Mazet, Mas Thibert.

Les préfabriqués de l'époque, conçus pour servir de façon provisoire ont tenu… 22 ans. Aujourd'hui, ils ont disparu et comme vestige du camp, il ne reste qu'un bout de chemin goudronné et quelques platanes-muriers sur un terrain laissé en friche. "Nous envisageons d'ériger une stèle rappelant l'histoire de ce lieu qui doit devenir un lieu de mémoire afin que personne n'oublie" ajoute Kader Guelfout. L'Arapa, désormais propriétaire du terrain a commencé à faire des demandes de subvention afin de financer le projet de stèle "comme cela existe dans les autres camps de Rivesaltès, Bias ou Saint-Maurice l'Ardoise".

Environ 40 000 € seront nécessaires pour mener à bout ce projet et préserver la mémoire de cette histoire des Harkis du pays d'Arles.

http://img.over-blog-kiwi.com/1/48/53/62/20170605/ob_f8eb8e_mas-fondu.JPG


https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/plevin/anciens-d-algerie-une-plaque-commemorative-sur-le-monument-aux-morts-15-11-2018-12133907.php

Anciens d’Algérie. Une plaque commémorative sur le monument aux morts


Publié le 15 novembre 2018 à 10h33

https://www.letelegramme.fr/images/2018/11/15/anciens-d-algerie-une-plaque-commemorative-sur-le-monument-a_4266170_459x330p.jpg?v=1

 

Il y avait déjà quelque temps que le comité local des anciens d’Algérie avait en projet d’apposer une plaque souvenir à un endroit de la commune où sa présence serait remarquée afin de perpétuer le souvenir de cette génération qui a passé une grande partie de sa jeunesse en Afrique du Nord.
C’était chose faite dimanche après la cérémonie du 11-Novembre. Le président du comité de Plévin de la Fnaca, Marcel Lautrou, est allé dévoiler au monument aux morts en compagnie de Dominique Cogen, maire, une plaque portant la mention « 19 Mars 1962. Cessez le feu en Algérie ».


TBN

https://www.humanite.fr/de-la-guerre-dalgerie-au-pluralisme-de-la-presse-les-combats-de-fredo-663758

Alfred Gerson, le 28 janvier 2012. Pierre Pytkowicz   Alfred Gerson, le 28 janvier 2012. Pierre Pytkowicz

 

De la guerre d’Algérie au pluralisme de la presse, les combats de « Frédo »

 

Vendredi, 16 Novembre, 2018 Maud Vergnol


Torturé par l’armée française pour son engagement contre le colonialisme, Frédo Gerson nous a quittés, jeudi, à l’âge de 90 ans. Le rayonnement de l’Humanité fut l’autre grande bataille de sa vie.
Nous ne croiserons plus sa grande silhouette, toujours un journal sous le bras, dans les couloirs de l’Humanité. Nous n’entendrons plus sa voix éraillée nous lancer : « Comment ça va, la jeunesse ? » Frédo n’est plus. Et son journal se sent orphelin ce matin. Il nous a quittés à l’aube, jeudi, des suites d’un cancer. Il avait 90 ans. Son humilité et sa discrétion avaient fait oublier ces dernières années combien sa vie fut exceptionnelle, depuis son engagement pour l’indépendance de l’Algérie jusqu’à celui pour faire vivre le pluralisme de la presse. Frédo, c’était un « grand monsieur », comme on dit. De ceux qui ne plastronnent pas sur leurs exploits. Un homme au grand cœur et à l’humour ravageur. Peu de ses camarades, même ici à l’Humanité, connaissaient son vrai nom : Alfred Sepselevicius. Frédo était un « rescapé », comme il le disait en plaisantant. Ses parents, lituaniens, avaient fui les pogroms.


Sous l’ocupation, sa famille échappe de peu aux rafles


Naturalisée en 1930, la famille habite le quartier populaire parisien de la Goutte-d’Or. Son père est coiffeur, et dans le quartier, on l’appelle « Gerson ». Quand la capitale est occupée par les nazis, la famille échappe de peu aux rafles. « Ils ont eu la baraka, nous confie sa fille, Marielle. Ma grand-mère a passé la ligne de démarcation alors qu’elle ne parlait que le yiddish ! » Ils seront hébergés et cachés dans le Cantal jusqu’à la fin de la guerre. De retour à Paris en 1945, le jeune Alfred a 17 ans quand il plonge dans le militantisme en adhérant d’abord aux jeunesses communistes (UJRF), puis à la CGT, et au PCF dans la foulée. Il travaille comme manœuvre dans la chaussure puis dans la confection. Très vite, il est repéré par la direction du PCF, dont il deviendra à son tour l’un des dirigeants, notamment au sein de la fédération parisienne. Sa section du 18e, il ne l’a jamais quittée, militant assidu jusqu’à la fin. Sa présence en imposait dans les débats. Non parce qu’il faisait « autorité », mais parce que, face à lui, « il fallait être à la hauteur », explique un militant. Jamais dogmatique, ouvert d’esprit, curieux de tout, Frédo était très attentif aux bouleversements du monde. Et cherchait toujours à en saisir la complexité. « Frédo était un homme attachant, d’une grande intelligence, cultivé, avec un grand sens de l’humour. C’est une personnalité qui a joué un rôle éminent dans le rayonnement de l’Humanité », confiait hier Pierre Laurent.
Mais le grand combat de Frédo fut celui contre le colonialisme, pour lequel il paya le prix fort. « Tu sais, la torture, on s’en remet ! » En juin dernier, alors que l’Humanité relance l’exigence de vérité sur l’assassinat de Maurice Audin, Frédo accepte de nous en dire un peu plus sur son rôle pendant la guerre d’Algérie. En juin 1955, Jacques Duclos lui demande de partir à Alger. « L’idée, c’était de monter une organisation sous autorité du PCA pour poursuivre sur le sol algérien le travail effectué dans l’Hexagone, notamment vis-à-vis des appelés. »

Il débarque le 20 juillet dans la ville blanche, où, aux côtés d’André Moine et Lucien Hanoun, dirigeants du PC algérien, il organise la diffusion clandestine de la Voix du soldat. Dans leurs Mémoires, Aussaresses et Massu ont raconté plus tard leur hostilité à l’égard de ce journal régulièrement saisi. L’arrestation de Lucien Hanoun, en novembre 1956, entraîne la disparition du titre.

 

  DR archives RPweb

 

Frédo, dont le rôle est alors sous-estimé par l’armée française, arrive à échapper aux griffes des paras jusqu’au printemps 1957. Mais, le 27 mars, à 5 heures du matin, il est arrêté et conduit à la tristement célèbre villa Sésini. Il y passera trois semaines, « à subir la gégène et la baignoire », avant d’être emprisonné à Barberousse, puis dans le camp de Lodi, où fut aussi détenu Henri Alleg. Méconnaissant son rôle exact, le tribunal militaire condamna Alfred Sepselevicius à dix-huit mois de prison. « Au total, j’ai été privé de liberté pendant trente-deux mois, racontait-il. Mon avocat, Jules Borker, m’avait demandé si j’étais d’accord pour qu’une campagne soit organisée pour moi en France. Mais comme ils n’ont jamais pu établir que j’étais l’envoyé du PCF – mon nom d’état civil n’est pas le même que celui sous lequel je militais –, j’ai jugé préférable d’en rester à ma version d’un engagement individuel. » Il est finalement expulsé vers Paris. Mais l’Algérie ne l’a jamais quitté.


Son journal, auquel il tenait tant et qui tenait tant à lui


Son autre grand combat fut celui pour le pluralisme de la presse et le rayonnement de l’Humanité. En 1976, il en devient l’administrateur adjoint et exerce ensuite diverses responsabilités dans les organisations professionnelles, assurant même la présidence du Syndicat professionnel de la presse magazine et d’opinion (SPPMO). « C’est avec un immense chagrin que nous apprenons le décès d’Alfred Gerson », a réagi hier Patrick Le Hyaric. « Toujours membre du conseil d’administration et du conseil de surveillance, il ne manquait pas une réunion, où il faisait part de ses avis et conseils sur la presse et la stratégie de l’Humanité en particulier. » Son journal, auquel il tenait tant et qui tenait tant à lui. Toute l’équipe de l’Humanité partage la tristesse de sa famille. À son épouse Michèle, ses enfants Marielle et Laurent, à Corentin, son petit-fils, elle adresse ses condoléances les plus chaleureuses.
Maud Vergnol


Plus l’information est fausse plus il est facile de la diffuser

https://www.planet.fr/societe-emmanuel-et-brigitte-macron-leurs-disputes-secretes.1665042.29336.html

Emmanuel et Brigitte Macron : leurs disputes secrètes

Depuis leur arrivée à l'Elysée, la vie d'Emmanuel et Brigitte Macron est très mouvementée. Un tumulte externe qui fait naître également des tensions au sein de leur couple...

Les disputes d’Emmanuel et Brigitte Macron : la comparaison de la colonisation à "un crime contre l’humanité"

Première oreille et surtout première conseillère, Brigitte Macron épaule son époux dans sa fonction de président de la République. Déjà avant sa campagne électorale et aujourd’hui encore, Emmanuel Macron peut compter sur le franc parler de son épouse qui n’hésite pas à lui dire quand il commet des erreurs.

Si elle le fait en toute discrétion, la première dame "est l'une des rares [personnes] qui parle cash à son mari", explique la journaliste Elise Karlin dans les colonnes de L’Express. Dans un entretien à la Voix Express, elle ajoute que Brigitte Macron dit au chef de l’Etat "ce qui va et ne va pas avec des mots simples sans enrober les choses".

Preuve en est : l’ancienne professeure de littérature n’a pas hésité à exprimer "son désaccord au moment où le candidat Macron compare la colonisation à 'un crime contre l'humanité en février 2017", peut-on lire dans L’Express.

Et ce sujet n’est pas le seul point de discorde au sein du couple présidentiel.

Publié par Rédaction le Jeudi 15 Novembre 2018 : 14h48

 


Contributeur

https://twitter.com/BenoitGuglielmi

Le dévoilement de la plaque à l'honneur de Charles Pasqua, critiquée par la gauche niçoise, a été brièvement troublé par la protestation d'un rapatrié d'Algérie, qui a hurlé "assassin, barbouze, honte pour Nice d'avoir un nom pareil !"

Des rapatriés d’Algérie, membres du Collectif national "Non au 19 mars", ont été empêchés de manifester devant la gare du Sud. #SarkozyNice

  https://pbs.twimg.com/media/DsHwAmwWkAApZEF.jpg:large

 

Le dévoilement de la plaque à l'honneur de Charles Pasqua, critiquée par la gauche niçoise, a été brièvement troublé par la protestation d'un rapatrié d'Algérie, qui a hurlé "assassin, barbouze, honte pour Nice d'avoir un nom pareil !", avant d'être interpellé.

 


https://www.franceinter.fr/societe/des-lyceens-de-la-somme-refusent-de-lire-son-roman-akli-tadjer-ira-a-leur-rencontre-pour-comprendre

Des lycéens de la Somme refusent de lire son roman : Akli Tadjer ira à leur rencontre "pour comprendre"

 

Publié le vendredi 16 novembre 2018 à 6h00 par Aurore Jarnoux, Thibault Lefèvre

L'écrivain franco-algérien Akli Tadjer va rencontrer ce vendredi les élèves du lycée Pierre Mendès-France de Péronne, dans la Somme. Fin septembre, les élèves ont refusé de lire des extraits de son livre "Le porteur de cartable", car l'auteur n'est pas français.

 

Akli Tadjer ne veut pas accabler les lycéens qui ont refusé de lire son roman.

Akli Tadjer ne veut pas accabler les lycéens qui ont refusé de lire son roman. © Radio France / Thibault Lefèvre


"Je ne veux pas les accabler plus que ça" : Akli Tadjer joue la carte de l'apaisement. L'auteur franco-algérien se rend ce vendredi au lycée Pierre Mendès-France, à Péronne dans la Somme, à la rencontre des élèves. Fin septembre, ces derniers ont refusé de lire des extraits de son roman "Le porteur de cartable", sous prétexte que l'écrivain n'était pas français. 
Je ne veux pas les traiter de petits fachos, ni de petits nazis. Je vais là-bas pour comprendre.
Le roman d'Akli Tadjer retrace l'histoire d'une amitié entre le fils d'un combattant du Front de libération nationale (FLN) et un fils de Pieds-Noirs. Omar et Raphaël se retrouvent à la fin de la guerre d'Algérie, et échangent sur la France, l'Algérie et leur avenir.
Fin septembre, l'écrivain avait publié sur Facebook un courriel envoyé par une professeure de l'établissement en question. Elle lui relaie les propos tenus par les lycéens : "l'histoire ne concerne pas la France" ou encore "il y a du vocabulaire en arabe". Un élève a même refusé de prononcer le prénom d'un des personnages, Messaoud.


Aujourd'hui, Akli Tadjer en parle avec le sourire, un sourire crispé, désabusé. "Moi, je vais là-bas pour comprendre comment des jeunes gens,  qui vont être majeurs l'année prochaine et qui vont voter, peuvent penser comme ça, explique l'écrivain. Le racisme, ce n'est pas une idée, c'est un délit en France."


"En Picardie, ça a été une vraie boucherie pendant la guerre et beaucoup de soldats, qu'on appelle des soldats coloniaux, sont morts là-bas, ils avaient un an ou deux de plus qu'eux, rappelle Akli Tadjer. À Péronne, il y en avait 44 qui s’appelaient Messaoud et qui sont morts dans leurs champs de betteraves. _Ne pas prononcer le prénom "Messaoud", c'est comme si on tuait deux fois ces jeunes soldats morts pour eux._"


Le rectorat a pris des mesures


L'Éducation nationale assure avoir fait le nécessaire, et rapidement, auprès des élèves et des professeurs du lycée Pierre Mendès-France. Sur les sept jeunes concernés par les propos racistes, trois ont été lourdement sanctionnés selon le rectorat d'Amiens. Celui qui a refusé de prononcer le nom "Messaoud" a notamment été renvoyé devant le conseil de discipline.
On est vraiment sur une atteinte aux valeurs de la République.'
Jérôme Damblant, inspecteur d'académie et référent "laïcité et enseignement du fait religieux" pour l'académie d'Amiens, se veut rassurant : "_il y a une prise de conscience_, les mots ont dépassé leur pensée. Un élève souhaite même s'excuser auprès de l'écrivain".  En vue de la rencontre avec Akli Tadjer ce vendredi, les lycéens ont repris le travail et réalisé un questionnaire.
Mais le travail auprès des élèves est loin d'être terminé. "Certains nous ont demandé pourquoi ils ne travaillaient pas sur l'histoire de France, souligne Jérôme Damblant. On a dû leur expliquer, leur rappeler que la guerre d'Algérie en faisait partie."
Selon l'inspecteur d'académie, l'établissement travaille depuis plusieurs années sur les questions de vivre ensemble et de laïcité. Mais, rappelle Jérôme Damblant, "ce sont de jeunes adolescents, ils se construisent, c'est donc un travail de longue haleine".


Les dessins du jour

 

             

                

                                 


     


 

 
     
 
Merci aux brillants dessinateurs pour leurs talents immenses
 

PINATEL  - http://www.dessins-de-pinatel.fr/
L’AIXOIS MIEGE - https://www.delitdimages.org/
IGNACE - http://www.medias-presse.info/category/ddj/
CHARD  - https://present.fr/category/chard/
Les dessins d'actu de RALETZ  - http://nickraletz.over-blog.com/
DILEM   - https://www.liberte-algerie.com/dilem/

BIRDS DESSINES  - https://www.birdsdessines.fr/
PLACIDE ACTUALITES - http://www.leplacide.com/

Par manque de temps inutile d'écrire pas de réponse