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- Revue de presse N° 262
- 2018 - {2003- 2018 - 15ème année}
- Articles du 19 septembre

 


 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dangereux-et-encombrants-fantomes-207737

Dangereux et encombrants fantômes du Passé face à la vision présidentielle hémiplégique de l'histoire de la Guerre d'Algérie
Amaury Grandgil

Dangereux et encombrants fantômes du Passé face à la vision présidentielle (...)
Rien ne demande plus de circonspection que la vérité, car c'est se saigner de la dire. Il faut autant d'adresse pour la savoir dire que pour la savoir taire. [...] Toutes les vérités ne se peuvent pas dire : les unes parce qu'elles m'importent, et les autres parce qu'elles importent à autrui.
Baltasar Gracián y Morales

Disons les choses très clairement : avec sa récente sortie relative à « l’affaire Audin », exhumée opportunément d’un des nombreux placards à cadavres que réserve l’Histoire, le Président (qui est déjà passé à un autre sujet) a été en même temps imprudent, maladroit, ignorant et probablement fort mal inspiré de réveiller comme il l’a fait de bien dangereux fantômes qu’il n’a pas la capacité de maîtriser.
A l’image de Warren, l’ami du héros dont l’écrivain passionné de littérature fantastique Howard Philip Lovecraft relate l’aventure dans son extraordinaire nouvelle intitulée Le Testament de Randolph Carter, M. Macron, qui vient de réveiller les monstrueuses créatures enfermées dans un caveau scellé, pourrait bien s’entendre dire par une voix épouvantable de remettre la dalle en place et de s’enfuir au plus vite.
Je ne sais si M. Macron a préalablement pris la précaution élémentaire de lire, entre autres, l'ouvrage de référence sur l'Histoire de la Guerre d'Algérie écrit par Alistair Horne (qui est à l'étude de ce conflit ce que fut Antony Beevor à propos de la Guerre d'Espagne). Je ne le pense pas, ce qui est très regrettable. L'eût-il fait qu'il est probable qu'il nous eût épargné pareille entrée en matière dans un domaine historique explosif dont il est manifeste qu'il ignore tout ou à tout le moins beaucoup de choses, sauf cynisme assumé, ce qui relèverait alors d'un procédé inadmissible (cf. ses propos sur la colonisation en Algérie).
Il faut en effet être de taille - qualité dont est dépourvu l'intéressé -, pour prétendre régenter les événements historiques et en donner une lecture a posteriori qui soit différente de celle d'historiens tels que Pierre Vidal-Naquet, auteur précisément de L'Affaire Audin (1958) ou de La Torture dans la République (1972), Benjamin Stora, Gilbert Meynier, Mohammed Harbi, auteur de Le FLN, mirage et réalité (1980) par exemple, Charles-Robert Ageron, ou encore Guy Pervillé, surtout lorsque ces événements entrepris par un amateur beaucoup trop jeune pour les avoir vécus ou en avoir entendu parler dans sa jeunesse (M. Macron est né en 1977) risquent de réveiller chez des gens qui en souffrent encore et qui ont la mémoire longue des douleurs et des blessures mal cicatrisées auxquelles l’absence de maturité et de recul de M. Macron devraient interdire de toucher, à moins de faire preuve d’une prudence et d’une délicatesse extrêmes dont tout enjeu politique, recours à un écran de fumée ou manoeuvre de diversion de l'opinion publique, devraient être impérativement exclus, sauf à vouloir jouer au pyromane ou au boutefeu.
N’importe quel artificier sait parfaitement que l’on ne manipule pas sans précautions extrêmes des matières explosives instables.
Dès lors, puisque M. Macron a jugé important et nécessaire de réouvrir un chapitre complexe d’une histoire qui fut celle de la France en Afrique du Nord, de la France en Algérie, de l’Algérie française et de l’Algérie algérienne, avec ses développements récents et probablement futurs, gros de dangers, il serait fort bienvenu et à tout le moins prudent qu’il décidât dans la même démarche d’ouvrir et de produire dans leur totalité - en France comme en Algérie -, les archives civiles et militaires d’une histoire commune.
Cette démarche salutaire permettrait enfin de renvoyer aux oubliettes de l'Histoire toute une clique de colonels, de généraux et de politiques zombies du FNL avec leurs sympathisants français internationalistes, "porteurs de valises" traîtres à la France comme à leurs compatriotes, et d’instruire deux jeunesses qui aujourd’hui - a l'instar du Président - ignorent tout ou ont une vision tronquée et en tout cas limitée, sinon politiquement orientée, de ce que fut réellement l’histoire ancienne comme l’histoire contemporaine de leurs deux pays respectifs autour d’une guerre commune qui fut affreuse de part et d'autre.
Nul doute qu'il y aurait alors tout à gagner à froisser des certitudes, à révéler des impostures et à dévoiler tous ces faits et événements passés et contemporains, tous ces poisons et venins que certains, notamment en Algérie mais aussi en France, tentent encore de cacher et de justifier de manière unilatérale dans la catégorie fourre-tout de la Repentance , sous les appellations génériques bien commodes et usées jusqu'à la corde de "Colonialisme" d'une part et de "Guerre de Libération" d'autre part, cette dernière n'étant qu'une fiction historique puisque l'indépendance de l'Algérie lui a en réalité été donnée par la France, à la différence d'une Indochine qui, pour sa part, a militairement conquis la sienne sur l'ancienne puissance coloniale.
Il n’est donc pas sûr que le chemin aujourd’hui emprunté soit le bon et l’on ne peut donc qu’accueillir avec intérêt ce qui adviendra et qui pourra, on l’espère, permettre de découvrir et de dire très exactement « ce qui fut et advint » voici soixante ans pour comprendre enfin "ce qui est et risque désormais de se produire", sans omettre explications et responsabiltés dans un conflit qui ne saurait aujourd'hui servir, en Algérie comme en France, de "boîte à outils" bien commode pour occulter ou justifier des errements historiques, politiques, économiques et sociaux de gouvernements et d'autorités en perdition de part et d'autre de la Méditerranée.
I- Vision hémiplégique de l’Histoire en général et de celle de la Guerre d’Algérie en particulier
Comme l’écrit avec beaucoup de sagesse et de retenue un autre président, M. Thierry Rolando, le président national du Cercle algérianiste dont je cite les propos, « en reconnaissant la responsabilité de l’Etat, dans la seule disparition du militant communiste, Maurice AUDIN, Emmanuel MACRON livre une vision hémiplégique de l’histoire de la guerre d’Algérie.
Succombant aux pressions de certains lobbies extrémistes, le chef de l’Etat vient de reconnaître la responsabilité de la France, dans la disparition du militant communiste, partisan du FLN, Maurice AUDIN, en 1957, à Alger.
Si la recherche de la vérité historique est un objectif noble, il faut cependant que toutes les vérités soient dites, y compris celles qui dérangent.
La guerre d’Algérie ne saurait s’écrire en noir et blanc.
Toutes les souffrances et tous les drames doivent avoir droit de cité.
On ne peut reconnaître le drame de Maurice AUDIN en jetant, dans un même temps, un voile d’ombre sur celui de milliers de Français d’Algérie.
Comment accepter qu’Emmanuel Macron fasse preuve d’un silence assourdissant sur la responsabilité de ce même Etat, dans l’abandon, le 5 juillet 1962 à Oran, de milliers de Pieds-Noirs enlevés et assassinés par le FLN, alors même que l’armée française avait reçu l’ordre de « laisser faire » ? 
La vérité ne se divise pas, quand bien même elle froisserait le gouvernement algérien.
Les Français d’Algérie, hommes, femmes, enfants, assassinés dans d’atroces conditions, qui n’avaient commis qu’un seul crime, celui de vivre sur la terre de leurs ancêtres, ont droit à la même reconnaissance.
C’est le rôle du chef de l’Etat que de rassembler la Nation, plutôt que de la fracturer. »
II- Guerre d’Algérie : « Quand la repentance sélective dédouane le gouvernement français de sa responsabilité dans le désastre algérien »
La mémoire sélective tient lieu de morale politique pour ce gouvernement, tout comme pour certains de ces prédécesseurs, peut-on encore lire sous la plume de gens qui traduisent, semble-t-il avec justesse, leurs souffrances comme leurs questions auxquelles le Chef de l’Etat, s’il était (ce que l’on attend qu’il soit) parfaitement cohérent avec la démarche désormais entreprise, se devrait de répondre tant la vérité historique, en France comme en Algérie, est indivisible.
« Prétextant apporter des éclaircissements sur la disparition de Maurice Audin, Emmanuel Macron s’est rendu officiellement au domicile de Mme veuve Audin Josette ce jeudi 13 septembre 2018.
C’est pourtant par des affirmations de faits déjà connus de tous qu’il déclare officiellement « Le président de la République a […] décidé qu’il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet. Il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile. […] Il est mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France. »
Au lieu d’un « en même temps », Emmanuel Macron nous sert là un coup double : un, je me repens auprès des communistes (à la veille de la Fête de l’Humanité), deux, j’envoie un nouveau message de condescendance envers le gouvernement FLN de l’Algérie. Et on serait tenté de dire que les immigrés d’origine algérienne et leurs descendants ainsi que les militaires de l’époque, les rapatriés Pieds-Noirs et les Harkis ne sont pas non plus oubliés, en tant que destinataires de messages subliminaux au sujet de l’Algérie Française.
Sous couvert de réparation morale envers la veuve de Maurice Audin, le président français a surtout tenu à présenter officiellement l’irrépressible besoin de repentance de certains français. Mais alors, pourquoi seulement dans le cas « Audin » ?
« C’est l’occasion pour Emmanuel Macron de reconnaître une forme de responsabilité de l’État dans l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie à travers l’existence d’un « système légalement institué » répond France Inter.
Maurice AUDIN était un militant communiste au Parti Communiste Algérien et fréquenta aussi l’association des étudiants musulmans, l’AEMAN (devenue en 1955 l’UGEMA).
En tant que terroriste, ou supposé tel par les services compétents du renseignement de l’époque, il était de ceux qui prônaient la violence comme moyen de déstabilisation d’un pays dans lequel on cherchait à implanter un changement radical et anti-démocratique de gouvernance.
Il était de ceux qui cherchaient à inverser le paradigme « je suis un peuple oppressé, donc je me révolte, j’assassine et je détruis » pour le remplacer par le très efficace « je me révolte publiquement, j’assassine avec fracas et je détruis aux yeux de tous, donc mes spectateurs pensent que je suis un peuple oppressé ».
Il était de ceux qui fabriquaient ou fournissaient au FLN ou posaient des bombes dans des lieux publics à Alger en 1956 et 1957. Il fut arrêté par des éléments du 10ièmeREP qui étaient en charge du maintien de la paix dans Alger et ses environs, à la suite d’un attentat commis par un autre militant du PCA et qui fît 8 morts et 92 blessés. L’auteur de l’attentat fut hébergé et soigné au domicile des Audin et c’est cela qui constitua la raison de l’arrestation de Maurice Audin.
Les associations de défense des droits des familles de disparus de l’Algérie Française, ne pourront que souscrire à cette démarche de vérité sur cette affaire Audin. Le respect dû à sa famille et ses proches exigeait une déclaration claire et honnête, même si les faits étaient connus ou largement pressentis depuis longtemps.
Pour autant, il est nécessaire de rappeler que la vérité sortant du puits éclaire soudain de tous les côtés : si la déclaration élyséenne nous explique pourquoi le gouvernement français est responsable de cette mort, alors il explicite et justifie aussi, aux yeux de tous, pourquoi Maurice Audin a été arrêté et torturé.
S’il a été arrêté et torturé à travers l’existence d’un « système légalement institué », c’est donc que Maurice Audin avait commis ou était supposé (par ce système) avoir commis des actes répréhensibles envers le peuple Français.
Voici maintenant clairement posé le schéma logique des causalités, que la déclaration de M.Macron nous engage à accepter : Maurice Audin fut un militant communiste et activiste qui commit des actes qui contrevenaient à l’ordre public => il fut arrêté et torturé par les militaires qui étaient été investis légalement de la mission de maintien de l’ordre par le gouvernement de l’époque => le gouvernement actuel s’engage (donc) à une obligation de reconnaissance du crime commis envers Maurice Audin ainsi qu’à une obligation de transparence totale vis à vis des archives militaires et civile de l’époque.
Mais alors, il faudra venir expliquer auprès des veuves des veufs et de tous les descendants de Pieds-noirs et de Harkis quelles bombes avaient fabriqué ou posé les 282 victimes civiles de la rue d’Isly en mars 1962, il faudra aussi nous révéler quels crimes avaient commis les 2000 ou 3000 disparus du mois d’août 1962 dans l’Oranais ainsi que les dizaines de milliers de Harkis pendant la guerre. Car là aussi, figurez-vous, c’est le fameux « système légalement institué » qui a ordonné l’exécution des manifestants pacifistes de la rue d’Isly à Alger. Car là aussi, c’est ce trop fameux « système légalement institué » qui a demandé aux militaires français de ne pas intervenir lors des émeutes d’août 1962 à Oran, encadrées par le FLN.
Toutefois, une déclaration annexe du président est à même de nous faire espérer que la reconnaissance de la responsabilité de l’état français pourrait un jour être officiellement reconnue, comme pour Maurice Audin.
Selon les sources d’informations sur ces déclarations, on trouve ainsi :
« Le chef de l’État va annoncer sa décision d’ouvrir toutes les archives liées aux disparus de la guerre d’Algérie » qu’il ne faut pas confondre et réduire à « Emmanuel Macron va reconnaître une forme de responsabilité de l’État dans la torture pendant la guerre d’Algérie, un « système légalement institué » » et encore moins être substituée par la formulation très restrictive
« Le président de la République va annoncer sa décision d’ouvrir toutes les archives nationales pour qu’enfin on sache ce qui est arrivé exactement au mari de Josette Audin ».
Donc, à la condition que l’ouverture des archives nationales et militaires de l’époque ne se limite pas à « ce qui est arrivé exactement au mari de Josette », les associations seront probablement reconnaissantes au gouvernement français de l’application de son devoir de mémoire.
Pour les morts et les disparus de la guerre d’Algérie. Pour le respect et la compassion dus à leurs proches et à leurs familles. »
On attend qu’il en aille de même en Algérie. Parions que l'on risque d'attendre encore longtemps avant de réellement chasser les ombres et les fantômes, notamment en Algérie, d'un "Passé qui ne passe (décidément) pas", pour reprendre ici l'expression de l'historien Henri Rousso à propos de son ouvrage consacré à Vichy ( Vichy, un passé qui ne passe pas, avec Éric Conan, 1994).
On n'ouvre pas impunément la boîte de Pandore.
Notes et sources :
A propos de la Guerre d’Algérie on lira le remarquable ouvrage d’Alistair Horne :
Alistair Horne, Histoire de la Guerre d’Algérie, Éditeur : Albin Michel (23/04/1980)
Sans omettre :
Guy Pervillé, « Historiens de la guerre d’Algérie : quels engagements ? », Les Cahiers d’EMAM [En ligne], 23 | 2014, mis en ligne le 26 mai 2014, consulté le 18 septembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/emam/710&nbsp ; ; DOI : 10.4000/emam.710
Voir aussi l'apport et le bilan intermédiaire d'une nouvelle et passionnante historiographie sur la question avec de nouveaux chercheurs :
Thénault, S. (2004). Travailler sur la guerre d'indépendance algérienne : Bilan d'une expérience historienne. Afrique & histoire, vol. 2,(1), 193-209. https://www.cairn.info/revue-afrique-et-histoire-2004-1-page-193.htm.
Aïssa Kadri, Moula Bouaziz, Tramor Quemeneur, "La Guerre d’Algérie revisitée’’ (éditions Karthala, 396 pages)
https://www.huffpostmaghreb.com/2015/02/26/guerre-dalgerie-histoire-_n_6751322.html
Voir aussi :
Antony Beevor, The Battle for Spain : The Spanish Civil War 1936-39, Penguin Books (June 1st 2006)
Cercle algérianiste (citation) :
http://resistancerepublicaine.eu/2018/09/14/audin-le-cercle-algerianiste-denonce-le-deux-poids-deux-mesures-de
Voir aussi :
http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/pensez-vous-qu-emmanuel-macron-a-derape-en-parlant-de-la-colonisation-16-02-2017-6686799.php
http://www.leparisien.fr/politique/macron-sur-la-colonisation-les-historiens-ont-apporte-la-preuve-de-massacres-juge-stora-17-02-2017-6687714.php
A propos d’Oran :
On lira avec intérêt l’histoire d'un héros, le lieutenant Rabah Kheliff, qui sauva d’un massacre épouvantable les citoyens promis à la mort du fait de leur abandon par le général J. Katz
http://magoturf.over-blog.com/2015/07/5-juillet-1962-a-oran-un-crime-d-etat-suite.html
H.P.Lovecraft, courte et excellente nouvelle (version anglaise) :
H. P. Lovecraft," The Statement of Randolph Carter ". The Vagrant, May 1920.
https://www.creepypasta.com/statement
Guy Pervillé
Professeur émérite, Histoire contemporaine, Université de Toulouse-Le Mirail & FRA.M.ESPA, France méridionale et Espagne, Histoire des sociétés du Moyen-Âge à l'époque contemporaine. Ancien élève de l’École normale supérieure et ancien pensionnaire de la Fondation Thiers, Guy Pervillé a enseigné, en tant que spécialiste de l’histoire de l’Algérie contemporaine et de sa guerre d’Indépendance, dans les universités de Rouen, Limoges, Bordeaux-III, Nice et Toulouse-Le Mirail, avant de prendre sa retraite comme professeur émérite en 2011.
Principales publications :
Pour une histoire de la guerre d’Algérie, Paris, Picard, 2002.
Atlas de la guerre d’Algérie (cartographie de Cécile Marin), Paris, Autrement, 2003, 2006 et 2011.
La Guerre d’Algérie, Paris, PUF, coll. « Que-sais-je ? », n° 3765, 2007 et 2012.
La France en Algérie, 1830-1954, Paris, Autrement, 2012 [prix Lyautey 2012 de l’Académie des sciences d’Outre-mer].
Les Accords d’Évian (1962). Succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012), Paris, Armand Colin, 2012.
Henri Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, avec Éric Conan, 1994


https://www.ladepeche.fr/article/2018/09/18/2870811-stele-brisee-au-camp-de-bias.html

Bias Publié le 18/09/2018 à 03:54, Mis à jour le 18/09/2018 à 08:05

La stèle en hommage aux harkis brisée au camp de Bias

La plaque commémorative brisée, à Bias./ Photo DDM, Lucien Mercier

Stupeur hier à Bias où la plaque rendant hommage aux soldats harkis (et aux forces supplétives) morts au combat pendant la guerre d'Algérie a été découverte brisée. Cette plaque de marbre était fixée sur la stèle érigée en 2001 en bordure des cités Astor et Paloumet, construites sur l'emplacement de l'ancien CARA (Centre d'accueil des rapatriés d'Algérie). La nouvelle de cette dégradation n'a été portée à la connaissance du maire de Bias, Michel Mingot, et des représentants de la communauté harki, qu'hier mais elle a été cassée dans la nuit de samedi à dimanche.

Un acte de vandalisme accompagné de graffitis à la peinture rouge : un grand «M», tracé au sol, sur la dalle devant la stèle, qui renvoie à une inscription, en rouge elle aussi, tagué sur un abribus, situé à côté : « Mouvement révolutionnaire harki ». La police a ouvert une enquête et des prélèvements ont été effectués pour tenter d'identifier des suspects.

Hier, le maire de Bias avouait sa stupéfaction et s'en remettait à l'enquête de police. Du côté de la communauté harki et plus particulièrement du Comité national de liaison des harkis (CNLH), l'émotion était vive : « Depuis plusieurs semaines, les harkis sont la cible d'insultes», relevait hier Boaza Gasmi, président du CNLH. « On est pris à partie sur les réseaux sociaux, ou même au sein des cités de Bias.
Les récentes déclarations de M.Macron sur la torture en Algérie et la reconnaissance de la responsabilité de l'État français ravivent les tensions entre les harkis et certains membres de la communauté algérienne, il faut dire la vérité.

Cette stèle, elle n'est pas protégée, alors qu'on demande qu'elle soit clôturée.
Voilà le résultat.»
Un mouvement révolutionnaire inconnu

Boaza Gasmi pas plus que Mohamed Badi, lui aussi membre du CNLH, ne croient pas à ce mystérieux Mouvement révolutionnaire harki : « Ce mouvement est inconnu, on n'en a jamais entendu parler. Pour nous, c'est une diversion pour orienter sur une fausse piste. Personne au sein de la communauté harki ne s'en prendrait à cette stèle qui honore nos morts.»

Reste que la dégradation intervient dans un contexte tendu autour des harkis de Bias, puisque le CNLH, partie prenante de la commission nationale sur les harkis mise en place par le président Macron, conteste ses conclusions et notamment le volet de la réparation financière.

Le rapport du préfet Ceaux préconise le versement de 40 millions d'euros à la communauté quand Boaza Gasmi et ses amis réclament, eux, 40 milliards : « Le montant du préjudice subit. Si le président Macron doit faire sien le rapport du préfet Ceaux, ce n'est même pas la peine, on lui laisse, on n'en veut pas.»

Le 25 septembre, date de la commémoration annuelle pour les harkis, le président Macron doit annoncer ce qu'il a décidé. C'est aussi jour de cérémonie traditionnelle à la stèle des cités Astor et Paloumet. Michel Mingot, lui, estime qu'en l'absence de plaque, le monument, vide n'est pas approprié : « Mais je m'en remets à la décision des autorités ». Pour Boaza Gasmi en revanche, il n'y a pas de question à se poser : « Raison de plus pour maintenir la cérémonie au même endroit. L'annuler ou la déplacer c'est donner satisfaction à ceux qui ont fait ça et qui veulent nous chasser. Cette stèle et cette terre nous appartiennent, elles appartiennent aux harkis, on l'a assez chèrement payée.»

Jérôme Schrepf, avec Lucien Mercier


https://www.polemia.com/affaire-audin-guerre-memorielle-macron/

Affaire Audin : la guerre mémorielle de Macron


18 septembre 2018 | Polémia

Par Michel Leblay, patron d’émission à Radio Courtoisie ♦ Macron n’est pas le président des Français. C’est le président des Autres : des milieux financiers internationaux et des minorités ethniques. En reconnaissant la culpabilité de l’armée française (agissant sous les ordres d’un gouvernement de gauche) dans la mort de Maurice Audin, Macron ravive 60 ans plus tard les plaies de la guerre d’Algérie.
Cette démarche de repentance s’inscrit dans la logique de guerre mémorielle contre l’identité française. En Espagne, en France, en Italie, en Allemagne… une vision pathologique de l’histoire promue par les forces mondialistes pour imposer l’abaissement des peuples. Michel Leblay a tenu à dresser un panorama historique permettant de remettre dans son contexte historique l’arrestation de ce militant communiste.

Polémia.


La colonisation de l’Algérie n’a pas été un « crime contre l’humanité »
En voyage en Algérie durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a déclaré, le 15 février 2017 : « La colonisation est un crime contre l’humanité ». Chaque expression a un sens. Du point de vue démographique, en 1830, année de la prise d’Alger, la population de ce qui deviendra l’Algérie a été estimé par certains experts aux environs de 3 millions d’habitants.
A l’indépendance, en 1962, la population musulmane s’élève à 10 millions d’habitants ; la population de Français venus d’Europe ou d’israélites est de l’ordre de 1 million d’habitants. En 1830, la France comptait aux environs de 33 millions d’habitants et 46,4 millions en 1962, soit un accroissement d’un peu plus de 40% ; la population musulmane d’Algérie, dans le même temps, a au moins été multipliée par 3,3.
Sur Maurice Audin, la soumission au politiquement correct
Le jeudi 13 septembre dernier, dans un communiqué, Emmanuel Macron a annoncé qu’il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile… Si la mort – de M. Audin – est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué : le système “arrestation-détention”, mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période.
L’arrestation de Maurice Audin, lors de la Bataille d’Alger de 1957 est intervenue dans le contexte d’attentats terroristes perpétrés par le FLN à l’encontre de la population civile dont des enfants en bas âge dont certains furent gravement mutilés.
En référence, quelques dates de cette période jusqu’à la Bataille d’Alger.

  • 1er novembre 1954 : Début de l’insurrection en Algérie.
  • 20 août 1955 : Massacres de Philippeville dans le Constantinois qui visent la population d’origine européenne, notamment à la mine de pyrite d’El Halia. 140 morts ; 70 musulmans et 70 des 130 européens sur place. Dans le reste du Constantinois une trentaine de personnes ont été assassinés.
  • 2 janvier 1956 : Élections législatives – Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO, à la tête d’un Front républicain qui a réuni 27,10 % des voix est investi comme Président du conseil.
  • 2 février 1956 : Jacques Soustelle, gouverneur général de l’Algérie depuis le 15 février 1955, quitte Alger.
  • 6 février 1956 : Émeutes à Alger lors de la visite de Guy Mollet venu introniser le général Catroux comme gouverneur général de l’Algérie.
  • 10 février 1956 : Robert Lacoste nommé Ministre résident en Algérie.
  • 12 mars 1956 : Par 455 voix contre 76, la Chambre des députés adopte une loi accordant au gouvernement des pouvoirs spéciaux l’autorisant à agir par décrets-lois.
  • 17 mars 1956 : Par un décret le gouvernement transfère au ministre résident les pouvoirs spéciaux.
  • 30 septembre 1956 : Attentat du Milk- Bar à Alger. D’autres attentats, le 2 juin 1957 à un arrêt de bus et le 9 juin au Casino de la Corniche.
  • 22 octobre 1956 : Arrestation de Ben Bella.
  • 8 janvier 1957 : La responsabilité du maintien de l’ordre à Alger est transférée au général Massu, commandant la 10e DP. A Alger les effectifs de police (1 200 hommes) sont nettement insuffisants pour assurer le maintien de l’ordre. Dès le 7 mai 1956 la responsabilité du maintien de l’ordre avait été transférée à l’autorité militaire pour les départements de Bône et de Constantine ; le 14 décembre pour ceux d’Oran et de Tlemcen.
  • 13-14 janvier 1957 : L’armée opère un premier ratissage de la Casbah.
  • 27 janvier 1957 : Le FLN ordonne une grève générale de huit jours ; la 10è DP brise la grève.
  • 4 février 1957 : La question algérienne à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nation-Unies.
  • 8 février 1957 : Reprise des attentats.
  • 11 juin 1957 : Arrestation de Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien, interdit le 13 septembre 1955. Cette arrestation suit de nouveaux attentats, le 2 juin 1957 à un arrêt de bus et le 9 juin au Casino de la Corniche

Il faut rappeler, entre autres, qu’après la proclamation de l’indépendance de l’Algérie, le 3 juillet 1962, à Oran et dans l’Oranais, à partir du 5 juillet, 400 à 700 Français d’Algérie sont assassinés comme plusieurs dizaines de milliers de harkis.


https://marsactu.fr/bref/le-depute-mohamed-laqhila-modem-declare-sa-candidature-a-la-mairie-daix/

Le député Mohamed Laqhila (Modem) déclare sa candidature à la mairie d’Aix


Mouvement BrefJulien Vinzent 18 Sep 2018 1


“Contrairement à un législateur au rôle national, un maire voit les projets se réaliser. Je me sens en capacité de les mener.” Député Modem de la 11e circonscription, Mohamed Laqhila fait acte de candidature dans La Provence pour les municipales à Aix-en-Provence. En 2017, cet ancien élu des 13e et 14e arrondissements de Marseille, ancien président de la fédération nationale des experts-comptables, avait réalisé près de 40 % au premier tour sur la partie aixoise de sa circonscription.
Mais la deuxième ville du département, où la maire Maryse Joissains a annoncé sa volonté de briguer un quatrième mandat après sa condamnation pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics, pourrait intéresser d’autres représentants de la majorité présidentielle. “En Marche et le Modem auront bien sûr leur mot à dire mais aujourd’hui, c’est en homme libre que je pose ma candidature. Et je vous dirai au mois de mars si cette candidature a réuni l’adhésion la plus large”, répond au quotidien Mohamed Laqhila .

commentairesSource : La Provence


 

 

Les associations Comité Veritas, Comité de Défense des Français d’Algérie et Mémoire France Afrique du Nord prennent acte de la déclaration du Président de la République, formulée le 13 septembre 2018.

Fortes de leurs fidèles et nombreux adhérents, ces associations ont déposé une plainte avec constitution de partie civile contre X pour crime de guerre et crime contre l’humanité pour les français assassinés le 26 mars 1962 à Alger et le 5 juillet 1962 à Oran.

Les familles des disparus espèrent que le Président de la République leur accordera autant d’attention que pour la veuve de Monsieur Audin et qu’il accordera la même dérogation générale afin que les fonds d’archives de l’État qui concernent ces sujets soient librement consultables.

Il importe que cette histoire soit connue, qu’elle soit regardée avec courage et lucidité.


 

https://www.laprovence.com/article/edition-aix-pays-daix/5156287/mohamed-laqhila-je-suis-candidat-pour-cette-ville.html

  • mardi 18/09/2018 à 09h24
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Mohamed Laqhila "candidat" à la mairie d'Aix-en-Provence pour 2020


Le député MoDem-LREM annonce vouloir "rassembler le plus largement possible"
Par Propos recueillis par Julien Danielides

Mohamed Laqhila, expert comptable de métier, membre du MoDem, a d'abord fait de la politique à Marseille. Il a été élu député aux dernières élections législatives, dans la 11e circonscription.

C'est le second - après Maryse Joissains, qui a déjà annoncé qu'elle envisageait de se représenter à la prochaine élection municipale en 2020 - à sortir du bois. Mohamed Laqhila, député MoDem-La République en marche, a annoncé hier à La Provence qu'il souhaitait candidater au poste de maire. Une annonce faite au cours d'un échange sur l'actualité nationale (voir ci-contre) qui pourrait faire bouger les lignes dans le microcosme. Extraits.
Vous vous intéressez depuis plusieurs mois à la Métropole et à la fusion avec le Département, que vous appelez de vos voeux. Va-t-on dans le bon sens ?
Mohamed Laqhila : "Je suis pour supprimer le millefeuille. Cette fusion a minima nous permettrait de réduire les dépenses. Mais le législateur ne peut qu'accompagner la volonté des élus. Je suis allé discuter avec les maires. L'idée qui ressort, c'est de revoir la distribution des compétences entre Métropole et Villes qui veulent s'occuper des dossiers de proximité. Il faut aussi se pencher sur le mode de scutin. A-t-on besoin d'autant d'élus ? Nous devons en parler avec les citoyens, des réunions publiques sont prévues.
Martine Vassal sera-t-elle une bonne présidente de la Métropole?
Mohamed Laqhila : Elle est la mieux placée pour réaliser la fusion. Gaudin a eu l'intelligence et la volonté d'abandonner ce mandat, au bon moment. Attention cependant : Marseille pèse, et pèsera dans la Métropole, mais cette dernière ne doit pas délaisser les autres territoires. Aujourd'hui la bagarre Aix-Marseille n'a plus lieu d'être. Notre Métropole doit être une des plus grandes d'Europe, pouvant rivaliser avec Barcelone ou d'autres.
Comment voyez-vous la ville d'Aix à l'heure actuelle?
Mohamed Laqhila : Il y a des travaux, c'est bien, c'est de l'investissement. Encore faut-il faire attention à l'urbanisme. Prenez la Duranne. Attention, il ne faut pas en faire le futur Jas de Bouffan : très peu de commerces, très peu de services publics... Ça devient une cité dortoir, les gens vont partir. Ce sont les urbanistes qui le disent. Il faut écouter les Aixois, prenez l'histoire des arbres. Il n'est pas normal de voir des citoyens se lever à 6h du matin pour aller protéger les arbres menacés par les tronçonneuses. Il faut que les habitants soient concertés. Prenez les commerces autour des places. La commission d'indemnisation arrive trop tard. C'est soit un choix, soit un manque d'anticipation.
Comment jugez-vous l'action de Maryse Joissains depuis 18 ans ?
Mohamed Laqhila : La ville s'embellit, elle a défendu sa ville. Le principal reproche qu'on pourrait lui faire, c'est cette bagarre avec Jean-Claude Gaudin. La Métropole doit reposer sur ses deux jambes. Après... je ne rentrerai pas dans les critiques pour les affaires judiciaires.
Ce n'est pas parce qu'elle a été condamnée en première instance qu'il n'y a pas la présomption d'innocence. Attendons que la justice se prononce définitivement. Mais cette affaire n'a pas fait du bien à l'image d'Aix. Ce n'est pas bon pour la ville. Elle aurait pu se mettre en retrait.
Maryse Joissains a dit qu'elle voulait se représenter. Son âge est-il, selon vous, un handicap ?
Mohamed Laqhila : Rien ne l'empêche. Si elle a encore des projets pour sa ville, je n'ai aucune critique sur l'âge. Elle a été élue légitimement. Si les Aixois sont contents de sa personnalité et de son bilan, ils la reconduiront. Mais je pense que pour Aix, il faut du renouveau. La société civile me le fait remonter. Il faut du renouveau dans la gouvernance et l'équilibre à Aix. Il n'est pas normal qu'il y ait de tels écarts de richesse entre les quartiers de la ville. Il faut aider ces quartiers prioritaires ; développer l'emploi, ouvrir ces quartiers vers la ville. Et avoir plus de volonté politique.
Qui peut incarner ce mouvement ?
Mohamed Laqhila : J'en ai discuté avec des amis, des militants. Moi, je suis prêt à le faire. Je compte bien entendu continuer mon travail de parlementaire. Mais je m'emploierai, dans les prochaines semaines, à monter un projet d'envergure pour la lutte contre la pauvreté. Je serai candidat pour cette ville. Contrairement à un législateur au rôle national, un maire voit les projets se réaliser. Je me sens en capacité de les mener. Je me laisse jusqu'en mars 2019 pour rassembler le plus largement possible. Notamment au sein de la société civile, qui a envie de s'impliquer. Il faut lui donner cette chance, il ne faut plus de professionnels de la politique. Aix mérite l'ouverture et je souhaite l'incarner.
Sous quelle bannière partirez-vous ? Modem, En marche ?
Mohamed Laqhila : Pour les éléctions à venir, notamment les européennes, il y aura des accords nationaux. Un projet local ne doit pas être incarné par un mouvement, mais par un candidat qui incarne tout le territoire d'Aix, avec sa sociologie. Pas seulement l'élite, mais tout le monde. En Marche et le MoDem auront bien sûr leur mot à dire mais aujourd'hui, c'est en homme libre que je pose ma candidature. Et je vous dirai au mois de mars si cette candidature a réuni l'adhésion la plus large.
D'autres personnalités de votre camp sont-elles intéressées ?
Mohamed Laqhila : Je n'ai pas encore cette information, mais pourquoi pas. Nous sommes en démocratie !


https://www.go-met.com/news/politique-depute-modem-lrem-candidat-mairie-daix-en-2020/

Le député MoDem-LREM Mohamed Laqhila candidat à la mairie d’Aix en 2020


De Narjasse Kerboua Publié le 18 septembre 2018 16 h 36 min Dernière modification le 19 septembre 2018 8 h 10 min

Le député MoDem-LREM, Mohamed Laqhila a annoncé qu’il souhaitait se présenter au poste de maire de la ville d’Aix-en-Provence. C’est à l’occasion d’un échange sur l’actualité nationale, avec un de nos confrères de La Provence, publié ce mardi 18 septembre, que Mohamed Laqhila a fait cette déclaration. En vue des municipales de 2020, il se dit prêt à porter un projet tout en continuant son rôle de parlementaire. « Je m’emploierai, dans les prochaines semaines, à monter un projet d’envergure pour la lutte contre la pauvreté. Je serai candidat pour cette ville. Contrairement à un législateur au rôle national, un maire voit les projets se réaliser. Je me sens en capacité de les mener ».

Il pose également cette candidature  en « homme libre », même si En Marche et le MoDem auront « leur mot à dire ». « Un projet local ne doit pas être incarné par un mouvement, mais par un candidat qui incarne tout le territoire d’Aix, avec sa sociologie. Pas seulement l’élite, mais tout le monde. » Mohamed Laqhila se laisse jusqu’en mars 2019 pour rassembler le plus largement possible, notamment au sein de la société civile. « Il faut lui donner cette chance, il ne faut plus de professionnels de la politique. Aix mérite l’ouverture et je souhaite l’incarner. »


http://www.bvoltaire.fr/livre-destin-francais-deric-zemmour/

18 septembre 2018


Livre : Destin français, d’Éric Zemmour
Gabrielle Cluzel Ecrivain, journaliste

L’œuvre d’Éric Zemmour est un peu comme Star Wars : elle a commencé par la fin, et ce n’est qu’ensuite que l’on comprend, en revenant aux sources. Après Le Suicide français, voici Destin français, magnifique fresque historique qui tient de Bainville, de Castelot, de G. Lenotre, de Bordonove et n’est à la fois rien de tout cela. C’est l’Histoire de France incarnée, spirituelle, prophétie biblique : « Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées… » Le péché originel des parents sera expié par les fils. « L’Histoire ne repasse pas les plats », disait Céline, mais elle accommode les restes, pour les servir des siècles plus tard : « La France semble condamnée à revivre sans cesse la même histoire, à revivre sans cesse les mêmes passions délétères. »

Zemmour compare la France à une mourante qui verrait défiler devant ses yeux toute sa vie : « Elle semble repasser par toutes les étapes de son existence millénaire. »

Chaque chapitre est peu ou prou consacré à une figure emblématique – Clovis, Saint Louis, François Ier, Richelieu, La Pompadour, Robespierre, Napoléon, Clemenceau, Pétain, de Gaulle… – dont le destin s’est un moment confondu avec celui de la France, et dont le courage ou la pusillanimité, la clairvoyance ou l’aveuglement, la détermination ou la légèreté ont infléchi le cours de la vie de nos aïeux, et le cours de la nôtre qui lui est indissolublement lié.

Il est des livres succincts dont on dit, riant, que s’ils tombent, ils ne risquent pas de vous casser le pied… Méfiez-vous de ne pas laisser choir celui-ci. Et pourtant, aucune longueur. Le livre est lourd mais la plume légère.

Éric Zemmour l’a dédié à ses parents, et c’est à eux qu’il consacre les première pages, surprenant ses lecteurs qui le savent peu prompt à s’épancher – la proximité de Christine Angot, sur les plateaux, l’a sans doute vacciné. C’est qu’ils sont l’alpha et l’omega de ce bouquin-là : il leur doit son inextinguible fibre française. Pieds-noirs, descendants de Berbères soucieux de faire à Rome comme les Romains (donc, de donner des prénoms « du calendrier » à leurs enfants – confer une controverse récente), ils s’agacent de s’entendre qualifier de « juifs de France » quand ils se considèrent « Français juifs ».

Éric Zemmour opte résolument pour le roman national, mais un roman qui ne s’inscrirait pas comme le Lavisse dans le courant romantique mais serait résolument réaliste : le féminisme beauvoirien tel que présenté par Éric Zemmour a quelque chose de bovarien, Simone aurait dû s’appeler Emma, James Rothschild a les traits de Nucingen et l’Italienne Catherine de Médicis les états d’âme d’une héroïne de Stendhal. Il les décrit comme ils sont, sans les noircir ni les idéaliser. Le manichéisme ne passera pas par lui et les titres des chapitres respectivement consacrés à Pétain et de Gaulle – « L’homme qu’il faut détester », « l’homme qu’il faut aimer » – parlent d’eux-mêmes. Il sort même du placard de grands oubliés, depuis longtemps remisés parce que trop étrangers à l’esprit du temps pour pouvoir être compris : qui connaît encore Bossuet, dont Zemmour écrit pourtant qu’il « réussit dans une langue d’une pureté inégalée la synthèse française du quadrilatère européen des racines juives, chrétiennes, grecques et romaines ». Qui sait encore que le comte de Chambord, par ce drapeau blanc dont il a fait « le test de sa liberté », a signé un « échec emblématique, matriciel même pour la droite française », « [annonçant] les défaites à venir pour pour ce courant conservateur ».

On dit d’Éric Zemmour qu’il est misogyne ; il est surtout misanthrope. Atrabilaire amoureux d’une France volage, futile, mondaine, inconséquente et belle comme pas deux, dont il voit avec une acuité féroce tous les travers qui la font courir à sa perte mais dont il ne peut se déprendre. Et nous avec lui.


 

https://www.laprovence.com/article/edition-vitrolles-marignane/5156276/un-documentaire-pour-mieux-comprendre-lhistoire.html

  • mardi 18/09/2018 à 09h01 - Mis à jour à 09h02
  • | Vitrolles

"Retour en Algérie", un documentaire pour mieux comprendre l'histoire à Vitrolles
Ce film d'Emmanuel Audrain a été le thème du dernier ciné-débat organisé au Bartas
Par B.Bu.

La guerre d'Algérie était le thème du dernier ciné-débat organisé au Bartas.
La guerre d'Algérie était le thème du dernier ciné-débat organisé au Bartas. Photo B.Bu
Nicole Niolo, la présidente de l'Association Vitrollaise des Amis de l'Humanité a présenté dernièrement un ciné-débat au Bartas en présence des représentants de plusieurs associations, les Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4ACG), l'ARAC, la Ligue des droits de l'Homme, les Pieds noirs progressistes et leurs amis, Coup de soleil et Tifin'Art qui maîtrisent le sujet de la guerre d'Algérie.
La soirée s'est terminée autour d'un buffet convivial. C'est le film " Retour en Algérie " réalisé par Emmanuel Audrain qui a servi de support au débat. Un documentaire qui s'attache à cette libération par la parole que propose la 4ACG dont la présidente d'honneur est Simone de Bollardière.
Son mari, Jacques de Bollardière, est le seul officier supérieur alors en fonction à avoir condamné ouvertement l'usage de la torture pendant la guerre d'Algérie en dénonçant à ses chefs certains procédés pratiqués par une partie de l'armée française dans la recherche du renseignement. Ils ont eu 20 ans, entre 1954 et 1962 et comme deux millions de jeunes Français, leur service militaire ce fut la guerre d'Algérie dont ils n'ont pu parler mais qui a dévasté leur jeunesse.
La torture et les corvées de bois sont les blessures dont leur génération n'a pas pu parler mais, 60 ans plus tard, à l'heure de toucher leur retraite du combattant, certains, sortent de ce long silence.


Un geste symbolique


Retour en Algérie, un documentaire pour mieux comprendre l'histoire à Vitrolles - 1
En toile le fond : le film d'Emmanuel Audrain, "Retour en Algérie".


Ils disent qu'ils ne peuvent pas garder cet argent, alors ils le collectent et le redistribuent à des associations, en Algérie. Avec ces projets solidaires, leurs coeurs ont rajeuni. Eux, qui s'étaient tus si longtemps, parlent enfin, rencontrent des jeunes et retournent en Algérie.
Puis, affrontant leur douleur et leur honte, ils parlent aux jeunes Français, qu'ils vont rencontrer dans les établissements scolaires et leur disent : "Parfois, il faut désobéir, oser dire non ! " Cette histoire a bouleversé leurs vies. Mais, aujourd'hui, ils veulent contribuer à en écrire une autre page, solidaire et fraternelle, celle-là.
Le documentaliste, Emmanuel Audrain, a recueilli les témoignages de gens ordinaires qui ont vécu ces événements tragiques auxquels ils n'avaient pas choisi de participer, sans pouvoir en parler pendant de nombreuses années : " Ce que je n'avais jamais pu dire à ma femme, mes enfants ou mes proches, j'ai enfin pu le partager", explique Gérard, technicien des forages.
" J'ai compris en pleine nuit que les cris que j'entendais, n'étaient pas ceux d'un chacal égaré dans le camp mais ceux d'un jeune homme de 14 ans que je connaissais, torturé à l'électricité. Cet événement m'a révolté et marqué à vie", explique Stanislas, séminariste.
"Ce retour en Algérie a été exceptionnel. Quel accueil ! Pas de haine chez ce peuple qui a beaucoup souffert. Soyez les bienvenus, nous n'avons pas fait la guerre au peuple français, précisaient-ils, mais au colonialisme. Aujourd'hui, ils attendent de la France, qu'au plus haut niveau de l'état, elle ait l'honnêteté, de reconnaître les faits", rajoute Gérard, travailleur social.
En immersion totale sur le terrain
En 2013, la petite équipe de tournage a passé 35 jours en Algérie : "Avec un matériel très discret, nous avons filmé du mieux que nous avons pu, raconte Emmanuel Audrain. C'est au stade du montage que je me suis rendu compte que le vrai voyage deces hommes était leur voyage intérieur, celui, qui va de leurs 20 ans à aujourd'hui. Ce long chemin, où avec coeur et intelligence, ils ont su retrouver l'estime d'eux-mêmes."
Pour Georges Treilhou, l'un des membres fondateurs de la 4ACG, la guerre est un engrenage infernal qui conduit fatalement à la barbarie : "Nul homme ne revient intact d'une guerre, ceux qui y sont morts n'ont pas donné leur vie mais on leur a volée."


https://www.les4verites.com/culture-4v/torture-en-algerie-et-discours-moralisateurs

Torture en Algérie et discours moralisateurs

Roland DUBOIS Posté le 18 septembre , 2018, 5:29


M. Macron vient de trouver une nouvelle occasion de fustiger son propre pays.
Qu’avait-il besoin, sinon pour sa « com » et pour tenter de séduire la gauche, de ressortir cette affaire Audin vieille de plus de 60 ans ?
M. Audin fut un soutien actif de la rébellion FLN, donc un traître comme il y en eut trop, hélas – dont beaucoup, il faut le dire, ont retrouvé plus tard une vie normale, quand, par hasard, leurs hauts faits d’armes contre nous n’étaient pas encensés par tout ce qui était politiquement correct.
La république n’est vraiment pas rancunière !
En regard, je pense aux nombreuses victimes des abominations perpétrées par le FLN et ses complices, avant et après 1962.
Il y a, dans l’islam, une culture du massacre et ce qui se passe maintenant dans tant d’endroits dans le monde (et d’abord chez nous) est la prolongation de cette guerre sans foi ni loi qui nous fut faite alors.
Les méthodes sont les mêmes.
M. Macron va-t-il aussi aller rendre visite aux survivants des familles de soldats français disparus aux mains du FLN, des pieds noirs massacrés, des harkis exterminés par dizaines de milliers sous nos yeux ?
Certainement pas, car ce n’est pas électoralement rentable.
Il ne va pas non plus demander le même mea culpa au gouvernement algérien, auprès de qui il dénonçait, il y a peu, la barbarie du colonisateur français.
Rappelons que c’est un gouvernement socialiste qui a donné l’ordre à l’armée française de débarrasser Alger du terrorisme quotidien qui l’ensanglantait, car la police n’en avait plus les moyens. Ce fut fait.
En guerre, certaines règles du temps de paix n’ont temporairement plus cours. Surtout quand on affronte un ennemi dont la foi commande la barbarie.
Certes, les moyens de se défendre contre la barbarie pouvaient ne pas être « orthodoxes ». Et, bien sûr, comme dans toute situation de guerre, compte tenu des circonstances, la limite entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas est floue et subjective.
À ceux que cette idée hérisse, je pose une question : vous avez entre les mains un bandit dont vous savez qu’il détient des informations qui peuvent éviter un carnage d’innocents. Il est muet, sauf pour réclamer un avocat. Que faites-vous ?
Ah ! Que les discours moralisateurs sont aisés, 50 ans après, depuis un fauteuil parisien, avec un verre à la main !


https://nice.catholique.fr/agenda/pelerinage-des-pieds-noirs-anfanoma/

Diocèse de Nice Logo
https://nice.catholique.fr/wp-content/uploads/2017/08/Valcluse.jpg
Pèlerinage des Pieds noirs ANFANOMA
7 octobre / 10 h 30 min - 18 h 00 min
Sanctuaire Notre-Dame de Valcluse
Dimanche 7 octobre
Pèlerinage des Pieds noirs ANFANOMA
Association nationale des expatriés d’Algérie et de Tunisie
Procession à 10h30, en l’honneur de St Michel Archange
Messe à 11h
Messe du sanctuaire à 17h

Complément RPweb, http://www.sanctuaire-nd-valcluse.org/


https://www.valeursactuelles.com/histoire/nouvelle-place-maurice-audin-la-culpabilite-jusqua-la-nausee-99038

 

Nouvelle place Maurice-Audin : la culpabilité jusqu’à la nausée

ParAuteur Mickaël Fonton  Mardi 18 septembre 2018 à 21:00

Culpabilité. La municipalité de La Courneuve a baptisé une place du nom du militant anticolonialiste vraisemblablement tué par l’armée française à Alger en 1957. Quand la mémoire se résume à un nouvel exercice de repentance. 

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Des visiteurs traversent la 'Place Maurice Audin' à la Fête de l'Humanité RPweb

Après la reconnaissance par Emmanuel Macron de ce que la mort du membre du parti communiste algérien Maurice Audin, 25 ans, capturé par les parachutistes français en pleine bataille d’Alger, et porté disparu, avait été le fait d’un « système institué alors en Algérie par la France », la mairie de La Courneuve (93) a décidé, vendredi 14, au premier jour de la Fête de l’Huma, de donner son nom à une place de la ville.
La cérémonie s’est déroulée en présence de la veuve de Maurice Audin, du maire (PC) de La Courneuve, Patrick Hyaric, de Pierre Laurent, première secrétaire du Parti communiste, mais aussi du député (LREM) Cédric Villani (Maurice Audin était mathématicien), proche de la famille.
Si le combat d’une veuve pour obtenir que la lumière soit faite sur la disparition de son mari est tout à fait respectable, on peut s’interroger sur l’intérêt qu’il y a, pour les autorités publiques présentes ce jour-là, à mettre ainsi en avant la figure d’un homme qui, à un moment compliqué de l’histoire de France, avait pris parti pour ceux qui combattaient les soldats de son pays. Au cœur de la Seine Saint Denis, un département où les regards portés sur la France, son histoire, sa culture, oscillent le plus souvent, notamment auprès de la jeunesse, entre la méconnaissance, le mépris et la haine, on peine à imaginer signe plus manifeste du renoncement de certains responsables politiques à toute volonté d’intégration. Comment espérer en effet celle-ci encore possible quand tout ce qui est donné à voir de ce pays entraînera, chez les populations locales, un mouvement de rejet souvent mêlé de colère ? 
Il est vrai que les participants à la Fête de l’Humanité n’ont fait que copier, à près de quinze ans de distance, l’ancien maire de Paris. Bertrand Delanoë avait en effet, dès mai 2004, sans attendre les conclusions d’une enquête qui est toujours restée obscure, inauguré une place Maurice Audin « militant de la cause anticolonialiste », dans le 5e arrondissement. Une spécialité pour l’élu qui avait déjà baptisé une « place du 19 mars 1962 » ou une autre dédiée « à la mémoire des nombreux Algériens  tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 ». Quand l’inculture la plus pénible s’associe aux bons sentiments les plus niais, et le calcul politique le plus médiocre au goût enfantin de la provocation, il n’y a plus rien à faire. 
Par chance, si l’on peut dire, il est  à peu près certain que la population de La Courneuve (ou de la Seine-Saint-Denis en général) ne se soucie en aucune façon du sort, et encore moins de la mémoire, d’un militant communiste – c’est-à-dire d’un blanc – assassiné par d’autres blancs voilà soixante ans ; en réalité ce geste souligne avant tout l’état de décomposition mentale des derniers fossiles de l’extrême-gauche française, définitivement le parti de la haine de soi, c’est-à-dire de la haine du père.


http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/128408

L’universitaire français Olivier Le Cour Grandmaison : L’ensemble des crimes coloniaux doivent être qualifiés « comme ils devraient l’être »


Les massacres du 17 octobre doivent être reconnus comme crime d’État

PUBLIE LE : 19-09-2018 | 0:00

L'universitaire français Olivier Le Cour Grandmaison a estimé que l'ensemble des crimes coloniaux, commis par la France, doivent être qualifiés "comme ils devraient l'être", affirmant que la déclaration du président Emmanuel Macron sur l'affaire Maurice Audin est un "immense pas". "Si la déclaration d’Emmanuel Macron, au sujet de l’arrestation, de la torture et de la disparition de Maurice Audin, est un immense pas pour la famille, et pour toutes celles et tous ceux qui, depuis cet événement, se sont mobilisés pour que le crime perpétré ce jour-là soit enfin reconnu par les plus hautes autorités de l’Etat, beaucoup d’autres devront être  effectués pour que l’ensemble des crimes coloniaux soient qualifiés comme ils devraient l’être", a-t-il précisé dans un entretien à l'APS, à quelques jours de la déclaration du président français.

Cependant, il a estimé que le président et ses conseillers demeurent "très en-deçà" de ce qui aurait dû être déclaré, rappelant que lors de son déplacement à Alger, en tant que candidat à l’élection présidentielle, il avait déclaré que la colonisation avait été un "crime contre l’humanité", mais il s’est bien gardé, a-t-il dit, de réitérer ses propos à cette occasion "alors que les faits visés ressortissent bien à ce type de qualification". L'auteur de "L’Empire des hygiénistes.

  Olivier Le Cour Grandmaison

Vivre aux colonies" (Fayard, 2014) a tenu également à rappeler au chef d'Etat français que l’article 212-1 du Code pénal français explique que sont considérés comme des crimes contre l’humanité : "la déportation (...) ou la pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition, la torture ou d’actes inhumains inspirés par des motifs politiques (...) organisés en vertu d’un plan concerté à l’encontre d’une population civile".

"Pour ménager les militaires, la droite et l’extrême-droite, et sans doute aussi, une partie de son électorat, peut-être aussi pour éviter des procédures judiciaires, cette qualification n’a donc pas été employée alors qu’elle est parfaitement adéquate aux pratiques de l’armée française pendant la guerre d’Algérie et aux crimes commis antérieurement à partir du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, puis en Indochine, à Madagascar en 1947 et le 17 octobre 1961 à Paris", a-t-il soutenu, soulignant que de ce point de vue, la déclaration du président Macron "ne saurait satisfaire celles et ceux qui exigent, parfois depuis des décennies, que ces massacres soient reconnus par les plus hautes autorités de l’Etat".

Les massacres du 17 octobre doivent être reconnus comme crime d’État

A propos de la promesse du président Macron d'ouvrir les archives, l'universitaire juge ambiguë sa déclaration à ce sujet.

"Soit cela porte uniquement sur l’affaire Audin, et c’est alors singulièrement restrictif, soit cela concerne l’ensemble de la guerre d’Algérie, et la mesure est autrement plus importante.
Reste que cet accès demeure le fait du prince", a-t-il expliqué et, pour ne pas abandonner son doute, il s'interroge sur le sort "des archives relatives aux événements précités auxquels il faut ajouter le massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944 et la guerre trop longtemps oubliée conduite au Cameroun entre 1955 et 1971". Pour Olivier Le Cour Grandmaison, comparativement à d’autres pays comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, la législation française sur l’accès aux archives est "une des plus restrictives et que beaucoup, par le passé, se sont vus refuser l’accès à certaines archives", mettant en valeur, dans ce cadre, le travail du regretté Jean-Luc Einaudi sur les massacres du 17 octobre 1961.

Il a annoncé à cet effet que, dans moins d’un mois, le collectif pour la reconnaissance des massacres du 17 octobre à Paris et sa banlieue se réunira, comme tous les ans, sur le Pont Saint-Michel, pour "exiger la reconnaissance de ce crime comme crime d’Etat et l’ouverture de toutes les archives".

"Le président de la République laisse croire qu’il est disposé à solder les comptes du passé criminel de la France en Algérie, qu’il le prouve en faisant enfin une déclaration précise et circonstanciée sur ce qui s’est déroulé à Paris et en banlieue parisienne où les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions forcées ont également été employées par des policiers et des harkis agissant sous les ordres du préfet de police de l’époque, Maurice Papon", a-t-il conclu.


 

https://www.lejdd.fr/societe/maurice-audin-apres-la-repentance-de-letat-sa-famille-espere-retrouver-le-corps-du-mathematicien-3756749

Maurice Audin : après la repentance de l'Etat, sa famille espère retrouver le corps du mathématicien


14h17 , le 16 septembre 2018
La famille de Maurice Audin savoure une demi-victoire avec la reconnaissance de la mort du mathématicien communiste "sous la torture" en Algérie. Elle clôt plus d'un demi-siècle de combat.

Après le "pardon" que lui a adressé Emmanuel Macron, jeudi, Josette Audin veut relancer les recherches du corps de son mari. (DR)
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Elle ne se départit jamais de ce léger sourire poli qui rend tout ­petits ses interlocuteurs. Samedi, dans son appartement de ­Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, Josette Audin, 87 ans, a la douceur de son salon. Enfoncé dans le canapé noir, il paraissait impressionné par cette grand-mère au chignon blanc, bien droite dans sa chaise. "Tu as vu, il était plus bas que toi", plaisante son fils, Pierre, toujours à son côté. 
Elle hausse les épaules. Le protocole, ça n'est pas trop sa tasse de thé. Et les hommes politiques, celle qui a refusé la Légion d'honneur ne leur fait plus trop confiance. Depuis soixante et un ans, l'épouse de Maurice Audin attend que l'un d'entre eux fasse comme Jacques Chirac, qui avait reconnu la responsabilité de l'Etat dans la rafle du Vél' d'Hiv. Les hasards n'en étant pas toujours, elle vit depuis son retour d'Alger en 1966 à deux pas d'une place qui porte le nom de ce funeste épisode.
De sobres remerciements pour Macron
Quand le président de la ­République est venu lui demander pardon pour le crime d'Etat commis sur la personne de son mari, militant communiste et anticolonialiste, en Algérie, en 1957, cette femme discrète l'a remercié sobrement. Pas de colère ni de rancœur, tout juste un soulagement de voir ainsi son "homme" réhabilité, l'Etat admettre enfin qu'il ne s'était pas évadé en Jeep du "centre de triage" d'El Biar à Alger sans laisser de trace, mais qu'il était mort sous la torture. De tous les mots qu'il a prononcés, les plus importants pour la famille Audin sont ceux pointant "le système arrestation-détention qui autorisait les forces de l'ordre à arrêter, détenir et interroger tout suspect". Un régime pour venir à bout des plus récalcitrants, instauré par la loi sur les pouvoirs spéciaux qui déléguait à l'armée des prérogatives policières.
"La vérité, nous la connaissions, il manquait la parole politique", souligne l'historien Benjamin Stora, qui a soutenu les Audin dans leur long combat. A l'époque de la disparition, la bataille d'Alger fait rage, la ville ploie sous les bombes. Au soir du 11 juin, Maurice, 25 ans, assistant de mathématiques à la faculté et membre du Parti communiste algérien, interdit car pro-indépendantiste, est arrêté par des militaires envoyés par le général Massu. Seule avec ses trois jeunes enfants, Josette sait déjà qu'elle ne le reverra plus. "J'ai toujours essayé de faire en sorte que les responsables se manifestent et disent ce qu'ils avaient à dire, chuchote-t-elle. Mais ils n'ont pas rempli leur devoir." Un destin brisé, un amour amputé net qui sera aussi sa force pour ne rien lâcher. "Comment aurais-je pu agir autrement? Ma vie, elle était déjà faite", souffle celle qui reste à jamais la femme de Maurice. Pierre, le benjamin de la fratrie, n'a alors qu'un mois. Louis, 18 mois. Et Michèle, 3 ans et demi. Une femme sans sa moitié, des enfants sans père… Sur les étagères de l'appartement familial, telles de joyeuses reliques, les photos en noir et blanc témoignent de ce que Maurice Audin a été : "Un idéaliste, un homme engagé, l'homme d'une famille qui n'abandonne jamais", confie le député LREM Cédric Villani, qui fait partie du clan des mathématiciens ayant œuvré à la réparation de "cette injustice".
Je ne suis pas simplement un orphelin, mais le fils d'un héros de la lutte pour l'indépendance
Josette Audin a déposé plainte le 4 juillet 1957 pour homicide. Au fur et à mesure que les enfants grandissent, faire avancer le dossier Audin est devenu une activité familiale permanente. "On était un poids quand même pour toi, maman, quand on était petits?", demande Pierre. "Un moteur, plutôt", rectifie sa mère. Très tôt, cette native de Bab El Oued leur confie ce qu'il s'est passé. Enfin, le peu qu'elle sait et les bribes qu'elle imagine. "Il n'y a jamais eu de secret institué même si c'est quelque chose de douloureux pour elle de parler de lui", reconnaît Pierre. Le fils ne dit pas "papa" mais "Maurice Audin". Comme l'histoire qu'on pourrait trouver dans un livre scolaire, la petite rejoignant la grande. "Je ne l'ai jamais vu en couleurs, parler, bouger, relève-t-il. Je ne suis pas simplement un orphelin, mais le fils d'un héros de la lutte pour l'indépendance. J'ai toutes les raisons d'être fier et révolté."
Comme son père, Pierre adhère au PC et devient un as des mathématiques. La fratrie s'investit dans la cause Audin, écrit aux différents présidents de la République, aux autorités algériennes pour essayer de savoir où se trouve son corps, mobilise les élus communistes, fouille les archives avec ses avocats. Les lois d'amnistie successives font tomber les procédures les unes après les autres. "Elles empêchent la condamnation d'un homme mais pas que la lumière soit faite sur l'histoire de la France", nuance Claire Hocquet, l'avocate des Audin. En 1994, l'incendie du Parlement de Bretagne fait disparaître une partie du dossier. Début 2000, nouvelle plainte pour crime de guerre et crime contre l'humanité. Enième déception car les exactions commises avant 1990 ne peuvent être qualifiées de crimes contre l'humanité. "C'est parfaitement scandaleux!", s'agace Pierre Audin. En mai 2011, ultime procédure pour séquestration et dernier échec.
L'ouverture des archives d'Etat attendue avec impatience
Face aux murs de silence, ­François Hollande décide en 2013 de déclassifier les documents liés à l'affaire. "C'était un peu tard", tacle poliment Josette. Le ménage avait été fait… "Vous croyez qu'une grosse brute qui torture quelqu'un va remplir un formulaire administratif ensuite? ironise Pierre. Il aurait pu y avoir des comptes rendus de réunion, des listes de personnes à exécuter, mais ceux qui avaient le pouvoir ont fait en sorte de les faire disparaître."
Ce jeudi 13 septembre leur laisse une impression de demi-victoire. "On n'a jamais été des premiers de cordée mais plutôt habitués à être dans le camp des perdants", plaisante presque Pierre. Le clan Audin attend beaucoup de l'ouverture des archives d'Etat annoncée par Emmanuel Macron ainsi que de l'appel lancé aux témoins de l'époque à restituer leurs documents privés pour permettre "ce travail de mémoire". "Les faits sont prescrits, amnistiés, plaide Pierre. Pour Maurice Audin et les milliers de disparus durant la guerre d'Algérie, ces témoignages doivent être livrés pour pouvoir tourner une page et ne pas en déchirer d'autres." La famille souhaite aussi relancer les recherches du corps de ­Maurice en utilisant les techniques ADN. Pour mettre un point final à ce drame. Car, avoue le fils, "le deuil, il y a longtemps qu'il a été fait".


https://blogs.mediapart.fr/christophe-courtin/blog/180918/maurice-audin-lhistoire-la-memoire-loubli

Maurice Audin, l'histoire, la mémoire l'oubli

    18 sept. 2018 Par christophe courtin Blog : Le blog de christophe courtin

La mémoire, l’histoire, l’oubli. C’est le titre de la dernière œuvre majeure de Paul Ricoeur publiée en 2000 au Seuil. Emmanuel Macron, étudiant en philosophie, a été assistant éditorial de Paul Ricoeur quand ce dernier concentrait ses forces sur ce travail monumental où il discute pied à pied avec deux cents auteurs dont il fallait rechercher les références pour les nombreuses notes de bas de page. Dans ce livre Paul Ricoeur tentait de répondre à quatre questionnements. Qu’est-ce que la mémoire, l’oubli ? Quelle est la vérité de l’histoire et quelles sont les conditions du pardon ? Cette expérience a de manière certaine influencé la décision et le discours du président de la République dans la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat dans la disparition de Maurice Audin en 1957. Dans certaines circonstances qui touchent à notre vouloir vivre ensemble constitutif de notre Nation et malmené en ce moment, il faut être à la hauteur de la situation, laisser de côté les procès d’intention ou les spéculations sur l’agenda politique et prendre acte du choix historique du chef de l’Etat.  
 La guerre d’Algérie fait partie de la mémoire vécue ou partagée de plusieurs millions de Français et d’Algériens. Paul Ricoeur s’interroge sur la représentation dans le présent de quelque chose de passé, sur le passage d’une mémoire individuelle liée au vécu d’un individu, vers ce que l’on appelle notre mémoire collective. Cette dernière se fait par l’intersubjectivité des citoyens, elle est alors susceptible de manipulations et d’idéologie. Certains moments illustres de notre histoire récente comme la Résistance, la Libération ou Mai 68 sont remémorés et les acteurs vivants sont appelés à témoigner. Quant à la collaboration, la colonisation ou la guerre d’Algérie, elles ont été ou sont encore l’objet d’une sorte de stratégie de déni et d’oubli. La représentation de ce passé sombre et proche est difficile. L’histoire est aussi un fardeau et la veuve de Maurice Audin a dû se battre des années pour que le martyr du jeune enseignant ne tombe pas dans l’oubli.
C’est aux historiens qu’il revient de faire le travail de vérité. Ce sera la documentation sourcée, confrontée, vérifiable, ainsi que les témoignages recoupés de ceux qui ont participé ou vécu les évènements, qui constitueront la transition fondamentale entre la mémoire et l’histoire. Dans le cas de Maurice Audin et de la torture en Algérie ce travail de vérité avait été fait depuis plus de vingt ans et c’est sur le travail des historiens, dont Pierre Vidal-Naquet qu’il cite, que le président s’appuie pour reconnaître enfin la responsabilité de la France. Comme Jacques Chirac avec le Vel d’hiv, il ne nous dit pas une nouvelle vérité officielle, il dit la vérité de l’histoire qu’il faut regarder en face : les lois d’exception, les pleins pouvoirs à l’armée ont été des décisions politiques qui ont entraîné la torture généralisée en Algérie dont Maurice Audin a été la victime et dont l’Etat français porte la responsabilité. Le travail de vérité sur le passé n’est pas une repentance, il est une reconnaissance pour réparer le passé, comprendre le présent et préparer le futur. Notre présent c’est celui de la diminution de nos libertés publiques inscrite dans la loi anti-terroriste de 2017 qui intègre des dispositions de l’état d’urgence de 2015 issues de la loi coloniale du 3 avril 1955. Certes, cette dernière avait été prise pour éviter la proclamation de l’état de siège qui aurait transféré tous les pouvoirs à l’armée, mais moins d’un an plus tard elle a ouvert la voie aux pouvoirs spéciaux du gouvernement du socialiste Guy Mollet qui donna carte blanche à l’armée. Le parti communiste les vota. La vérité de l’histoire, c’est aussi cette vérité.
 Le président de la République n’a pas demandé pardon dans son allocution officielle mais Emmanuel Macron l’a fait personnellement en se rendant chez Josette Audin. Pour Ricoeur, philosophe chrétien, le pardon que l’on donne, que l’on reçoit ou que l’on demande est un acte individuel qui relève de la capacité de chacun. Le pardon collectif est impossible. L’Etat n’a pas cette capacité existentielle propre à chaque citoyen. Le pardon présuppose la faute et l’on s’approche de la question métaphysique où selon Ricoeur la théologie s’infiltre. L’institution rend justice et répare mais ne pardonne pas. La reconnaissance officielle de l’Etat est un aveu, elle n’est pas un acte de contrition. Étonnamment dans son ouvrage Paul Ricoeur ne mentionne qu’une seule fois la réconciliation qui ne peut être selon lui qu’une modalité du pardon, alors qu’elle semble centrale dans le discours du président de la République : « Il en va enfin du devoir de vérité qui incombe à la République française (…) car c’est par la vérité seule que la réconciliation est possible ». La théologie s’y serait-elle infiltrée ?


https://www.letelegramme.fr/soir/memoire-j-ai-fait-le-chemin-vers-l-algerie-pour-demander-pardon-18-09-2018-12082489.php


Algérie. "J’ai fait le chemin pour demander pardon"


Le Télégramme


Gilbert Quellec avait 20 ans en Algérie. Il s’y trouvait pendant « les événements », comme il a longtemps été d’usage de désigner la guerre. 60 ans après, le Morbihannais a emprunté un chemin de mémoire, effectué un acte de réconciliation dont il revient, simplement, heureux.


Avec une infinie délicatesse, il ressort une petite photo en noir et blanc de son grand album familial. « C’est moi à Lamoricière, aujourd’hui renommée Ouled Mimoun… J’avais 20 ans et je ne savais pas vraiment pourquoi j’étais là-bas… ». Gilbert Quellec a laissé une grande part de sa jeunesse en Algérie. Avant la repentance de l’État et la rencontre d’Emmanuel Macron avec la famille de Maurice Audin, Gilbert avait déjà entrepris de réaliser son propre acte de réconciliation. « Le président Macron a oublié de parler des deux camps, il y a eu de nombreux morts des deux côtés ».
On avait toujours la boule au ventre
Jeune appelé, Gilbert revêt l’uniforme, tout d’abord en Allemagne, avant de découvrir l’Algérie. Il y restera deux ans. « Du 1er novembre 58 au 1er novembre 60 ». Il découvre un pays plongé dans la violence, où la peur s’est lovée dans les recoins de l’esprit. « On avait toujours la boule au ventre. La nuit, quand on était couché ou quand nous étions en patrouille, on entendait les bruits de mitraillettes… », se remémore-t-il aujourd’hui, dans le silence apaisant de sa ferme de Locoal-Mendon (Morbihan). Les combats, la mort, la peur… Les images sont intactes. « Il y a eu des moments très douloureux. Un jour, j’ai vu tomber l’un de mes copains… Je ne savais même pas qu’il était là. Il y avait plusieurs groupes et nous étions pris dans une embuscade. On a eu le temps de se mettre à l’abri, mais on ne pouvait pas intervenir sur un autre groupe qui se faisait mitrailler. Après un moment, le radio, qui était à côté de moi, me dit : "je crois qu’il y en a un de chez toi, là-bas"… C’était vrai. Il se trouve qu’on faisait du vélo ensemble à Lanester, quand nous étions plus jeunes. Il s’appelait René Le Du et il est mort à quelques dizaines de mètres de moi ».

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Décoré par De Gaulle
D’autres souvenirs, moins terrifiants, s’agrègent dans le recueil de la mémoire. « Nous étions jeunes mais nous restions soudés. Il y avait un esprit de camaraderie très fort. Je me souviens aussi de ce pays, magnifique, avec ses lumières, son désert extraordinaire… ». Dans l’Oranais, Gilbert était chauffeur. Il lui est pourtant arrivé de se trouver en première ligne, sous le feu de l’adversaire. « Mais je n’ai jamais tiré sur quelqu’un. Un jour, un commandant qui avait repéré une patrouille m’a demandé de prendre à revers un groupe et de le rabattre vers l’oued (rivière). Il a ainsi été mis hors de combat. C’est ce qui m’a valu d’être décoré ». Une décoration remise par Charles de Gaulle en personne. « Le Général se trouvait sur place, en 59, pour faire la tournée des popotes ». Gilbert est revenu d’Algérie, a fait sa vie, eu plusieurs métiers et accompli de belles choses. Mais toujours, le taraudait l’envie de retourner là-bas.
Certains nous disaient qu’ils n’avaient pas vu de Français dans cette partie du pays depuis l’indépendance
« Je parlais de mon projet avec les anciens combattants et ils me disaient de ne pas y aller… Mais j’ai finalement trouvé des compagnons de route qui avaient le même désir : deux anciens des Landes et un autre Morbihannais, Jean Richard, de Séné. Et puis, j’avais avec moi mes deux gardes du corps : ma fille et mon petit-fils de 18 ans ». L’appréhension des débuts est rapidement balayée par les vents de ce désert qui a bien changé. « Le fort du col des Zarifet est devenu un zoo, et Lamoricière (située au nord-ouest), la petite ville de 2 000 habitants, en compte aujourd'hui 20 000… Les gens étaient surpris de nous voir venir. Certains nous disaient qu’ils n’avaient pas vu de Français dans cette partie du pays depuis l’indépendance ».


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Devant le monument aux morts de Khemis Miliana
Là où Gilbert et ses compagnons craignaient des portes fermées, des bras accueillants s’entrouvrent. « On a été accueillis avec chaleur. Nous avons expliqué ce que nous faisions là. On entendait : "soyez les bienvenus"… Partout, des gens désireux de venir parler avec nous, d’écouter. Un homme, dont le père était mort pendant la guerre, a pris le temps de nous montrer le monument aux morts où 109 Algériens figurent… D’autres voulaient entendre notre histoire. J’ai été invité à manger le couscous le jour de mon anniversaire, le 12 mai, que j’ai fêté là-bas. C’était tout bonnement incroyable ».
Unis par les larmes
L’émotion est à son comble quand Gilbert et ses amis découvrent une « maison de torture » à Beraoun : « Un homme, Benamar Salah, nous accompagnait. Il avait été torturé sur place. Il y avait là les cachots, la corde pour pendre, la baignoire où les têtes des gens étaient plongées, la gégène et un puits pour jeter les cadavres. À l’époque, je ne savais pas que tout cela existait. Je pense qu’il n’y avait pas de salle de torture au fort de Lamoricière. Là, tout ça… C’était trop. On s’est mis à pleurer. Benamar aussi. Et on s’est pris dans les bras… ». Gilbert est revenu, en paix avec lui-même. « Je pense qu’on n’avait rien à faire en Algérie. C’était un conflit inutile. Tous mes amis le disent ».


https://www.les4verites.com/politique/audin-repugnante-repentance

 

Audin : répugnante repentance

Rouxel Jean Posté le 18 septembre , 2018, 5:06

Le 13 septembre dernier, Emmanuel Macron a demandé pardon, au nom de la France, à Josette Audin, veuve de Maurice.

Ce dernier, membre du Parti communiste algérien et porteur de valises des terroristes du FLN, avait été capturé et tué par l’armée française en 1957.

Il est difficile d’envoyer un message plus catastrophique que celui-ci.

D’abord, cette demande de pardon poursuit l’absurde politique de repentance, naguère entamée par Jacques Chirac.

Comment voulez-vous, Monsieur le Président, que les étrangers que vous faites venir par millions en France puissent aimer la France, dont vous ne cessez de dire qu’elle est haïssable ?

Par ailleurs, cette demande de pardon ne peut que renvoyer à l’idée que certains morts sont plus honorables que d’autres.

En demandant pardon pour la mort d’un complice du terrorisme, M. Macron « oublie » les dizaines de milliers de morts qui ont été lâchement et cyniquement abandonnés par l’État français – en violation de toutes ses promesses – et qui, eux, avaient fait leur devoir.

Que le chef de l’État n’ait une pensée que pour un traître (et rien pour les harkis et les militaires français torturés par le FLN) est, là aussi, un message catastrophique pour la jeunesse de notre malheureux pays.

Tout le monde aura compris que, pour avoir les honneurs « républicains », il vaut mieux cracher sur la France que la servir ; il vaut mieux assassiner des Français que les défendre.

Mais, surtout, à l’heure où la France est confrontée au terrorisme islamique, faire l’éloge d’un complice du terrorisme est une aberration inouïe.

La déclaration réussit le tour de force de se donner un aspect d’équilibre en refusant de « minimiser ni excuser les crimes et atrocités commis de part et d’autre » – mais en « oubliant » de dire le moindre mot des atrocités du FLN et en ne parlant que de la torture pratiquée par l’armée.

On sait bien que ce type de repentance ne sert que des objectifs politiciens.

En l’occurrence, M. Macron « drague » l’extrême gauche – qui a applaudi, dès le lendemain, dans l’Humanité portant le titre « Enfin ! ».

Mais brader la vérité, brader l’admiration due à des militaires qui ont rétabli la sécurité et la paix à Alger dans des conditions épouvantables, brader le respect dû aux victimes innocentes du FLN, brader enfin l’amour de la France, pour une opération de politicaillarie est profondément révoltant – d’autant que le chef de l’État est un récidiviste.

Non, ce discours de M. Macron n’est pas prononcé au nom de la France. C’est bel et bien le discours de l’anti-France !

 


https://www.francetvinfo.fr/societe/maurice-audin-aurait-merite-12-balles-dans-la-peau-declare-eric-zemmour_2946591.html

"Maurice Audin aurait mérité 12 balles dans la peau", déclare Eric Zemmour


franceinfoFrance Télévisions

Maurice Audin était militant communiste pendant la guerre d'Algérie. Emmanuel Macron a reconnu début septembre la responsabilité de la France dans sa mort.
"J’étais scandalisé par le comportement d’Emmanuel Macron." Invité du journal L'Opinion mardi 18 septembre, l'auteur Eric Zemmour a une nouvelle fois tenu des propos controversés. Venu faire la promotion de son dernier ouvrage, le polémiste a estimé que le militant communiste Maurice Audin "mort dans des conditions tragiques", "méritait 12 balles dans la peau". 
C'était un traître, c'était un type qui était contre la France, qui aidait le FLN à tuer des Français.Eric Zemmourà "L'Opinion"
"C'était la guerre contre la France, ce type a pris les armes contre la France, c'était tout à fait normal qu'il fut exécuté", a affirmé Eric Zemmour, ajoutant que "la torture a quand même permis d'arrêter les attentats". Emmanuel Macron a reconnu le 13 septembre, "la responsabilité de l'Etat dans la disparation" du mathématicien communiste militant de l'indépendance de l'Algérie Maurice Audin. L'homme avait été torturé par l'armée française et avait disparu sans laisser de traces en 1957. Le président avait remis à sa veuve, Josette Audin, une déclaration reconnaissant le rôle de l'Etat.
Dans une tribune publiée sur Le Monde, l'historien spécialiste de l'Algérie Benjamin Stora a salué une décision "historique". "Bien sûr, cette déclaration fera pousser des cris, dans la droite extrême, de ceux qui diront qu’il s’agit là de 'repentance', et qu’il ne faut surtout pas évoquer la face d’ombre du passé français (...) Mais pour l’immense masse de ceux qui ont vécu le temps de la colonisation, elle laissera une trace ineffaçable."


https://www.liberte-algerie.com/actualite/lancement-dun-appel-a-temoins-300185

Par Samia Lokmane Khelille 19-09-2018 10:57

Disparus de la bataille d’Alger
Lancement d’un appel à témoins


La soldatesque française en action. © D.R.

L’association Maurice-Audin et Histoire coloniale.net viennent de lancer un site 1000 autres.org qui comporte mille notices de personnes arrêtées par les militaires français à la même période que le mathématicien et qui ne sont jamais réapparues. Cette liste non exhaustive des disparus pourrait s’accroître avec de nouveaux signalements.

 

En admettant la semaine dernière que l’assassinat de Maurice Audin a été rendu possible par un système politique légalement institué qui a favorisé les tortures et les disparitions pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie, le président français, Emmanuel Macron, a rendu justice au mathématicien et à d’innombrables victimes de la machine de guerre française, enlevés, séquestrés, torturés jusqu’à la mort ou exécutés sommairement et dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

Combien d’Algériens ont connu ce terrible sort ?

Macron a ouvert la boîte de Pandore. Il reste à savoir ce qu’il y a dedans. Pour y voir clair, des personnalités viennent de s’engager dans une quête consciencieuse de la vérité. Un site, 1000 autres.org, a été lancé samedi dernier par Histoire coloniale.net (une plateforme animée par l’association Histoire coloniale et postcoloniale où figurent des historiens, Gilles Manceron, Fabrice Riceputi et Alain Ruscio), et l’association Maurice-Audin. Plusieurs médias se sont associés à cette démarche et la soutiennent.

“Les 1 000 autres” fait référence à une liste de 1 000 disparus de la Bataille d’Alger, qui ont connu le même sort que Maurice Audin. La plupart des noms sont portés sur des fiches de renseignements que Fabrice Riceputi a comptabilisés au cours de ses recherches, aux Archives nationales d’Outre-Mer (Anom), notamment, où il a mis la main sur un fichier de la préfecture d’Alger qui comporte 850 noms. D’autres cas de disparitions, provenant de sources diverses, ont été rajoutés au décompte.

Les noms des disparus figurent sur des notices qui peuvent être consultées sur 1000 autres.org. En les rendant publiques, Histoire coloniale.net et l’association Maurice-Audin espèrent recueillir des informations et des témoignages, qui peuvent renseigner sur le sort réservé aux victimes. Elles s’attendent aussi à ce que la liste grossisse à la suite de nouveaux signalements. Les deux organisations lancent d’ailleurs un appel à témoignages, pour étayer les faits autour des multiples disparitions. Des personnes ont déjà réagi. Elles ont trouvé sur la liste les noms de leurs proches portés disparus. Pour Pierre Mansat, président de l’association Maurice-Audin, cette initiative, si elle aboutit, permettra à de nombreuses familles de faire totalement leur deuil. Il évoque notamment le cas de Maurice Audin en affirmant que le souhait de son épouse Josette et de ses enfants est de savoir où son corps a été enterré. Pierre Mansat lance à cet égard un appel aux autorités algériennes pour aider la famille dans ses recherches et d’accepter que des fouilles soient engagées sur la base des témoignages fournis dans cette affaire et que des tests ADN soient effectués.

Mais au-delà, il estime que la question des disparitions pose avec justesse le problème de la torture pendant la guerre d’Algérie. “La disparition de Maurice Audin est un symbole”, a affirmé, de son côté, l’historienne Sylvie Thènaut, il y a quelques jours, sur Radio France Culture, ajoutant que “cette fonction symbolique fait qu’on peut généraliser à partir de son cas”. “On  peut aller au-delà de la Bataille d’Alger, en s'inscrivant dans le cadre de la dénonciation de la pratique de la torture, dans le prolongement d'une figure emblématique telle que celle d'Henri Alleg”, a-t-elle conclu.                                      

  S. L.-K.


https://www.publicsenat.fr/article/politique/macron-annonce-un-musee-memorial-pour-les-victimes-du-terrorisme-133318

Mercredi 19 septembre 2018 à 17:26


Macron annonce un musée-mémorial pour les victimes du terrorisme


Emmanuel Macron a annoncé mercredi, lors de la cérémonie annuelle d'hommage aux victimes du terrorisme, la mise en chantier d'un...
Par AFP @afpfr

Le président Emmanuel Macron dépose une gerbe lors de la cérémonie d'hommage aux victimes du terrorisme, le 19 septembre 2018 à Paris

Emmanuel Macron a annoncé mercredi, lors de la cérémonie annuelle d'hommage aux victimes du terrorisme, la mise en chantier d'un musée-mémorial ainsi qu'une amélioration de la prise en charge des victimes.
Accompagné de son épouse, le chef de l'État a assisté mercredi après-midi dans les jardins des Invalides à cette 19e cérémonie, organisée par l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) et la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs.
"Je souhaite qu'un musée-mémorial soit créé et que sa préfiguration soit lancée sans attendre", a-t-il déclaré devant un parterre de représentants des victimes, plusieurs ministres ainsi que des personnalités comme Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon. Depuis 21 ans que sont commémorées les victimes, "nous ne nous habituerons pas", a-t-il lancé.
Evoquant le sort de Sophie Pétronin, retenue en otage au Mali, il a rappelé "la mobilisation pleine et entière des pouvoirs publics et la discrétion qui en ces matières est soeur de l'efficacité".
Il a également annoncé la création d'ici la fin de l'année d'un "Centre national de ressources et de résilience (CNRR)" pour améliorer la prise en charge des victimes. "Il n'y a pas plusieurs types de terrorisme. Il n'en existe qu'un. Il n'y a pas plusieurs types de victimes du terrorisme", a-t-il martelé.
Le président de la République a de plus décidé de renforcer l'aide financière aux victimes françaises à l'étranger, comme le demandaient les associations.
Emmanuel Macron a enfin annoncé la création d'une journée nationale de commémoration, un "hommage de la nation aux victimes du terrorisme", dont la date, controversée, fera l'objet d'une concertation avec les associations.
Plusieurs de ces propositions avaient été préconisées par le comité chargé par le gouvernement de réfléchir à la commémoration des attentats, qui a remis son rapport le 7 septembre. Ce comité plaide pour l'adoption de la date du 11 mars, journée européenne des victimes du terrorisme, alors que les associations souhaitent le maintien de la date du 19 septembre.
Le chef de l'Etat a de plus accepté, à la demande des associations, que la date de commission des attentats permettant d'ouvrir droit à la médaille de reconnaissance des victimes du terrorisme remonte au-delà de 2006, date actuelle.
"Nous sommes globalement satisfaits. Reste la date de commémoration sur laquelle nous nous sommes positionnés depuis longtemps -à savoir le 11 mars- et sur laquelle le président ne s'est pas prononcé. Privilégier une date d'attentat en France est problématique pour nous", a expliqué Alexis Lebrun, porte-parole de l'association de victimes du 13 novembre 2015 life for Paris.


Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l'AFVT s'est dit "tout à fait satisfait.


Nous allons pouvoir aborder les problèmes de fond et résoudre les petites susceptibilités sur les choix de date et de lieu".
De son côté, Bilal Mokono, victime de l'attentat du Stade de France, a jugé que ces mesures étaient surtout "symboliques". Le jeune homme en fauteuil roulant a ainsi lâché: "Je suis pas sûr que si on me remet une médaille, je me remette debout".
La France vit sous une constante menace terroriste depuis début 2015 et la vague d'attentats jihadistes sans précédent qui a fait 246 morts.
Lors de la cérémonie ont été évoqués des attentats survenus il y a 40 ans, 30 ans, 20 ans, 10 ans. Cette liste comprenait l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998, dont la famille a pour la première fois participé à cet hommage national "pour rappeler l'existence de ce terrorisme corse", a témoigné sa veuve Dominique Erignac.
Des témoins ont raconté l'attentat dont eux-mêmes ou leurs proches ont été victimes, en Inde (Mumbai en 2008), en Algérie (prise d'otage d'In Amenas en 2013) ou encore en Grèce (City of Poros, 1988). L'hommage a aussi rappelé, entre autres, des attentats au Kenya (Nairobi, 2013), au Mali (Kidal, 2013, où ont péri les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon) et en France dont celui de Trèbes en 2018 où est tombé le colonel Arnaud Beltrame.
Emmanuel Macron et les dirigeants des associations ont salué les victimes juives des attentats, dont les proches qui célèbrent Yom Kippour mercredi n'ont pu venir.


http://www.hauteprovenceinfo.com/article-22067-ongles-10e-journee-d-etude-les-hameaux-de-forestage-de-provence-ce-samedi-22-septembre.html

Ongles : 10e journée d’étude : Les hameaux de forestage de Provence, ce samedi 22 septembre
12h34 - 19 septembre 2018

Ongles : 10e journée d’étude : Les hameaux de forestage de Provence, ce samedi 22 septembre

Ce samedi 22 septembre, la MheMO propose une journée de témoignages et d’échanges sur ce que furent la vie dans les « hameaux de forestage » de Provence et les travaux d’aménagement effectués par les anciens harkis dans nos massifs forestiers.
Ce samedi 22 septembre, la MheMO propose une journée de témoignages et d’échanges sur ce que furent la vie dans les « hameaux de forestage » de Provence et les travaux d’aménagement effectués par les anciens harkis dans nos massifs forestiers.
Le rendez-vous est donné au foyer rural Yvan Durand à Ongles à partir de 9h, où Maryse Blanc, maire d’Ongles, et Thierry Michalon, président de l’association Les Amis de la MheMO, vous accueilleront. Puis, Jean-Jacques Jordi, historien et modérateur, présentera le programme de la journée :
10h00 - Katia Khemache : Du camp au hameau de forestage
10h20 - Alexandre Dakiche : Les travaux d’aménagement forestiers autour de St-André-les-Alpes
10h40 - Ali Amrane : Les travaux forestiers en Provence
11h00 -Gérard Bidet : Le hameau de forestage d’Ongles
11h20 - Débat avec la salle
12h00 - Repas servi sous les platanes
Après-midi :
14h00 - Cathy Roumieu : réalisation du film : Le camp de Harkis à Montmorin
14h15 - Projection du film de Cathy Roumieu
15h15 - André Broise : Le hameau de Montmorin (Hautes-Alpes)
15h30 -: Houria Smati : La vie d’une femme de harki dans les hameaux.
15h45 - Danielle Ladrouze : La vie d’une fille de harki dans les hameaux
16h00 - Débat avec la salle
16h30 - Clôture de la journée par J.J. Jordi puis verre de l’amitié
Profitez aussi de cette journée pour visiter l'exposition permanente Ils arrivent demain... retraçant l'histoire des premières familles de harkis, rapatriées par le lieutenant Durand et accueillis à Ongles.
Le soir, à 19h30, retrouvez le collectif Manifeste Rien pour une représentation de leur spectacle La Domination Masculine, basé sur l’ouvrage de Pierre Bourdieu. Les textes sont signés par Tassadit Yacine qui s'est inspiré de la poésie kabyle et la mythologie berbère pour les écrire. Le spectacle durera 1h environ.
Rappelez-vous aussi que mardi 25 septembre aura lieu la journée d’hommage national aux Harkis et aux membres des forces supplétives. À cette occasion, des céremonies seront organisées dans le département, notamment à Digne-les-Bains 10h au monument aux Morts), Sisteron11h à la stèle des Rapatriés au cimetière porte n°4), ou encore à Manosque17h00 à la place du Terreau).
David GROAT

Les amis de Jean Jacques Jordi

Thierry Michalon
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Thierry Michalon Né en 1945, Thierry Michalon, diplômé de l’Institut d’Etudes politiques de Grenoble et docteur en droit public, a tout d’abord été enseignant-chercheur au titre de la coopération successivement auprès des universités d’Oran (Algérie), Yaoundé (Cameroun), N’Djaména (Tchad) puis Brazzaville (Congo). Il fut ensuite maître de conférences auprès des universités de Corse, de Pau, puis des Antilles-Guyane. Ses travaux ont porté sur deux grands domaines : - L’analyse des raisons de l’échec des tentatives faites pour transposer le modèle d’institutions publiques né en Europe – et en premier lieu l’Etat lui-même - dans les sociétés issues de la décolonisation ; - Les statuts des territoires ultra-marins de la République française. Principales publications : - « La République française, une fédération qui s’ignore ? », Revue du Droit public et de la Science politique, 1982, n°3, p.625. - « L’échec de l’Etat post-colonial en Algérie, ou le triomphe des cousins », Le Monde diplomatique, novembre 1994. - « Un désastreux exemple pour l’Afrique : l’élection du Président de la République au suffrage universel », Le Monde diplomatique, janvier 1998. Repris par Manière de voir, n° 83, octobre-novembre 2005. - L’outre-mer français. Evolution institutionnelle et affirmations identitaires. L’Harmattan, coll. du GRALE, 2009, 162 p. - « Une société peut-elle vivre sans l’idée de Dieu ? », in Florence Faberon (dir.) Liberté religieuse et cohésion sociale : la diversité française, Presses universitaires d’Aix-Marseille, coll. Droit et religion, 2015, p.53

L’ALGERIE AUJOURD’HUI
Retour à Oran

Retrouver l’Algérie quarante ans après y avoir enseigné et vingt-six ans après un dernier séjour replonge le visiteur dans l’atmosphère singulière d’un pays toujours partagé entre l’audace de ses ambitions et l’amertume de ses pesanteurs.[1]
D’emblée, la rue d’Oran s’avère beaucoup plus détendue que ce que l’on imagine, et nul ne met en garde le visiteur contre quoi que ce soit. Pas de barbus en “kamis”, vaguement menaçants, en vue. Loin du « haïk » uniforme d’autrefois, les femmes sont vêtues de manière très variée, le foulard – quasiment de rigueur après la puberté – pouvant accompagner les jeans moulants des lycéennes mais se transformant en « hidjab » – couvrant aussi les épaules – avec les tenues longues et raides du personnel administratif. L’ample « niqab » noir ne laissant voir que les yeux est très rare. On voit marcher et rire ensemble des jeunes femmes habillées complètement à l’occidentale, cheveux libres, en compagnie d’autres vêtues de manière très stricte, de vêtements austères et longs, complétés d’un « hidjab » : malgré ces options vestimentaires contrastées, elles ne vivent donc pas dans des mondes différents et semblent assez libres de leurs choix en la matière, selon, disent-elles, leurs convictions religieuses. Vêtements beaucoup plus variés qu’autrefois, visage quasiment toujours visible : le sentiment s’impose donc que, malgré le puissant retour du religieux depuis les années 70, le processus d’affirmation de l’individu est en marche. En sens inverse, les mosquées, autrefois peu nombreuses et ne rassemblant le vendredi que de vieux messieurs enchantés de s’y retrouver, se sont considérablement multipliées, et la pression sociale ne laisse qu’à quelques audacieux la liberté de ne point s’y rendre : la crainte de la « honte », traditionnel garant de l’assujettissement au groupe, s’est clairement concentrée sur les manifestations d’appartenance à la communauté des croyants.

De toute évidence, le niveau de vie a considérablement augmenté. La circulation est en ville très dense, le parc automobile récent et constitué pour l’essentiel de Renault/Dacia montées sur place: très peu de ces puissantes berlines allemandes exprimant des «réussites » souvent douteuses. L’activité commerciale s’est beaucoup développée, s’étendant à des rues autrefois encore semi-rurales. Loin des pénuries de l’époque socialiste, les légumes, cultivés sous serres irriguées dans les oasis du Sud[2] et très homogènes d’aspect, abondent sur les marchés, mais à des prix élevés pour les bourses modestes. La ville ayant largement doublé en superficie – en direction du sud comme de l’est – d’énormes programmes de construction de logements semblent avoir satisfait la demande, au point que, devant la baisse des loyers, certains propriétaires conservent leurs appartements inoccupés. En banlieue comme dans les villages de l’Oranais, des alignements d’immeubles identiques ont surgi, émergeant de terrains vagues saturés de voitures en stationnement. Une vaste classe moyenne a de toute évidence émergé, aidée en cela par la politique délibérée de pouvoirs publics soucieux d’acheter la paix sociale sans toucher aux privilèges des apparatchiks : subventions aux produits de base importés, quasi-absence de fiscalité[3] (« il n’y a pas d’impôts ! » s’exclame un chercheur en sciences sociales), médecine gratuite, surabondants recrutements dans la fonction publique d’Etat comme dans les collectivités locales, avances consenties – de manière très libérale – par l’Etat aux jeunes présentant un projet, même peu sérieux, de création d’activité, notamment. Cette prospérité, quelque artificielle qu’elle soit, attire et retient une importante immigration venant d’Afrique sub-saharienne, dont les effectifs se rajoutent à celle des étudiants de la même provenance : l’Algérie se découvre terre d’immigration.[4]

Depuis la « décennie noire » des années 90 – « je ne souhaite pas à mon pire ennemi de vivre l’enfer que nous avons vécu ! » entend souvent le visiteur – de gigantesques travaux d’infrastructures ont été entrepris, le plus souvent confiés à des entreprises chinoises, appréciées pour leur rapidité, mais aussi espagnoles, italiennes ou françaises : aménagements portuaires, barrages, conduites de gaz jusqu’aux villages, autoroute est-ouest à deux fois trois voies assortie de bretelles desservant les grandes villes, centaines de km de voies ferrées modernes, tramways rutilants dans plusieurs villes moyennes, nombreuses usines de dessalement d’eau de mer approvisionnant les villes, une université dans chaque chef-lieu de wilaya (département), donc quarante-huit universités – par exemple à Béchar, Tamanrasset, ou Bouira – hôpitaux et établissements scolaires flambant neufs, etc.[5] « On voit où passe l’argent du pétrole… du moins une partie de cet argent ! » s’exclame un universitaire, évoquant l’ « évaporation » d’une partie du pactole accumulé par l’Etat durant les années fastes…

La liberté d’expression dont jouit aujourd’hui la presse[6] – de nombreux titres, en français comme en arabe – permet à la société algérienne de ne rien ignorer de l’origine de sa relative prospérité : les notions de « rente pétrolière », d’ « économie de rente » reviennent à chaque page ou presque, et la vaste classe moyenne qui s’est constituée a donc une conscience aiguë de sa dépendance envers le cours du baril, et de la précarité de sa situation. Elle sait que le maintien du niveau de vie du pays n’a été rendu possible, ces trois dernières années, qu’en puisant dans les réserves constituées à l’époque du baril à 140 dollars, réserves vouées, au rythme actuel, à être épuisées dans quatre ans. Et l’adoption par l’Assemblée nationale, le 22 novembre 2016, de la loi de finances pour 2017 prévoyant la hausse de certaines taxes et la baisse de certaines subventions [7] , a conduit maints commentateurs à annoncer « une explosion sociale, (…) les ménages algériens (étant) appelés à être littéralement saignés sur l’autel de l’austérité alors que les gestionnaires de l’Etat gardent jalousement leur train de vie. »[8] Nombre d’interlocuteurs expriment alors leur crainte qu’une telle explosion sociale n’incite les islamistes à réapparaître et à reprendre leur action de séduction/intimidation en faveur d’un Etat islamique… Cherchant à se rassurer face à un tel risque, certains estiment que, depuis la « décennie noire » (1992-2000), le peuple algérien s’est informé, a muri, a compris qu’il existe plusieurs manières de pratiquer l’Islam, et ne se laissera plus leurrer par ce mythe d’un « Etat islamique ».

Malgré un développement quantitatif frappant (qu’illustre notamment l’existence, on l’a dit, de quarante-huit universités dans un pays qui n’en comptait qu’une à son indépendance) la situation de l’enseignement est qualitativement désastreuse[9] , et son organisation à reprendre à la base – notamment pour la formation des enseignants – comme l’a reconnu il y a quelques mois Mme Nouria Belghabrit-Remaoun, ministre de l’Education nationale. Formés dans différents pays, les universitaires n’ont pas les mêmes méthodes de travail, ce qui plonge leurs étudiants dans une certaine confusion, aggravée par leur mauvaise connaissance de l’arabe comme du français. Pratiquement privés de contacts avec le monde extérieur avec le départ des derniers « coopérants », les chercheurs ne font pas mystère de leur sensation d’étouffement. En outre, dans une société demeurée fondamentalement structurée en réseaux d’échange de services cimentés par un contrôle social extrêmement pesant, faire preuve de rigueur dans l’évaluation des élèves, des étudiants, des enseignants, chercheurs et formateurs, s’avère difficile, chacun étant l’obligé des autres ou pouvant le devenir. Les taux de réussite aux examens sont donc sans commune mesure avec le niveau réel des élèves et étudiants : l’afflux de candidats à la préparation d’une thèse de doctorat et la piètre qualité des docteurs produits en série par ces universités-parkings ont d’ailleurs conduit à l’instauration d’un concours préalable à l’inscription en thèse. Et la préférence donnée aux importations – génératrices, sans risques, de fortes marges – sur la création d’un appareil productif créateur d’emplois, dans un pays qui, lors de la conférence des Nations-Unies de 1974 sur la démographie, a proclamé que les naissances étaient « un don de Dieu », laisse en déshérence une jeunesse privée d’avenir.

Malgré le développement de quelques grands groupes industriels comme Cevital (verre, électro-ménager) qui exporte 60% de sa production, l’Algérie n’a pas encore fait le deuil de l’ère de la planification centralisée, attend tout de l’Etat, et les communes, pensées à l’origine comme devant impulser elles-mêmes le développement d’activités productives, se trouvent en réalité totalement dépendantes de celui-ci et, écrasées par les charges de personnel, n’ont pas les moyens d’investir. Le pays vit donc pour l’essentiel de la redistribution par l’Etat de la rente pétrolière et gazière, qui représente 94% des exportations, lesquelles n’ont couvert en 2016 que 59% des importations, et ont d’ailleurs reculé de 23,44% sur la période janvier-octobre 2016 par rapport à la même période de 2015.[10]

L’inquiétude est donc présente chez tous et s’exprime à chaque instant sous la forme d’une douloureuse amertume : en cinquante-quatre années d’indépendance, s’entend-on dire, nous ne sommes parvenus ni à construire une véritable économie, ni à transposer dans notre pays la notion de règles de droit applicables à tous car, sans « piston », et même, aujourd’hui, sans bakchich, on n’a droit à rien, comme, tout simplement, obtenir que le personnel hospitalier s’occupe de vous…
Ce qui affleure ainsi très vite chez maints interlocuteurs comme dans la presse, c’est la conscience diffuse de ce que les blocages que rencontre cette société lui sont bel et bien internes, mais seuls les observateurs les mieux formés mettent un nom sur ceux-ci[11] : absence de culture de l’intérêt général, de toute notion de responsabilité individuelle, comme de confiance mutuelle. Sur ces trois points, sans « essentialiser » l’analyse, il ne faut plus s’interdire de se pencher sur la structure de nombre de sociétés n’ayant, comme l’Algérie, pas vécu la révolution industrielle et l’exode rural du XIXème siècle européen. Et ce que l’on trouve, dans maintes régions du globe, incluant notamment le bassin méditerranéen – y compris sur sa rive nord, non musulmane – et l’Afrique sub-saharienne, ce sont des sociétés non pas stratifiées en classes sociales constituées d’individus soucieux de défendre leurs intérêts économiques selon les procédures démocratiques, mais constituées de réseaux juxtaposés traditionnellement fondés sur des liens de parenté même très lointains (le clan, la tribu, le groupe ethnique) et cimentés par de rigoureuses obligations d’échange de services. Cette structure perdure, trop lentement érodée par une structure de classes encore en pointillés, et, sortant du cadre des liens de parenté – même imaginaires – a glissé vers le copinage et le clientélisme pur et simple. « Ici, il faut une protection ! » finit on par confier au visiteur, lequel a d’ailleurs fréquemment enregistré une telle confidence en Corse… Dès lors, la notion même de droits et d’obligations de portée générale et impersonnelle n’a aucun sens, chacun cherchant au contraire à s’intégrer au réseau d’une personne « bien placée », qui lui vaudra des privilèges… aussi précaires que la situation de la personne en question.

Aux effets de cette structure multi-séculaire en réseaux, se sont rajoutés ceux de la politique de ré-arabisation et de ré-islamisation (notions d’ailleurs confondues par tous) entreprise une dizaine d’années après l’indépendance par le régime Boumediène, et confiée à des cohortes d’enseignants égyptiens et irakiens auxquels la grande distinction entre science et religion, entre foi et raison, héritée des Lumières, était encore inconnue.[12] Le terrain s’est trouvé ainsi préparé pour que l’échec de l’utopie socialiste d’une part, la cruelle souffrance identitaire algérienne d’autre part[13] , engendrent un puissant retour à une vision du monde pétrie de « magico-religieux » (Max Weber). Et le peuple algérien qui, dans les années suivant son accession à l’indépendance, glissait progressivement – notamment sous l’influence des milliers d’enseignants français qui se succédaient dans le pays – vers une conception européenne de la délimitation entre religion et rationalité, est massivement retourné vers une vision du monde dans laquelle tout évènement est vu comme procédant de la volonté de Dieu : « Grâce à Dieu, mon oncle a été ministre, j’ai donc pu me construire une maison à quatre milliards[14]  ! »

La déresponsabilisation qu’engendre cette perception de la vie, rejoignant le traditionnel « Mektoub » (« c’est écrit ! »), s’aggrave d’une atmosphère de méfiance mutuelle généralisée, propre aux sociétés demeurées fondamentalement communautaires, dans lesquelles nul ne peut se risquer à déroger à l’unanimisme sur lequel reposent la cohésion du groupe comme l’efficacité du réseau. Dès lors, demeurer constamment sur son quant-à-soi, masquer en permanence ses sentiments réels, spéculer in petto sur les avantages que l’on pourra tirer de telle ou telle relation, tout en adoptant un comportement chaleureux et enjoué, se révèle à l’observateur attentif comme un puissant trait culturel commun à nombre de sociétés méditerranéennes comme sub-sahariennes, sérieux handicap à l’entrée dans une modernité qui, sous son aspect économique comme sous son aspect institutionnel, repose sur la confiance mutuelle.

Poids d’un Etat opaque et tout-puissant, addiction à la rente pétrolière, prévalence des réseaux sur la règle de droit, lenteur de la formation de classes sociales à même de légitimer des mécanismes démocratiques, absence d’une culture de l’intérêt général, déresponsabilisation de chacun par les réseaux comme par l’obscurantisme religieux, méfiance mutuelle, souffrance identitaire, crainte de convulsions sociales ouvrant de nouveau la voie aux « barbus » : malgré ses conditions d’existence enviables pour beaucoup, le peuple algérien désespère de parvenir un jour au mode d’organisation dont le monde européen lui montre un exemple si proche…


Thierry Michalon mars 2017

Maître de conférences honoraire en droit public
Ancien assistant à la faculté de Droit et des Sciences économiques de l’université d’Oran-Es-Senia (1970-1975)


https://www.valeursactuelles.com/societe/il-ny-pas-que-maurice-audin-quid-de-tous-les-autres-99063

Il n’y a pas que Maurice Audin... quid de tous les autres ?


Par Auteur Catherine Nay
/ Mercredi 19 septembre 2018 à 14:00 3

Il est mort sous la torture, vient de reconnaître Macron. Mais quid de tous les autres, Français et Algériens, tués de la même façon par les deux camps ?

Au nom de la République, le président Macron a reconnu que Maurice Audin avait été torturé à mort ou tué par des militaires après avoir été torturé. Il a rendu visite à sa veuve. Ce geste était attendu depuis soixante et un ans par la famille du mathématicien. Retour en arrière. Le 11 juin 1957, en pleine bataille d’Alger, des parachutistes arrêtent à son domicile Maurice Audin. Il a 25 ans, il enseigne à la faculté des sciences d’Alger. Il est le père de trois enfants âgés de 3 ans, 18 mois et 1 mois. Sa femme ne le reverra plus. Quand elle interrogera les autorités, on lui dira qu’il s’est évadé. On n’a jamais retrouvé son corps. Depuis cinquante ans, des historiens (Pierre Vidal-Naquet), des journalistes (Henri Alleg) contredisaient la version officielle : Audin était mort sous la torture. En 2014, François Hollande reconnaîtra qu’Audin était mort en détention. Il viendra à Alger pour inaugurer une stèle qui porte son nom. Pour les Algériens, le mathématicien est un martyr et un héros.

À travers ce cas tragique, Emmanuel Macron entend rétablir la vérité historique. Très bien. À condition de regarder l’histoire en face et ne pas être borgne. Maurice Audin était un militant du Parti communiste algérien, anticolonialiste, qui fabriquait des bombes pour le FLN. Audin était alors en délicatesse avec le Parti communiste français, qui, jusqu’en 1957, était contre l’indépendance. Il distribuait des tracts, hébergeait des amis en cavale, des poseurs de bombes ? On était en pleine bataille d’Alger, depuis plus d’un an la ville vivait dans une angoisse indescriptible. Les attentats étaient quasi quotidiens.
Des bombes (plus de 200 en dix-huit mois) explosaient dans les cafés, les lieux publics, et les victimes étaient en majorité des Français.

En novembre 1954, François Mitterrand, ministre de l’Intérieur, déclarait : « L’Algérie, c’est la France, [il faut] employer tous les moyens pour la préserver. » Tous les moyens, en effet. En mars 1956, le socialiste Guy Mollet, président du Conseil, faisait voter par l’Assemblée nationale, à une écrasante majorité, socialistes et communistes réunis, les pouvoirs spéciaux au gouvernement et confiait les pouvoirs de police à l’armée. À elle de faire le sale boulot : rétablir l’ordre à tout prix. Pour les militaires et pour la gauche, Maurice Audin était un traître. Il n’était pas du côté de la France mais du FLN. Soixante et un ans plus tard, il est l’une des victimes emblématiques d’une tragédie collective. Mais il n’est pas le seul. Quand on voit la photo du jeune couple Audin, lui avec des faux airs de Gérard Philipe, elle ravissante, on lit une promesse de bonheur brisée. On songe à sa famille meurtrie et inconsolable, et on est envahi par l’empathie et la compassion. Mais peut-on réécrire l’histoire avec les sentiments d’aujourd’hui ?

Des historiens, comme Benjamin Stora, jugent que ce geste présidentiel favorisera la réconciliation avec les Algériens. Voire. La guerre d’indépendance a été marquée de violences réciproques et de milliers de disparitions jamais élucidées. L’histoire officielle algérienne n’a jamais désavoué les méthodes terroristes du FLN. La repentance ne fait pas partie du vocabulaire. Pourquoi ceux qui font un procès moral à l’armée française ne demandent-ils pas les mêmes comptes au FLN algérien qui est au pouvoir ?


Deux poids, deux mesures.

 


Guerre d'Algérie soldat assassiné par le F. L. N. Front Libération National 1957.
Reconnaître que Maurice Audin a été torturé et assassiné rétablit une vérité, mais crée aussi un déséquilibre. Combien d’autres morts, d’autres torturés ? On voudrait que le même travail soit fait des deux côtés. Le général Massu, qui, pour définir la torture, parlait de « questionnement brutal », racontait qu’on retrouvait dans les champs autour d’Alger beaucoup de Français, des jeunes du contingent, des Algériens aussi, affreusement torturés, le nez arraché, émasculés, décapités. La terreur.

Déjà, en février 2017, Emmanuel Macron en visite à Alger assimilait la colonisation à un crime contre l’humanité.
Ce qui avait déclenché une vive polémique chez les rapatriés, eux qui n’eurent le choix qu’entre la valise et le cercueil. Toutes les victimes de cette guerre devraient avoir droit aux mêmes égards. Le président souhaite l’ouverture des archives sur les disparus, civils et militaires, des deux camps. Chiche !


http://www.valeursactuelles.com/societe/macron-lalgerie-la-repentance-et-le-deux-poids-deux-mesures-99064
https://www.lesalonbeige.fr/torture-en-algerie-jean-pax-mefret-repond-au-president-de-la-republique/

Torture en Algérie : Jean-Pax Méfret répond au président de la République


Repentance. L’écrivain, compositeur et journaliste Jean-Pax Méfret répond au président de la République qui a reconnu la responsabilité de la France dans les tortures durant la guerre d’Algérie.

http://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/image_article/public/2018-09/000_APP2000011267918.jpg?itok=6frhWmAp

Oui, comme l’a confirmé Emmanuel Macron, Maurice Audin, 25 ans, est mort à Alger, le 21 juin 1957, au cours d’un interrogatoire conduit, sous la torture, par un officier de la 10e division parachutiste. Mais, notre président de la République aurait pu préciser que, depuis le 7 janvier 1957, les militaires agissaient en toute liberté, forts des pouvoirs de police que leur avait octroyés le gouvernement socialiste, avec l’accord des communistes, pour mener la bataille d’Alger contre le Front de libération nationale. « L’Algérie, c’est la France ! », tonnait déjà, aux premiers signes de rébellion, le jeune ministre de l’Intérieur François Mitterrand.
La population européenne vivait dans une angoisse collective. Une terreur permanente. Le FLN tuait au hasard. À la grenade, au pistolet, au couteau, au rasoir. Dans la rue, sur les plages, aux terrasses des brasseries. L’attentat déjoué, en novembre 1956, contre l’usine à gaz d’Alger où un militant communiste s’apprêtait à déposer une bombe à retardement avait fait prendre conscience aux autorités que le terrorisme était désormais partout. D’où cet appel à l’armée et les excès qui ont pu en résulter.
Macron n’a pas dit, non plus, que le jeune Audin, fils de gendarme, ancien enfant de troupe devenu brillant mathématicien et père de trois enfants, était membre du Parti communiste algérien et qu’il participait activement aux réseaux de soutien des terroristes dont les bombes — fabriquées par des militants de ce sinistre PCA — ensanglantaient la ville. Quelques jours avant son arrestation, des attentats avaient fait 10 tués et 80 blessés, dont une majorité d’enfants, à des arrêts d’autobus, et 8 morts et 92 blessés au casino de la Corniche, un dancing de Bab el-Oued, surtout fréquenté par la jeunesse juive d’Alger. Audin avait contribué à l’exfiltration du responsable du carnage. Le militant communiste avait choisi le camp des ennemis de la France. Il méritait un jugement sévère. Mais sûrement pas cette mort expéditive longtemps enfouie dans les poubelles de l’histoire de cette guerre d’Algérie dont Emmanuel Macron semble oublier les principales victimes : les pieds-noirs et les harkis.
Avant le terrible exode de l’été 1962, les Français d’Algérie ont connu, eux aussi, les fouilles dégradantes, les perquisitions sauvages, les arrestations arbitraires, les camps d’internement, les interrogatoires musclés, les tortures. Dans les derniers mois de l’Algérie française, la caserne de la gendarmerie mobile, aux Tagarins, sur les hauteurs d’Alger, était devenue un centre clandestin d’interrogatoire de suspects arrêtés dans la lutte anti-OAS. Sous l’autorité du colonel Debrosse, gendarmes mobiles, policiers ou barbouzes venus de Paris y pratiquaient la question poussée à l’extrême. Des femmes, des hommes, sympathisants de l’Algérie française, furent martyrisés aux Tagarins par des représentants de l’autorité française qui reprenaient les méthodes utilisées contre certains terroristes du FLN pendant la bataille d’Alger. Mais cette fois, il ne s’agissait pas de savoir où étaient les bombes qui pouvaient à tout instant déclencher des massacres. Aucun de ces détenus n’était soupçonné, et encore moins coupable, de crimes de sang. Ils étaient retenus illégalement. Jusqu’aux aveux ou jusqu’à l’agonie.
Geneviève Salasc, 36 ans, épouse d’un professeur de médecine d’Alger, mère de cinq enfants, fut arrêtée en même temps que sa mère âgée de 68 ans, par les gardes mobiles du colonel Debrosse. Elle était accusée d’avoir hébergé des réunions de l’état-major de l’OAS. Pour la faire parler, gendarmes et policiers utilisèrent les méthodes les plus effroyables. De l’humiliation aux coups jusqu’au supplice de la baignoire avec électrodes. Dénudée, garrottée, cravachée, la pauvre femme a vécu l’enfer pendant plusieurs semaines avant d’être finalement relâchée, sans poursuite, et transférée moribonde dans une clinique où les médecins constatèrent l’horreur des sévices. Une autre femme, confrontée aux mêmes tortionnaires, tenta de se suicider en s’ouvrant les veines pour abréger ses souffrances. Découverte baignant dans son sang, elle aussi fut transportée, le visage tuméfié, le corps meurtri, dans un hôpital. Une femme encore, mais militaire celle-là, une ancienne d’Indochine, le capitaine Noëlle Luchetti, de l’entourage de Salan, a connu les mêmes souffrances.
À la caserne des Tagarins, les suspects étaient suspendus par les jambes ou les mains à des anneaux scellés au plafond. Ils avaient parfois les pieds grillés au chalumeau ou étaient empalés sur des bouteilles. Ils passaient la nuit sur des lits de camp, enchaînés dans la position d’écartelé.
Il n’y avait pas de barreaux aux fenêtres et c’étaient des individus dangereux, dira, plus tard, pour se justifier le colonel Debrosse, promu général et sous-directeur de la gendarmerie, au procès de Yan Ziano, autre victime des tortionnaires de la caserne des Tagarins. Ziano, 40 ans, venait d’expliquer son calvaire au tribunal. « Ça a duré quatre heures… J’ai été suspendu, à la façon vietnamienne, recroquevillé, un bâton sur les genoux. On m’a mis des électrodes aux oreilles, au coeur, à l’anus. On m’a empalé. On voulait me faire dire où était le général Salan. »Les experts confirmeront les sévices constatés sur le corps de Ziano : « Des ecchymoses lui couvraient tout le corps. Il en avait de plus profondes aux poignets et sur les membres ; des plaies saignantes. En outre, il présentait deux lésions. L’une génito-rectale et l’autre dans la charnière dorso-lombaire. »


http://www.lavoixdunord.fr/452531/article/2018-09-19/emmanuel-macron-annonce-la-creation-d-un-memorial-pour-les-victimes-du-terorisme

Hommage Emmanuel Macron annonce la création d’un mémorial pour les victimes du terrorisme


Emmanuel Macron a annoncé mercredi, lors de la cérémonie annuelle d’hommage aux victimes du terrorisme, la mise en chantier d’un musée-mémorial ainsi qu’une amélioration de la prise en charge des victimes.
Cl.C Avec Afp | 19/09/2018

Accompagné de son épouse, le chef de l’État a assisté mercredi après-midi dans les jardins des Invalides à la 19e cérémonie d’hommage, organisée par l’Association française des victimes du terrorisme et la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs.
«Je souhaite qu’un musée-mémorial soit créé et que sa préfiguration soit lancée sans attendre », a-t-il déclaré devant un parterre de représentants des victimes, plusieurs ministres ainsi que des personnalités comme Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon. Depuis 21 ans que sont commémorées les victimes, « nous ne nous habituerons pas », a-t-il lancé. Evoquant le sort de Sophie Pétronin, retenue en otage au Mali , il a rappelé « la mobilisation pleine et entière des pouvoirs publics et la discrétion qui en ces matières est soeur de l’efficacité ».
Il a également annoncé la création d’ici la fin de l’année d’un « Centre national de ressources et de résilience (CNRR) » pour améliorer la prise en charge des victimes. « Il n’y a pas plusieurs types de terrorisme. Il n’en existe qu’un. Il n’y a pas plusieurs types de victimes du terrorisme », a-t-il martelé. Le président de la République a de plus décidé de renforcer l’aide financière aux victimes françaises à l’étranger, notamment pour assister aux procès à l’étranger, comme le demandaient les associations.
Une journée nationale en hommage aux victimes du terrorisme
Emmanuel Macron a enfin annoncé la création d’une journée nationale de commémoration, un « hommage de la nation aux victimes du terrorisme », dont la date, controversée, fera l’objet d’une concertation avec les associations. Plusieurs de ces propositions avaient été préconisées par le comité chargé par le gouvernement de réfléchir à la commémoration des attentats, qui a remis son rapport le 7 septembre. Ce comité plaide pour l’adoption de la date du 11 mars, date de la journée européenne des victimes du terrorisme, alos que les associations souhaitent le maintien de la date du 19 septembre.
Le chef de l’Etat a de plus accepté, à la demande des associations, que la date de commission des attentats permettant d’ouvrir droit à la médaille de reconnaissance des victimes du terrorisme remonte au-delà de 2006, date actuelle.
Lors de la cérémonie ont été évoqués des attentats survenus il y a 40 ans, 30 ans, 20 ans, 10 ans. Cette liste comprenait l’assassinat du préfet Claude Erignac en 1998, dont la famille a pour la première fois participé à cet hommage national « pour rappeler l’existence de ce terrorisme corse », a témoigné sa veuve Dominique Erignac. Des témoins ont raconté l’attentat dont eux-mêmes ou leurs proches ont été victimes, en Inde (Mumbai en 2008), en Algérie (prise d’otage d’In Amenas en 2013) ou encore en Grèce (City of Poros, 1988). L’hommage a aussi rappelé, entre autres, des attentats au Kenya (Nairobi, 2013), au Mali (Kidal, 2013, où ont péri les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon) et en France dont celui de Trèbes en 2018 où est tombé le colonel Arnaud Beltrame. Emmanuel Macron et les dirigeants des associations ont salué les victimes juives des attentats, dont les proches qui celèbrent Yom Kippour mercredi n’ont pu venir.
La France lutte contre une constante menace terroriste depuis début 2015 et la vague d’attentats jihadistes sans précédent qui a fait 246 morts.

 

 
     
 
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